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Parfois, avoir 2 secours en parapente, ce n’est pas du luxe !

Parfois, avoir 2 secours en parapente, ce n’est pas du luxe !

Deux pratiques parapente nécessitent d’avoir 2 secours: en acro ou en compétition haut niveau. En effet, la probabilité d’ouvrir un secours pour ces pilotes est plus grande et les incidents qu’ils peuvent rencontrer peuvent présenter des configurations extrêmes. Pour preuve, cet incident d’Olivier Delaygue qui s’est retrouvé twisté pendant une manoeuvre acro.

Après les commentaires et l’analyse d’Olivier, vous pourrez lire l’avis de notre conseiller technique Jérôme Canaud sur l’utilité ou non d’avoir 2 secours.

Olivier Delaygue, 39 ans, vole en parapente depuis 2011. Habitant près de Valence (26), il cumule environ 200 h/an grâce à un temps de travail aménagé : « ma pratique principale est la voltige depuis 4 ans » (5ème place au RoqAcro2019) ».

« Ce lancer de secours qui fait l’objet de cet article n’est pas mon premier (4ème) depuis le début de ma progression, tous les autres se sont bien passés. Comme nos sites locaux du Vercors ne permettent pas d’avoir beaucoup de hauteur pour réaliser les manœuvres,  je vole régulièrement sur d’autres sites comme Verel, Forclaz, Organya, Oludeniz, etc…

Description de l’incident

Fin de journée d’entraînement à Organya, je manque de lucidité sur une tentative de Cork après en avoir fait tourner plusieurs l’après-midi.

Ce qui est intéressant sur les images est que l’on peut observer les différentes étapes : le temps de lutte pour récupérer le contrôle de l’aile en essayant de passer au-dessus des twists, quelques problèmes pour sortir de la dragonne, un temps de réflexion sur la situation et un check sol très clair, là je suis sûr d’avoir du gaz.

Le lancer du premier secours est complètement subi à cause de la force centrifuge (je me fais surprendre) et la voile en rotation neutralise ce premier secours.

J’essaie de mettre plus d’énergie dans le lancer du second car dernière chance et s’il vient taper dans le premier, il a déjà un peu écopé. Au cas où il ne s’ouvre pas non plus, j’étais déjà à la recherche des élévateurs pour tirer dessus et créer quelque chose avant le sol. Une bonne perte d’altitude à la clef.

Les leçons que j’en ai tirées

– Même quand on le sait, attention à la viscosité mentale en situation de fatigue et aux douleurs musculaires, même une manœuvre maîtrisée peu devenir dangereuse.
– Tout l’intérêt de pratiquer avec assez de hauteur/sol… Depuis, j’ai d’ailleurs augmenté mes marges par rapport au sol.
– Le lancer de secours n’a pas de réussite à 100% même si le geste est correctement réalisé. Il faut penser à la suite s’il ne fonctionne pas (élévateur, lancer le second, etc…)

PS : la sellette est une Avasport Cutaway que j’essayais, le container du base étant vide à ce moment, les 3 anneaux que l’on voit sur la vidéo avaient été verrouillés.

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L’avis de Jérôme Canaud sur l’utilité d’un deuxième secours

Jérôme, peux-tu nous donner ton avis à propos de l’utilité de 2 secours ?

Il faut déjà définir à quels pilotes nous nous adressons. Je comprends tout à fait que des pilotes de voltige soient équipés de 2 secours, voire d’un secours et d’un Base System. Dans certaines compétitions de cross internationales (Championnat d’Europe, du Monde), les pilotes doivent être équipées de 2 secours. Aprés cela reste au choix du pilote de s’équiper ou pas de 2 secours.

Quant aux pilotes de loisir, ceux qui volent sur site, en voyage ou font du cross avec une voile autre que compet, je ne suis pas sûr que voler avec 2 secours va arranger, sécuriser plus que ce qui se passe déjà.

Je suis plutôt pour plus de formation, d’apprentissage, de pédagogie, de connaissances afin que chaque pilote soit capable de plier son secours de manière autonome, qu’il sache le mettre dans sa sellette et qu’il fonctionne, qu’il s’entraîne (portique, tyrolienne, SIV, centrifugeuse…), que le pilote sache quand, pourquoi, comment le lancer…. Tous ces points sont loin d’être au top, c’est là-dessus à mon avis qu’il faut progresser, insister.

Il faut garder notre activité de vol libre en tant que sport, donc chaque pilote a plutôt intérêt à se responsabiliser, se former afin d’éviter de rendre 2 secours obligatoires. On rappelle que le secours est obligatoire en école, en compétition (cross, voltige, marche et vol) et biplace. Il ne l’est pas MAIS vivement conseillé dans les autres contextes de vol.

Ceci reste mon avis personnel, faites le vôtre

Jérôme Canaud

La réponse d’Olivier (ex-président du club de parapente les Tichodromes de Valence et membre du comité directeur actuel).

Je rejoins ton point de vue à 100%, le contexte de cette vidéo ou celui d’avoir 2 ou 3 secours est clairement celui de la voltige.

Je ne milite pas pour la généralisation du double secours, mais il faut être lucide sur la capacité de son matériel quand on multiplie le facteur de probabilité de tirer la poignée rouge.
Également, cette pratique freestyle s’est beaucoup développée ces dernières années et on constate régulièrement des pilotes équipés d’ailes polyvalentes avec des sellettes classiques (1 seul secours). Faire des décros, SAT, WO, départ de vrilles ou autres amusements, souvent à moins de 200 ou 300 m/sol. A mon sens, dans ce type de vol, les 2 secours sont déjà un atout considérable.

Ensuite, cet exemple n’est qu’une preuve de plus qu‘il faut de la marge, de la marge et encore de la marge, quel que soit le type de vol. Je pense que dans cette situation avec un seul secours, j’aurais fini par réussir à l’ouvrir en tirant sur les élévateurs mais la perte d’altitude aurait été encore plus importante.
Enfin, concernant les aspects de formation, je te rejoins là aussi. Nous mettons chaque année en œuvre au club des séances de pliage et des séances d’ouverture sur tyrolienne. Là, on s’aperçoit que malgré la masse des informations qui nous sont mises à disposition par les canaux médiatique et fédéral, il y a encore du matériel mal connecté ou des gestuelles inadaptées. Je crois, pour avoir régulièrement échangé avec eux, que Maxime Chiron et Jim Nougarolles font le même constat lors de la préparation des stages SIV.

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Vidéo d’Olivier lors de son séjour à Oludeniz en 2018

Les « International Air Games », c’est une semaine entièrement dédiée à la voltige et autres acrobaties aériennes qui se déroule sur le site mythique d’Oludeniz (Turquie) en octobre chaque année. Mythique, car après avoir décollé entre 1700 et 2000 m d’altitude, le box au-dessus d’une mer turquoise offre 1500 m de vol vertical. L’atterrissage se fait sur la promenade locale en bord de plage, ambiance garantie ! Le team France est présent à chacune des éditions de cette rencontre et est managé principalement par Axel Jamgotchian.

Cette courte vidéo, dont le montage m’a fait beaucoup rire, est issue de quelques séquences tournées lors de l’édition 2018. Les Air Games 2019 ont été un régal, nous attendons à présent de voler pour ceux de 2020 avec de nouveaux projets en tête.

Pilotes de voltige : Olivier Delaygue, Guillaume Goguet, Fabien Ricard

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ROCK THE OUTDOOR, la culture parapente

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