Décollage parapente depuis une falaise, attention danger !
Contexte
Petite analyse de la masse d’air
On aperçoit dans la deuxième partie de la vidéo de nombreuses montgolfières en phase de décollage. Cela révèle du vent très faible en plaine. La dérive des montgolfières permet de penser que le flux d’air arrivant à la falaise est travers. Cette observation est vérifiée quand on regarde la voile du pilote pendant sa course, qui se réoriente face au vent (travers droit).
Configuration du décollage
Le décollage falaise est une pratique courante en bord de mer et est réalisé lorsque le vent de face est suffisant. En effet, pour ce type de décollage, il est préférable de se sentir pris en charge peu avant la cassure. Ici, le vent très faible n’occasionne pas de turbulences de relief mais il faut une course d’élan pour prendre de la vitesse (voir une vidéo démonstrative en cliquant sur la photo ci-contre).
Observations du décollage du pilote
Le pilote, a priori, n’a pas énormément d’expériences mais, comme il semble déterminé pour décoller, on peut supposer qu’il a déjà décollé d’une falaise. A noter aussi que la trajectoire du pilote pendant la phase de décollage ne respecte pas la direction du vent. Pour le reste, nous passons le relai à notre conseiller Jérôme Canaud.
Analyse et recommandations de Jérôme Canaud
Le pilote, a priori, souhaite décoller de cette falaise en gonflant son aile sur le plat herbeux. Le vent est très faible (repère de montgolfières en fin de vidéo qui montent plutôt verticalement sur la même épaisseur). Un challenge sympatique pour un pilote à condition de bien faire ! Vu le vent faible, cela permet de décoller sur une falaise à 90° car il n’y a pas de turbulence derrière la cassure. Le pilote devra avoir de la vitesse, donc de la course efficace sur le plat afin que sa voile arrive avec une bonne vitesse-air à la cassure.
Pour illustrer un bon décollage sans vent, nous nous servons de la vidéo de Robin Larsen (ci-contre) d’un article déjà publié sur le site qui montre exactement une bonne gestuelle d’un décollage falaise sans vent.
Comparons les 2 gestuelles
– Robin, une fois la voile équilibrée au dessus de lui, va chercher à accélérer sa course pour que la voile arrive à une vitesse suffisante à la cassure et voler sans plonger ou s’enfoncer. On remarque que sa course est accélérée avec une voile peu freinée. Il porte l’attention sur sa vitesse et la portance augmente avec la vitesse.
Le décollage de Robin Larsen depuis la falaise de Preikestolen (Norvège)
– Notre pilote ici, dans sa course, porte plus l’attention au début à sa voile en la regardant (ça empèche la course efficace) puis, la cassure arrivant, il porte l’attention sur la portance de sa voile, donc il va plutôt la freiner pour augmenter celle-ci. A aucun moment, il se concentre sur une course accélérée avec une voile peu freinée.
La conséquence, c’est que, à la cassure, la voile est trop lente et va normalement s’enfoncer pour reprendre de la vitesse. Surpris par cet enfoncement, le pilote freine puis décroche complétement l’aile. Heureusement qu’il arrive dans de la pente assez forte, ce qui va diminuer la force d’impact…
Sur ce type de décollage et avec cette aérologie, l’idéal est d’arriver avec plus de vitesse sur le plat et d’accepter l’enfoncement de la voile (recherche de vitesse) sans freiner, avant d’avoir un angle de plané et une vitesse de vol corrects.
Avec ces 2 vidéos, vous avez ce qu’il faut faire et ne pas faire. L’analyse des 2 vous apportent quelques informations pour comprendre.
Manque une information : est-ce que le pilote a analysé la situation avant de partir afin d’ajuster sa technique, de savoir sur quoi il fallait se concentrer…
Vos remarques sont les bienvenues.
Bons vols
Jérôme Canaud – Conseiller Wingmaster