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L’OZONE Delta 4, une belle surprise, révélations sur sa conception (EN C)

L’OZONE Delta 4, une belle surprise, révélations sur sa conception (EN C)

C’est après avoir vu la petite vidéo de Cédric Nieddu (voir ci-dessous) sur le comportement de la voile OZONE Delta 4 et les essais de Ziad Bassil que j’ai décidé d’interviewer Luc Armant afin qu’il nous donne quelques explications sur le développement de cette voile dont l’équipe OZONE peut être très fière. Voici quelques mots de Cédric : « je suis surpris de la douceur du comportement sur les fermetures asymétriques… son agilité dans le thermique, sa capacité à absorber les turbulences en cheminement. »

Dans cet article, sont révélés de nombreux éléments expliquant tous les atouts de cette voile cross country prometteuse, notamment les paramètres qui, à priori, lui confèrent une solidité et un comportement incomparable dans sa catégorie.

Un test complet sur la OZONE Delta 4 a été réalisé par Cédric pour Parapente Mag (parution en aout 2020) mais, en tant que rédacteur de ROCK THE OUTDOOR, je suis partisan pour produire aussi un autre test voire collecter des avis de pilotes, ceci en vue de croiser les propos de Cédric. Avis aux amateurs, présentez-vous !

Avant propos

La voile OZONE Delta 4 est, sans aucun doute pour le fabricant, la voile de l’année qui devrait connaître un grand bond grâce, d’une part, à ses performances nettement supérieures à la version précédente mais aussi parce qu’elle offre un plus haut niveau de sécurité en vol accéléré et hors domaine de vol. Sa facilité d’utilisation et son confort surprennent aussi les nombreux pilotes qui l’ont déjà essayée.

Luc Armant, l’inventeur du sharknose et de la monosurface, révèle ici les innovations récentes et les dernières trouvailles de l’équipe intégrées sur la OZONE Delta 4. Je me mets aussi à la place d’Honorin Hamard qui a dû prendre beaucoup de plaisir dans la longue série de tests pour parvenir à ces résultats !

Le nouveau profil de la voile OZONE Delta 4 a été développé en s’inspirant de celui de la Mantra 7 et on y trouve aussi des ouvertures de caisson réduites, tout pour lui apporter un meilleur rendement. Le plus remarquable, c’est son « suspentage 2 lignes » en extrémité qui avait pour objectif premier de réduire la traînée mais qui, à la surprise des concepteurs, a permis d’avoir une meilleure répartition de la portance tout le long de l’envergure, notamment en vol accéléré. D’autres éléments contribuant aussi à l’efficacité de cette voile sont aussi évoqués.

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Interview de Luc Armant du team conception OZONE à propos de la OZONE Delta 4

Comportement de la OZONE Delta 4

RTO – La voile OZONE Delta 4 présente une solidité et un comportement incomparable dans sa catégorie et la courte vidéo test de Cédric NIEDDU révèle d’ailleurs ces atouts. Peux-tu nous révéler tous les résultats sur le développement de cette voile en commençant par son comportement ?

L.A. – Quand on parle de solidité, c’est naturellement vis-à-vis des fermetures. Comparée à la version précédente, la voile OZONE Delta 4 est effectivement, en vol accéléré, plus résistante aux fermetures et c’est notamment parce qu’il y a plus de charge dans les A.
En effet, on a remarqué, si la structure n’a pas de déformation en sous incidence, que c’est la quantité de tension de charge dans les A qui améliore l’accessibilité. C’est pourquoi, sur la Delta 4, on a reculé un peu plus l’accroche des A (à 12 % de la corde au lieu de 10% environ). Ceci a été rendu possible grâce au nouveau profil.

RTO – En définitif, la solidité dont tu parles est apportée par l’implantation des A, mais c’est aussi grâce à son nouveau profil, ses ouvertures plus petites et à la qualité de la prise de pression (par les entrées d’air).

L.A. – Oui et nous pensons que les diverses évolutions intégrées font de la OZONE Delta 4, l’aile de cross-country la plus performante de la catégorie tout en ayant un comportement très docile et une maniabilité facile.

Test de la OZONE Delta 4 par Cédric Nieddu

J’ai eu la sensation de voler sous une aile extraordinaire. Premier vol pour jauger ses réactions hors domaine de vol. Je suis surpris de la douceur du comportement sur les fermetures asymétriques. C’est inédit dans cette catégorie. Deuxième vol pour mesurer sa glisse bras hauts et accéléré, son agilité dans le thermique, sa capacité à absorber les turbulences en cheminement.

Le système ACR intégré sur la OZONE Delta 4

RTO – On retrouve aussi sur la OZONE Delta 4 le système ACR déjà développé sur d’autres voiles comme la Mantra, qui réduit la déformation du profil en accélérant.

L.A. – Oui, on retrouve le système ACR mais il y a toutefois une différence para rapport à la Mantra puisque les B sont en deux tiers des A (quand tu tires A sur 1, tu tires deux tiers sur B) alors que sur la Mantra, c’est 0.5 pour 1.

Le nouveau système ACR hérité de la Mantra permet un contrôle complet sur toute la plage de vitesses en accéléré sans déformer la cambrure du profil. Cette répartition agit sur les lignes B et C, donnant à cette voile « 2 lignes et demi » un contrôle semblable à une « 2 lignes ».

Suppression de suspentes, meilleure maîtrise de la portance en bout d’aile

RTO – Vous avez opté pour concevoir une voile pas trop allongée. D’autre part, la voile OZONE Delta 4 présente une distribution particulière des suspentes, notamment en bout d’aile.

L.A. – Oui, notre décision a porté sur une voile pas trop allongée tout en travaillant sur d’autres points pour augmenter ses performances. En particulier, pour réduire la traînée, nous avons travaillé sur la réduction du métrage des suspentes basses. Sur la Delta 4, ll y en a en effet deux en moins de chaque côté : dans le 3è groupe, seulement 2 suspentes basses contrôlent l’incidence.

Et cette piste de réduction de suspentes à cet endroit nous a apporté d’autres avantages complètement inattendus ! En bout d’aile, sur une petite corde, c’est délicat d’avoir quelque chose qui fonctionne bien avec 3 lignes, alors qu’avec 2 lignes cela s’est avéré plus simple et cela nous a aidé pour mieux contrôler l’incidence en accéléré.

RTO – En résumé, en voulant gagner sur les performances en accéléré par la diminution de traînée induite, vous avez aussi une meilleure maîtrise de la portance sur le bout d’aile ?

L.A. – Oui, cela nous a permis de limiter la traînée induite mais aussi d’avoir une meilleure répartition de la portance dans l’envergure en vol accéléré.

Optimisations à l’avant et à l’arrière de la voile

RTO – Quels sont les autres paramètres qui rendent la OZONE Delta 4 plus docile aux turbulences ?

L.A. – L’équipe OZONE s’est surtout concentrée sur la cohésion, la tenue de l’envergure et la structure de la corde. On a un arrière de voile qui tient très bien sa forme y compris hors domaine de vol. Si tu as une frontale ou une asymétrique avec la OZONE Delta 4, il y a très peu de déformations à l’arrière, ce qui est une des clefs pour les très bons comportements de retour au vol normal.

Cet arrière de voile rigide permet aussi d’avoir une voile précise à la commande sans être pollué par les turbulences : tu ressens la turbulence mais tu n’as pas les sensations de « déformés » de voile. En transition, le pilote est connecté intuitivement grâce à des poignées « à pleine corde », concept hérité des séries Mantra M7 et Zeno. La pression dans les poignées est idéale por voler pendant de longues heures sans fatigue.

L’aile est donc effectivement très résistante au décrochage et elle peut atteindre des vitesses très faibles en toute sécurité, en continuant à bien prévenir le pilote.

RTO – Vous avez aussi équipé la voile avec le G-String, ces mini-cordes installées au milieu de chaque ouverture, système que nous trouvons aussi sur la Rush et la Swift 5.

L.A. – Le G-string offre des avantages d’une voile qui aurait un très grand nombre de cellules sans en avoir les inconvénients (perte de précision de couture, poids supplémentaire…). En vol accéléré, ce système a un effet anti-vibration, aide à garder la forme du bord d’attaque et aide le comportement de réouverture de la voile après fermeture.

G-String sur le bord d’attaque de la Swift 5

Structure interne, vrillage…

RTO – L’infrastructure interne contribue-t’elle aussi à toutes ces améliorations de comportement ?

L.A. – Oui. la structure interne (forme et répartition des nervures et diagonales), est essentielle dans la capacité de la voile à conserver sa forme en corde et en envergure dans la turbulence. En vol accéléré, la structure interne est moins primordiale même si elle contribue également à améliorer la solidité.

RTO – On entend dire de plus en plus souvent que les voiles perf dernière génération savent optimiser leur glide dans la turbulence… Et vous parlez d’un gros travail sur le vrillage.

L.A. – Une chose est sûre, la turbulence dégrade la performance mais l’objectif du concepteur c’est de faire de telle sorte que cela dégrade le moins possible. Le vrillage de l’aile, c’est le calage relatif de chacune des cordes dans l’envergure (calages différents du milieu au bout d’aile). En intervenant sur le calage, on joue sur de nombreux facteurs, notamment le ressenti, la maniabilité (exemple : une voile peut être plus rapide en bout d’aile et plus lente en milieu d’aile). Mais il y a aussi la forme de la voûte qui intervient dans le comportement de la voile OZONE Delta 4.

En guise de conclusion

Si vous lisez le testeur spécialisé dans les comparatifs, Ziad Bassil, vous pourrez lire ce passage en conclusion de ses essais de la Delta 4 : « Pour la catégorie C, ce qui m’impressionne le plus, c’est lorsqu’un constructeur travaille sur une voile à allongement modéré (6.05 pour la Delta 4) et réussit un ensemble impressionnant de sécurité passive palpable, grand confort en turbulence, agilité superbe, avec une sensation agréable, des performances de glisse haut de gamme et assez rapide pour la catégorie C ! Je garderai cette voile comme nouvelle référence C« . Cet article aussi m’a incité à approfondir le sujet sur cette voile.

Si vous savez lire entre les lignes, vous comprendrez, tout comme moi, que cette nouvelle version homologuée EN C, du fait de son comportement plutôt docile, n’est pas passée très loin de la catégorie B (voir rapport homologation). Nous avons ici une voile perf qui répond au cahier des charges des ambitions d’une voile dite C mais qui se comporte peut-être mieux que certaines B+. Cette voile étant conçue à la base pour être une EN C, l’équipe OZONE n’a sans doute pas voulu la brider inutilement pour la passer en B…

J’ai aimé la Swift 5, je devrai adorer la Delta 4, même si les 2 voiles n’ont pas forcément le même cahier des charges, la même ambition. Test à suivre !!!

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Caractéristiques de la voile OZONE Delta 4

XS S MS ML L XL
Nombre de cellules 66 66 66 66 66 66
Surface projetée (m2) 16.4 18.6 19.6 20.7 21.8 23.4
Surface à plat (m2) 19.3 21.7 23.1 24.4 25.7 27.6
Envergure projetée (m) 8.52 9.04 9.33 9.59 9.84 10.19
Envergure à plat (m) 10.81 11.46 11.83 12.16 12.47 12.92
Allongement projeté 4.4 4.4 4.4 4.4 4.4 4.4
Allongement à plat 6.05 6.05 6.05 6.05 6.05 6.05
Corde (m) 2.25 2.38 2.46 2.53 2.6 2.69
Poids de l’aile (kg) 4.45 4.79 5.07 5.26 5.45 5.76
Poids total en vol (kg) 58-70 65-85 75-95 85-105 95-115 110-130
Homologation EN C C
Prix Public TTC 4850 € 4895 € 4950 € 4995 € 5040 € 5090 €

Matériaux

  • Extrados : Dominico 30D
  • Intrados : Dominico 20D
  • Cloisons : Porcher 9017 E29 (hard)
  • Suspentes hautes : Edelrid 8000U serie
  • Suspentes intermédiaires : Edelrid 8000U serie
  • Suspentes basses : Edelrid 8000U serie

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