• Home
  • /Non classé
  • /Augmentez votre sécurité dans la pratique du parapente en haute montagne
Augmentez votre sécurité dans la pratique du parapente en haute montagne

Augmentez votre sécurité dans la pratique du parapente en haute montagne

ARTICLE EN COURS DE REALISATION

Ce dossier regroupe les conseils de 4 experts du vol en haute montagne.

Rejoindre un sommet en haute montagne ou y atterrir est loin d'être anodin

Le vol en haute montagne c’est génial mais…
– Le vol, le décollage ou l’atterrissage envisagé est-il adapté à ma pratique et/ou mon niveau (physique/mental) ? Par exemple suis je capable de distinguer une pente/attero en neige ou en glace ?
– Mon équipement de vol ou vestimentaire est-il adéquat et compatible au vol et ou à la marche en haute montagne ? (voile, sellette, chaussures/vêtements, équipement de sécu en montagne) ?
– Mon niveau de vol me permet-il de voler là- haut tout en conservant une certaine marge de sécurité ?
– Serai-je capable de redescendre par mes propres moyens si la météo ne me permet pas de ré-décoller ? (je sais où je me situe, je connais l’itinéraire, je suis formé à la haute montagne…)
– Enfin, quelle est la réglementation en vigueur dans le massif ? (R30 A, R30 B…)

Les intervenants
1- Philippe Collet, guide de haute montagne (Alpwind)
– liste du matos
– compétences nécessaires à ce type de pratique
– topo sur les risques liés à l’altitude (vole, posé, déco)
– Risques et conséquences de la pratique dans un site fréquenté
2- Mathieu Verschave (médecin urgentiste)
Les effets de la haute altitude sur le comportement
3- Bertrand Doligez, instructeur SIV et guide de haute montagne
Préparation/déroulement d’un séjour parapente en haute montagne ». Ascension, nuit, descente en parapente ou à pied.
4- Jérôme Canaud, instructeur, pilote test et adepte du hike&fly
Astuces, conseils sur le pilotage et le matériel.
5- Fred Souchon, secouriste montagne au PGHM
Consignes en cas d’accident en haute montagne

horizontal break

SOMMAIRE

1- Avez-vous toutes les aptitudes pour voler en haute montagne ?

Grimper, survoler, poser ou décoller

2- Attention, votre pilotage en haute altitude ne sera pas pareil !

3- Focus sur le matos indispensable

paralpinisme

en cas de posé au sommet

4- Quand la montagne vous a piégé

horizontal break
horizontal break

1- Avez-vous toutes les aptitudes pour voler en haute montagne ?

horizontal break
horizontal break

2- Votre pilotage en haute altitude n’est plus pareil

Mathieu Vershace – Triple P
Physiologie et Psychologie en Parapente
Facteurs Humains et Non Humains en Vol Libre

Dans cette vidéo, je vous parle de l’influence du manque d’oxygène (hypoxie) lors d’un de mes vols parapente en haute altitude. La vidéo commence tout d’abord une analyse de la manière dont je pilote, puis continue vers mon ressenti là-haut. Enfin, je vous parlerai rapidement d’un résumé de plusieurs étude scientifiques sur les fonctions cognitives selon l’altitude et la durée d’exposition. On peut considérer que, pour les tâches complexes, dès 2300 m il y a des latences à répondre correctement aux tests. Et qu’environ dès 3600 mètres, le nombre d’erreurs est augmenté. Si l’on transpose ces analyses au pilotage en parapente, on pourrait imaginer que, du fait du temps de réaction augmenté dès 2300m, les pilotes sont à risques de surpilotage (pilotage adapté mais trop tard). Et dès 3600m, le risque d’erreur augmente.

Pilote-on pareil en altitude ? Les grandes hauteurs sont synonymes non seulement de froid et de manque d’oxygène, mais aussi d’une plus grande vivacité de notre aile. Plein de facteurs de stress à étudier en l’air… et au labo de recherche !

Dès 2300 mètres, les études scientifiques prouvent que les fonctions mentales conscientes sont plus lentes, mais tout de même opérationnelles. Et surtout on ne s’en rend pas compte de cette perte de facultés. Entre 2300m et 3600m, c’est la zone « orange » à risque d’accident.

Par exemple, au dessus de la Dent de Crolles à Grenoble ou au dessus du Pic d’Aspe à Superbagnères de Luchon, lorsque la voile commence à avoir un mouvement intense d’abattée en avant (avec possibilité de fermeture), le pilote réagira correctement (frein), mais en retard. Dans ce cas, le freinage sera réalisé alors que l’aile, si elle n’a pas fermé, aura déjà commencé à revenir en arrière par effet pendulaire. Le risque de surpilotage est donc réel et plus marqué. Et ce fameux pilote en manque d’O2 peut ne même pas se rendre compte qu’il est dans le rouge : ces cellules là sont off dès cette hauteur.

Au niveau visuel, le champ visuel rétrécit peu à peu, les cellules détectant les couleurs (les cônes), étant plus fragiles. Pas très pratique pour chercher les contrastes et les ascendances. Pareil, le pilote ne s’en rend pas compte…

horizontal break
horizontal break

3-Focus sur le matos conseillé

Fred Souchon
Guide et secouriste en haute montagne PGHM

Dépend du type de pratique envisagé

1- voler et atterrir en haute montagne

2- paralpinisme

Pour illustrer ces propos sur le choix du matériel de vol, voici une anecdote de Fred Souchon

le 26 juin 2019, alors que plusieurs parapentistes se posaient au sommet du Mont-Blanc et que d’autres le survolaient, un de ces derniers s’est vu avoir recours au déclenchement de son parachute de secours suite à un incident de vol au niveau de l’arête du brouillard en face sud du Mont Blanc. Cette zone du massif du Mont-Blanc est constituée sur plus de 2000m de dénivelée de pentes très raides de neige et glace, séracs et autres parois rocheuses de plusieurs centaines de mètres, autant dire « imposable » en sécurité…
Ce pilote a toutefois pu se poser en sécurité à proximité d’un refuge grâce à son secours…dirigeable. Ce qui laisse à réfléchir sur l’importance du choix du matériel dans ce type de projet.

Aux pieds

Vous allez survoler de nombreux glaciers, ou zones enneigées au cours de votre vol. Pensez qu’en cas d’atterrissage forcé, les basquets ne nous serons d’aucune utilité et vous interdirons toute tentative de remontée ou descente à pieds, pour peu que le redécollage soit impossible. Je vous conseille d’être équipé à minima de chaussures de randonnée, voire, pourquoi pas d’une paire de crampons légers (de nombreux modèles existent et pèsent moins de 500g pour un encombrement minimum et une comptabilité avec de nombreux modèles de chaussures).

horizontal break

4- Quand la montagne vous a piégé…

Fred Souchon
Guide et secouriste en haute montagne PGHM

La pratique du vol en haute montagne procure bien des plaisirs à plusieurs égards : altitude, glaciers, sommets… Aussi majestueuse qu’impressionnante, la haute montagne peut, en cas de problème, se transformer en véritable piège. Voici quelques conseils pour s’en prémunir, et parfois, aussi, faire face au pire…

Le vol en haute montagne c’est génial mais…
– Le vol, le décollage ou l’atterrissage envisagé est-il adapté à ma pratique et/ou mon niveau (physique/mental) ? Par exemple suis je capable de distinguer une pente/attero en neige ou en glace ?
– Mon équipement de vol ou vestimentaire est-il adéquat et compatible au vol et ou à la marche en haute montagne ? (voile, sellette, chaussures/vêtements, équipement de sécu en montagne) ?
– Mon niveau de vol me permet-il de voler là- haut tout en conservant une certaine marge de sécurité ?
– Serai-je capable de redescendre par mes propres moyens si la météo ne me permet pas de ré-décoller ? (je sais où je me situe, je connais l’itinéraire, je suis formé à la haute montagne…)
– Enfin, quelle est la réglementation en vigueur dans le massif ? (R30 A, R30 B…)

En cas d’accident

Prévenir les secours

Voici quelques éléments importants à avoir en tête pour gagner du temps sur les phases de déclenchement puis de recherche lors d’une opération de secours.
Le 112 est le numéro Européen d’appel gratuit pour les services d’urgence.  Il couvre l’ensemble des zones survolées dans le massif du Mt Blanc, y compris en Suisse et en Italie, pour peu qu’il y ait du réseau, ce qui est quasiment toujours le cas en l’air dans le massif du Mont-Blanc, contrairement à certains glaciers, sommets lorsque l’on s’y déplace au sol.
Tout d’abord je prépare brièvement mais méthodiquement mon message d’alerte pour que le secouriste au bout du fil ou de la radio comprenne bien dans quelle situation je suis et la nature de l’accident. Dites vous qu’un bonne alerte c’est 50 % du travail d’accompli.
Exemple de message d’alerte qui vous permettra de ne rien oublier :
Qui suis-je ?
Où est-ce que je me situe (coordonnées GPS du vario ou téléphone, nom de sommet, couleur de voile et une altitude …)
Nature de l’accident (retour au sol, secours…)
Nombre de victimes (blessés ou indemnes). Si blessé : nature de la blessure, gestes effectués…
D’autres éléments comme l’aérologie sur place, la présence d’obstacles (câbles, voiles..) pourront être annoncés à la fin de votre message.
Enfin, très important, j’attends que le secouriste me le demande avant de raccrocher !

Je suis victime

– Se sécuriser : C’est la priorité numéro. Dans un arbre cette opération semble assez évidente, mais en haute montagne l’affaire peut être plus compliquée qu’il n’y paraît. Si vous êtes sur une zone glaciaire il faudra peut être avoir recours à une broche à glace (100g) pour se sécuriser, à laquelle vous vous attacherez avec une longe (30g) reliée à un baudrier (98g) (quid de l’équipement) pour se sécuriser sur la glace.

Pour l'anecdote

Il y a quelques années, nous sommes intervenus pour un parapentiste qui, après avoir raté son décollage du sommet du Mont blanc, avait glissé sur plusieurs dizaines de mètres avant de finir sa course dans une crevasse. Blessé et sans moyen de nous alerter, il y passera la nuit entière à une altitude de 4600m blotti dans sa voile, ne devant son salut qu’à la suite d’un l’appel d’un pilote d’avion l’ayant vu glisser. Il s’en sortira miraculeusement le lendemain matin en hypothermie.

Mais parfois, se sécuriser en montagne, consistera aussi (en fonction de son état) à s’éloigner d’une zone dangereuse : En montagne nous penserons à nous écarter des potentielles chutes de pierres dans un couloir ou encore de se mettre à l’abri de chutes de séracs (blocs de glace).
En cas de pose imprévue (par exemple suite à l’ouverture de son secours sur un glacier), et en dehors des cas de dangers objectifs pré-cités, la sécurité sera surtout de ne pas se déplacer ! Et de résister à l’envie de marcher sur une centaine de mètres pour rejoindre un îlot rocheux… Un glacier peut paraître lisse et uniforme en surface mais cacher de nombreuses et profondes crevasses (plus de 40m parfois) pouvant céder sous votre passage… Là encore, plusieurs cas viennent nous le rappeler chaque année

Conseil

Souvent nous parlons du matériel de sécurité à avoir avec soi lors d’un vol et notamment le fameux kit de secours FFVL en cas d’arbrissage, très apprécié des secouristes 😉 Sans toutefois verser dans une course à « l’armement » et une propension à toujours imaginer le pire, mais plutôt après plusieurs expériences dans ce domaine en tant que secouriste, je ne peux que vous conseiller d’avoir dans votre cocon ou votre poche à portée de main un C.H.U.T (coussin hémostatique d’urgence).
Léger (50g) et peu encombrant, ce petit bout de mousse peut vous sauver la vie ou celle de votre ami. Disponible en pharmacie ou sur le web, il remplacera avec une grande efficacité un point de compression dans l’attente des secours ou de leur déclenchement, et stoppera une grosse hémorragie provoquée par divers objets contondants que l’on trouve assez facilement dans notre discipline (branches, rochers, antennes…)

# Avant l’arrivée des secours :
Une fois le secours déclenché et la sécurisation effectuée, il reste à préparer l’arrivée de l’hélico et des secouristes. En fonction de votre position (victime ou témoin) et de votre état, quelques actions que vous seuls pourrez effectuer participeront encore à renforcer la sécurité et l’efficacité du secouristes :

– Arrêter les décollages / atterrissages (prévenir ou faire prévenir les autres pilotes si possible)
– Se signaler avec les 2 bras en l’air en forme de « Y »
– Si liaison radio : guidage de la machine (avant de l’hélico = 12h). Par exemple : « Je suis à tes 3h, 200m au dessus ».
Beaucoup de personnes sont surprises à l’arrivée de l’hélico, car le souffle rotor généré est vraiment très important. Pensez à vous accroupir (à minima) et veiller à ce que rien ne s’envole autour de vous (couverture de survie, casquettes, sacs…). Le souffle peut projeter des objets de plus de 20 Kgs à plusieurs mètres…

Vous l’aurez compris, le vol en haute montagne ne s’improvise pas, et pour qu’il reste ce moment magique que chacun vient toucher du bout de son aile, informez vous et formez vous !
Bon vols à tous !
Fred Souchon
Gendarme-secouriste en haute montagne au PGHM de Chamonix, guide de haute montagne et parapentiste.

ROCK THE OUTDOOR, la culture parapente

horizontal break

DECOUVRIR

– voir

horizontal break

SOUTENEZ ROCK THE OUTDOOR

en devenant Membre PREMIUM et accédez aux articles réservés (conseils, tests matériel, rubrique voltige…) et à de nombreux avantages (magazine numérique, remise boutique…)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*