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LA VOLTIGE EN PARAPENTE

L’acro, on en parle de plus en plus, même la TV grand public commence à s’approprier quelques images laissant ses spectateurs rêveurs. Quoi de plus impressionnant qu’un pilote de voltige en plein « run » ? Sensations pures, liberté, engagement, etc… De belles valeurs à communiquer. Phénomène de mode ? Pas si sûr… La pratique se démocratise, le matériel s’adapte et le nombre de pratiquants grandit !

SOMMAIRE

François Ragolski écrase un stab au Chili

Se lancer dans la voltige de nos jours, c’est bien différent de ce qu’ont pu vivre les quelques kamikazes ayant suivi le mouvement des pionniers il y a… finalement à peine plus de 15 ans!

Depuis quelques années, la pratique a mûri, le matériel a évolué, l’expérience collective s’est construite, et une « méthode d’apprentissage » commence à se formaliser rendant la discipline de plus en plus accessible.

Chez ROCK THE OUTDOOR, l’envie nous est venue d’en parler en détails et d’y dédier une rubrique à part entière!

Commençons simplement et évoquons donc ensemble quelques notions sur le contexte d’apprentissage, les bonnes pratiques, les étapes à respecter et le matériel préconisé au fur et à mesure de la progression… Car il faut le reconnaître, il se dit beaucoup de choses sur ce sujet, un novice peut rapidement s’y perdre, faire des erreurs et se mettre en danger.

Nous invitons par ailleurs tous les pilotes à nous faire part de leurs remarques et de leurs conseils afin de faire évoluer ces pages.

 

Dossier réalisé grâce au concours d’Eric Varlet

LES DERNIERES VIDEOS DE VOLTIGE

Introduction

Un peu d’histoire autour de la voltige

Les pionniers, pour n’en citer que quelques-uns, ont été Andy Hediger, Sébastien Bourquin, Richard Gallon, Mike Kung, Patrick Avenne, Michel Werly, Eric Viret, Antoine Montant, Greg Blondeau, Mathieu Rouanet, Denis Verchère… A l’époque, la voltige est complètement taboue, et très mal vue par la fédération…

  • Raul Rodriguez officialise la première figure acro en 1999, en argentine, avec la SAT ; dont le nom est issu de la Safety Acro Team, première association qui tente le dialogue avec les fédérations très frileuses au sujet de la voltige ! La SAT vient révolutionner la pratique, en ouvrant d’innombrables possibilités
  • Alain Zoller organise le Red Bull Vertigo, première compétition d’acro en 1999. Afin de calmer un peu le jeu (les tentatives de figures pas toujours réussies étaient un peu effrayantes pour les juges), l’épreuve de Synchro oblige les pilotes à faire ce qu’ils savent faire.
  • En 2002, Raul présente le Mysti Flip.
  • La SAT Rythmique a été trouvé par hasard, alors qu’un pilote essayait de sortir de sa SAT classique, et a trouvé un « rythme » permettant de monter la voile…
  • En 2003, la FAI reconnait enfin l’acro et c’est le début des coupes du monde.
  • Raul, à force de monter des SAT Rythmiques, finit par entrer en Infinite tumbling en 2005.
  • En 2006, les premiers championnats du monde d’acro se déroulent à Villeneuve, en suisse.
  • Puis vient le temps des connexions ; Pal Takats amène le Mysti to Héli en 2007.
  • En 2009, le concepteur Ernst Strobl sort la première voile d’acro « solide » qui rend la pratique plus sure et facile : la U-Turn Thriller (après une tentative en 2005, avec la G-Force).
  • En 2010, Pal assure une « anti-rythmique », soit une descente de la voile depuis la position d’infinite, en SAT. Ca mènera dans la foulée à la figure nommée ESFERA. Il amènera aussi les cowboy, joker, xchopper et booster…
  • En 2011, la première voile tandem (Uturn) capable d’accepter de l’infinite est commercialisée.
  • Théo De Blic amène l’infinite tumbling twisté en 2013.
Raul Rodriguez en SAT Asymétrique sous une EDEL Millenium – Organya – 2000

Sébastien Bourquin

Introduction

Les apports des bases techniques

Difficile de nier l’avantage énorme qu’ont les acrobates lors des vols classiques. En effet, ils maîtrisent parfaitement leur machine, et acceptent de les voir dans n’importe quel état, sans perdre leur sang-froid, et en pilotant comme il se doit. Souvent, lorsqu’un pilote acro se met au cross, il est doué, à l’image de Seiko Fukukoa-Naville pour ne citer qu’un seul exemple flagrant.

L’intérêt d’accéder aux bases techniques de la voltige

Sans aborder les dernières figures de haut niveau tout à fait incompréhensibles au commun des mortels, parlons de l’intérêt d’accéder aux bases techniques de la voltige ; les fameux « hors domaine de vol » auxquels vous pouvez être confrontés pendant vos vols en aérologie perturbée, toutes ces phases où tout ou partie de votre voile n’est plus dans son domaine de vol classique (fermetures, parachutales, décrochages, etc…).

Ainsi, apprendre le pilotage des domaines « hors-vol », ce pourrait être synonyme de se donner les moyens de voler plus sereinement, avec des réflexes de sécurité sains et réfléchis. Le matériel de vol libre se veut certes de plus en plus sûr, mais cela n’empêchera jamais le pilote de faire des erreurs. En apprenant les bases techniques de la voltige, vous pourrez certainement plus facilement rattraper un « sketch ».

Plus vous vous serez entraîné à rattraper une aile, mieux ce sera

C’est sûr, le mieux est encore d’être un as de l’aérologie, d’être prudent, de faire demi-tour avant d’aller combattre avec une zone piège. Mais l’erreur est humaine et un jour ou l’autre une mauvaise analyse, de la fatigue, l’envie de rattraper les copains… Et d’autres raisons vous amèneront peut-être à vous retrouver dans une situation compliquée ! Et lorsque ce moment sera venu, plus vous vous serez entrainé à rattraper une aile qui sort de son domaine de vol classique, mieux ce sera, cela semble évident.

Martin Schricke nous disait récemment : « Dans le monde actuel, la mode est à la déresponsabilisation, on cherche toujours des fautifs extérieurs lorsqu’il y a problème… Alors qu’en parapente, une fois en l’air, nous sommes seuls, face à nous-même, et à nos propres responsabilités. C’est donc une démarche personnelle que d’aller vers le niveau de pilotage que l’on juge nécessaire pour réaliser les exploits aériens dont on rêve ».

Cette notion de « niveau de pilotage » est très subjective

Cette notion de « niveau de pilotage » est très subjective, le parapente regroupe tellement de compétences différentes, de types de vol, de lieux, d’aérologies, etc… C’est à chacun de trouver sa voie et de comprendre par soi-même, au fur et à mesure des vols et de l’expérience, ce qu’il faut améliorer dans son pilotage. Le conseil logique à donner étant comme souvent de rester humble face à notre environnement, si imprévisible.
On peut parfois être surpris de rencontrer des acrobates très talentueux dans leur discipline, mais totalement effrayés à l’idée de réaliser un cross basique, et à l’inverse, certains parapentistes très expérimentés, avec des centaines de cross de 150kms à leur actif, n’auront que de très faibles notions de pilotage d’une simple spirale engagée! Cela peut paraître paradoxal, mais c’est toutefois révélateur. Dans les deux cas, le plus important étant que le pilote se connaisse, assume ses capacités de réaction et garde la marge de sécurité nécessaire afin d’éviter l’incident.

Pour Jean-Marc Ardhuin (responsable voltige et speedriding à la FFVL) : « on peut tout à fait pratiquer le cross sans passer par la case voltige, en revanche, en maîtriser les bases (les domaines hors-vol) est un réel plus ».
Jean-Marc nous le confirme, la plupart des accidents en cross sont dus aux actions de sur-pilotage qui suivent une belle frontale ou frontale asymétrique.
Il soulève également le sujet de la performance actuelle des voiles, qui permettent de se lancer dans de vrais vols de distance, sans effort et avec peu d’expérience.

Une chose est sure : la pratique du parapente change

Une chose est sure : la pratique du parapente change, les méthodes d’apprentissage et le matériel évoluent. L’envie pour les plus anciens de mettre à jour les compétences est présente, tout comme celle des plus jeunes pilotes d’apprendre dans le bon sens. De plus en plus de pilotes de cross expérimentés prennent conscience de l’importance de maîtriser leurs machines et pratiquent les décros, vrilles, frontales… en stage.

Vous trouverez dans cette rubrique voltige quelques pistes, à mener pour certaines les unes après les autres, pour d’autres de front, des conseils en vrac, les avis de pilotes, de moniteurs, etc…

Et puis qui sait ? En tentant d’acquérir ces bases techniques, vous pourriez vite prendre gout à cette adrénaline qu’elles procurent et rejoindre petit à petit la petite famille des acrobates ! Ou pas…

Comme précise François Ragolski (vainqueur de la coupe du monde 2014 pour ne citer qu’un seul de ses exploits) : «L’acro, on peut le pratiquer en sécurité, le cross, c’est plus compliqué».

Infinity Tumbling par François Ragolski – Photo par John Stapels

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TEMOIGNAGE

Leila Simonet, championne de France, retourne faire un stage régulièrement

Leila Simonet, Championne de France en Acro, vole depuis 10 ans. Elle est à sa huitième année d’acrobatie. Elle a tout de suite eu le déclic vers quelque chose de plus ludique. Elle se souvient, lors de ses premiers pas dans le ciel, avoir vu évoluer des acrobates et de se dire “Je vais faire ça! ». Sous sa Niviuk N-Gravity3, elle avoue avoir toujours « des papillons dans le ventre avant de décoller » : « Le tumbling est une manoeuvre que j’ai apprise l’an dernier mais je ne la pratique pas encore seule. Pour moi, faire un stage permet de perfectionner mes figures et d’en apprendre d’autres tout en étant encadrée et en toute sécurité. L’encadrement me donne confiance pour aller plus loin car je suis arrivée à un blocage au niveau de mon entrainement qui m’empêche d’avancer seule».

Lire l’article : Stages Acro et SIV avec l’école Flyeo

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