Rodolphe Hennebique
Pilote « porté » par ROCK THE OUTDOOR ( voir sa fiche) a publié sur son site skyriding.fr un article intéressant sur la préparation physique en parapente. Le parapente étant considéré à tort comme une activité peu physique, beaucoup de pilotes n’attachent pas beaucoup d’importance sur leur préparation physique. Pourtant en vol, notre corps tout entier est sollicité, pas seulement le mental. Pourtant, une bonne condition physique et une préparation de votre corps avant le vol peuvent vous écarter de nombreux désagréments en l’air…
La performance en vol ne concerne pas seulement un pilotage prĂ©cis et actif, la forme physique est Ă©galement indispensable. En effet, une condition physique minimale, que soit dans notre discipline ou dans d’autres activitĂ©s, engendre bien Ăªtre, sĂ©curitĂ© et performance.
Bien qu’on soit assis, la pratique du parapente requiert un minimum de préparation physique si l’on souhaite réaliser de magnifiques vols. « Et pourquoi ? » me demanderaient certains…

La pratique du parapente requiert un minimum de préparation physique, notamment en faisant des exercices d’endurance…


Petite anecdocte : marcher et prendre le temps d’observer
Vendredi 8 février, conditions plutôt stables.
Je rejoins le dĂ©collage sud-est de Cuges-les-Pins Ă pieds. ArrivĂ© en milieu de montĂ©e, j’analyse la position des brises bien marquĂ©es ainsi que leur cycle. J’en dĂ©duisais qu’il fallait rejoindre la face sud oĂ¹ le rendement serait le meilleur. ArrivĂ© au dĂ©collage orientĂ© sud-est, mon analyse disait juste : 4 pilotes dĂ©collent et rejoignent aussitĂ´t l’atterrissage.
Ayant analysĂ© les cycles, je prends le bon crĂ©neau et m’oriente vers la zone dĂ©sirĂ©e. Les thermiques Ă©tant petits, je rĂ©ussis tout de mĂªme Ă atteindre le plafond annoncĂ© de la journĂ©e (1150m) et Ă voler 1H40 dans du thermique bleu tout en voyant les autres pilotes Ă ne pas rĂ©ussir Ă s’extraire et Ă faire de simples « plouf ».
Pour arriver à ces exigences, nous avons 2 axes de préparation qui sont l’endurance et le renforcement musculaire.
L’endurance
J’incite souvent les pilotes à monter à pied au décollage en leur expliquant tous les avantages que beaucoup ignorent.
En plus du travail d’endurance que cela procure, monter avec son matĂ©riel permet de s’échauffer les jambes mais Ă©galement les bras si on utilise des bĂ¢tons de marche.
Nous pouvons Ăªtre amenĂ©s Ă Â utiliser l’accĂ©lĂ©rateur et le doser constamment en fonction de l’aĂ©rologie rencontrĂ©e. En effet, le dosage de l’accĂ©lĂ©rateur implique la notion de rĂ©sistance musculaire des quadriceps. Ainsi, la marche lestĂ©e (avec son matĂ©riel) en montĂ©e Ă©chauffera principalement ces muscles.
Avec des bĂ¢tons de marche
L’utilisation des bĂ¢tons de marche apportant un soulagement articulaire, Ă©chauffera principalement le deltoĂ¯de latĂ©ral et postĂ©rieur et les triceps sollicitĂ©s lors du pilotage aux commandes.
Marcher jusqu’au déco, c’est aussi prendre le temps d’observer
En plus de l’échauffement de ces zones musculaires, la marche en direction du décollage est un moment privilégié pour analyser la météo et se concentrer sur son vol à venir.
L’endurance contribue Ă notre bien-Ăªtre et, par consĂ©quent, à de meilleures performances
Le bien-Ăªtre permet de se prĂ©munir des situations de stress, sachant que le stress mal contrĂ´lĂ© peut nuire au pilotage avec mouvements parasites, dĂ©concentration, sur-pilotage, etc.
Annoncé une multitude de fois par les spécialistes de la santé, on sait qu’une activité physique régulière :
– amĂ©liore le sommeil, indispensable pour Ăªtre en forme et avoir une concentration accrue le jour d’un vol, d’un cross ou d’une compĂ©tition,
– lutte contre le stress dont les effets cités précédemment peuvent aussi impacter notre sécurité,
– stabilise notre poids de forme…
Le renforcement musculaire
Le renforcement musculaire joue un rôle essentiellement dans la sécurité et le pilotage.
Le travail musculaire nous renforce contre les traumatismes
Il n’est pas rare de voir des pilotes louper leur décollage ou leur atterrissage impliquant des traumatismes plus ou moins importants. La meilleure façon de minimiser les conséquences physiques des chocs est de renforcer ses muscles pour mieux protéger ses articulations et son squelette.
Dos musclé, un plus en cas de choc
Personnellement, je privilégie le renforcement du dos afin de protéger une région sensible en cas de crash, la colonne vertébrale.
Un exemple typique de la protection du dos est le lumbago. Lors d’un impact violent, notre corps réagit en contractant les muscles de la région lombaire.
Renforcer la ceinture abdominale pour une meilleure stabilité en vol
Le développement de la ceinture abdominale fournira une meilleure stabilité en vol car il permet de moins subir les turbulences.
En travaillant ce groupe musculaire :
– on gère mieux les mouvements de roulis de l’aile et on rend son plané plus performant,
– on réagit plus vivement à la correction de cap lors d’une fermeture asymétrique et à la sortie d’une auto-rotation,
– on est plus stable dans la sellette.
Le travail des épaules prévient de la fatigue aux bras
La position des bras en parapente fournit un travail de résistance musculaire. Elle est plus marquée lorsqu’on souhaite garder un très léger contact aux commandes pour lire la masse d’air, tout en s’approchant de la vitesse « bras hauts ». En renforçant les épaules et les bras, on sera plus résistant sur de longs vols.
Conclusion
Pour conclure, cette prĂ©paration se ressentira essentiellement lors d’un cross ou d’une compĂ©tition, durant lesquels les durĂ©es de vol sont importantes. Cet article n’est qu’un avis personnel et fondĂ© sur mon expĂ©rience et peut Ăªtre largement approfondi. Avec les orientations donnĂ©es, vous pouvez dĂ©sormais vous orienter sur des exercices physiques Ă accomplir.
Rodolphe Hennebique – skyriding.frÂ
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