• Home
  • /AVENTURES
  • /Vol parapente au Mont Blanc avec ascension par les 3 Monts
Vol parapente au Mont Blanc avec ascension par les 3 Monts

Vol parapente au Mont Blanc avec ascension par les 3 Monts

PUBLICITE

Parce qu’il existe des moments intenses qu’on souhaite vivre seul mais qu’on a envie de partager ensuite… Voici le récit de Guillaume, un parapentiste du « Plat Pays » (Waterloo) qui, depuis ses débuts en parapente, rêvait de vivre un vol, celui du Mont Blanc en passant par les 3 Monts : « Un vol extraordinaire, non pas par sa performance, mais parce qu’il a ce goût de la grande aventure. »

Commençant le parachutisme vers 17 ans, il a atterri par hasard dans le monde du parapente, ce qui l’amena à la pratique de l’alpinisme : « J’ai commencé le parapente grâce à mon père. Je voulais lui faire faire un saut en parachute, mais lui n’osait pas. On s’est alors rétracté sur le parapente qu’il pensait « plus soft ». Finalement ça ne lui à pas trop plu , moi j’ai direct été mordu. Ce qui l’a tout de suite attiré, « c’est le mélange entre le côté à la fois très technique et très simple de ce sport ».

Partons en cordée avec Guillaume… vers le toit de l’Europe.

Décoller du sommet du Mont-Blanc en parapente n’est pas, en soit, une chose compliquée. Bien sûr, il y a le manque d’oxygène et la fatigue due à l’ascension, mais le toit de l’Europe nous offre une plateforme d’environ 30 mètres sur 80, exposée à presque 360°. Il n’y a qu’un vent d’ouest qui compromet un décollage, et encore…
Ce qui est moins évident, c’est de monter là-haut avec tout le matériel, d’une part pour l’ascension elle-même, et d’autre part, pour le vol… Avec une fenêtre météo bien précise et courte, souvent seul ; car il n’est pas toujours évident de se trouver un compagnon pour une telle aventure, surtout quand on vient du plat pays.

Je rêvais de décoller du sommet du Mont-blanc depuis mes débuts en parapente

J’avais décidé que tout ça ne serait pas un problème pour moi. Je rêvais de décoller du sommet du Mont-blanc depuis mes débuts en parapente. J’en rêvais depuis mon premier vol au Revard avec un casque de vélo sur la tête. J’en rêvais si fort que ça en devenait même une obsession.
Il me tenait à coeur de passer par les 3 Monts, même si j’avais bien conscience que ce n’était pas me faciliter la tâche. L’Aiguille du Midi m’enivre depuis longtemps, et je voulais absolument partir de là pour mon premier décollage à 4800m.

J’avais effectué une première tentative le printemps passé, mais sans succès. Ma sellette était trop lourde, et je n’avais pas réussi à monter plus haut que 4200m, au sommet du Tacul. Pour cet été, je m’étais dégoté une sellette string que j’utilise également pour le passager biplace. Avec la BGD Riot et le secours, je n’avais plus que 4,8 kg supplémentaire à mon matériel d’alpinisme.

Me voilà parti pour le campement de l’Aiguille

Après avoir pris mes renseignements sur l’état du Tacul et du Maudit, me voilà parti pour le campement de l’Aiguille, à 3600m face au Mont-Blanc, plus magnifique que jamais.

C’est là que je suis tombé sur un trio de russes qui, hormis le décollage en parapente, avaient la même intention que moi. Par quelques gestes, je leur fis comprendre que j’étais seul avec ma voile, que j’avais l’intention de partir cette nuit pour le Mont-Blanc, et que ce serait chouette d’y aller ensemble. Ce n’était pas la première fois que je grimpais dans le coin, et je m’étais préparé pour une ascension totalement solitaire, mais à plusieurs, c’est toujours mieux.

Aucun d’eux ne pratiquait le parapente et l’idée de décoller de si haut les intriguaient, alors ils acceptèrent.

Mont Blanc au coucher du soleil

4h pour arriver à l’épaule du Tacul

Nous sommes partis du Col de l’Aiguille à 1h du matin, mais un éboulement de la veille avait arraché l’échelle utile au passage de la première crevasse et avait emporté avec lui les traces des autres alpinistes. Dans la nuit noire, il fallu fixer des points d’ancrages dans la glace et, sans aucune traces ni installations, nous mirent pas moins de 4h pour arriver à l’épaule du Tacul.

Pas une minute à perdre, nous voulions tous avoir le temps de profiter du sommet. On fila à travers le col Maudit pour entamer l’ascension du sommet du même nom. Ascension qui se fit sans difficultés particulières.
Arrivé à la rimaille finale, j’apercevais le soleil se lever au loin, nous étions déjà à 4400m, et une légère brise soufflait le vent de la Victoire. J’aperçu alors le « Blanc » droit devant moi, semblant tout autant à portée de main qu’encore très lointain.

Par quelques gestes, je fis comprendre à mes nouveaux compagnons que j’allais ralentir la cadence et que je continuerai seul. Eux devaient se dépêcher car ils allaient encore redescendre jusqu’au refuge du Goûter dans la même journée, moi j’avais mon temps puisque j’allais repartir d’ici en volant, et au fond de moi, je pense que j’avais envie de terminer l’ascension comme j’étais venu, seul.

Je les remercia chaleureusement, et le plus costaud d’entre eux me mît une tape amicale dans le dos qui, du point de vue de ma carrure, n’eu rien d’amical. Je les regarda s’en aller en fumant une cigarette. Le temps qu’elle soit consumée, ils avaient déjà disparus derrière le col de la Brenva – de sacrés alpinistes ces russes.

Le paysage était lunaire

Je me mis à marcher, lentement, avec les « Velvet Underground » dans les oreilles. Le paysage était lunaire, et le « Blanc », qui me donnait envie depuis si longtemps que j’en étais venu à me demander si il ne me charriait pas, semblait désormais si proche.
Je marchais ainsi pendant 3 heures avant d’arriver à une centaine de mètres du sommet, où je pris le temps de m’asseoir. J’attendais ce moment depuis tellement longtemps, je l’attendais tellement fort que je redoutais peut être même de le vivre. Je repensais à toutes les raisons qui m’avaient poussées à monter ici, et je ne pûs m’empêcher une larme. Je remis mon sac sur le dos et trottinai presque sur les cent derniers mètres. La vue à 360 degrés qu’offre le sommet est incroyable. D’un coté l’Italie, le grand Paradis et la vallée d’Aoste. De l’autre le Brévent, Chamonix, Samoëns, les fumées de Lyon, presque toute la France, presque le bout du monde…

Je sortis ma voile : pas un zeste de vent, pas un brin d’air, rien

Je sortis ma voile – pas un zeste de vent, pas un brin d’air – rien. Malgré le manque d’oxygène, il allait falloir courir vite pour décoller. Je fis une première tentative, puis une seconde, et même une troisième, mais sans succès. Il n’y avait vraiment pas de vent et la diminution de la pression atmosphérique réduisait la portance de ma voile.

Il y avait une vingtaine de personnes au sommet et les russes étaient déjà repartis. Les autres alpinistes, venus par le Goûter et munis de leurs appareils photos, me regardaient d’un air pressé, et ça me mettait mal à l’aise. J’attendais qu’ils s’en aillent.

Face sud du Mont Blanc

À 13h30, les premiers cumulus bourgeonnèrent environ 1500 mètres en dessous de moi, rendant le sommet inaccessible aux brises thermiques de vallée. Je me plaçai alors sur la face sud du Mont blanc, là où des masses rocheuses situées à environ 4000 mètres en contre bas, côté italien, faisaient naître quelques cycles thermiques. J’avais le sommet pour moi tout seul, et j’étais au paradis.

Je décollai sans difficultés vers 14 heures en direction de l’Italie. Les brises thermiques créées par les masses rocheuses me permirent de me maintenir à niveau du sommet pendant quelques instants, quelques instants que j’aurais voulu être des heures. Quelle chance de pouvoir vivre ça dans une vie, quelle extase ! Sur la face nord-ouest, je retrouvai la dernière cordée partie du sommet 40 minutes auparavant, et je continuai mon survol des glaciers, en direction de Chamonix.

Un vol de 45 minutes, dont je n’aurais su évaluer la durée sans vario… Le genre de vol extraordinaire, non pas par sa performance, mais parce qu’il a ce goût de la grande aventure.

horizontal break

Petit portrait de Guillaume

Guillaume Segers, 22 ans, est étudiant en Médecine Vétérinaire. Il habite en Belgique, « le plat pays, c’est pas le top pour voler, mais c’est bien pour étudier ».

Il a commencé le parachutisme vers 17 ans, pour ensuite vagabonder un peu en tant que photographe dans le monde des montgolfières, avant d’atterrir dans le monde du parapente qui l’amena à l’alpinisme.

J’ai commencé le parapente grâce à mon père. Je voulais lui faire faire un saut en parachute, mais lui n’osait pas. On s’est alors rétracté sur le parapente qu’il pensait « plus soft ». Finalement ça ne lui à pas trop plu non plus, moi j’ai direct été mordu. 

Ce qu’il a tout de suite attiré, « c’est le mélange entre le côté à la fois très technique et très simple de ce sport. Il est autant possible de décoller l’hiver pour faire un grand « plouf » sans trop réfléchir, comme faire du cross où de l’acro l’été, ce qui demande pas mal de connaissances en météorologie et beaucoup de techniques ».

A côté du parapente, Guillaume a une grande passion pour les cétacés : passion encore peu nourrie, puisque je n’ai eu l’occasion de les observer que quelques fois, en mer Méditerranée, au sein du Sanctuaire Pelagos. »

Il n’a que 22 ans et il a grand espoir de pouvoir faire encore beaucoup beaucoup de choses, avec toujours cette envie de transmette ce goût de l’aventure et de l’émerveillement, « Non pas dans l’espoir d’acquérir quelconque type de notoriété, que du contraire… Je pense qu’il faut être humble pour parvenir à voir la simplicité là où les gens ne voient que des choses complexes ».

horizontal break

ROCK THE OUTDOOR, la culture parapente

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*