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Laurent Bonnet, du paralpinisme avec son ami François Ragolski

Laurent Bonnet, du paralpinisme avec son ami François Ragolski

Laurent, 38 ans, habite à Digne les Bains dans les Alpes de Haute Provence. Après avoir fait 12 ans de compétition vélo (route et vtt), il arrête à cause du dopage pour revenir à ses premiers amours, les activités de montagne : ski, alpinisme, escalade et parapente depuis 6 ans. Addict de l'effort, le vol rando et le paralpinisme sont devenus ses pratiques les plus régulières qu'il partage souvent avec François Ragolski. Sollicité dernièrement par le champion du monde de voltige, il décide de le suivre à El Hierro et avoue "avoir progressé de 3 ans en 15 jours"...

Laurent Bonnet a vécu des moments intenses avec François Ragolski juste après la Coupe Icare. En effet, François lui a demandé si il avait envie de le suivre pour quelques petites aventures de paralpinisme…

« Au retour de la Coupe Icare, François me dit qu’il a envie d’aller décoller de la Dibona. Je n’ai que ma voile montagne dans un sac à dos mais son camion regorge de matos en tout genre. A 1h du matin, nous arrivons au refuge et le lendemain après une grande voie d’escalade, nous arrivons au sommet mais nous préférons décoller 3 rappels plus bas… »

Découvrez la suite de son récit

Pour moi, le parapente n’est pas un sport* mais une activité aéronautique à la différence du paralpinisme qui lui en est un 😉

* Laurent qui vient du monde du vélo a sa définition du sport qui n’est pas forcément celle de tout le monde. Pour lui, le sport est une activité qui demande de l’effort physique. Il reconnaît toutefois que la voltige est aussi très physique et que le cross demande de gros efforts… cérébraux.

Laurent, quand as-tu découvert le parapente?

A 12 ans, pendant que mon père faisait son stage d’initiation, j’ai fait un biplace et j’ai trouvé ça vraiment cool. Plus tard, les parents d’un copain m’ont fait faire des sauts de puce dans un champ. A cela, l’image de Zebulon (Bertand Roche) qui décolle du Mont Blanc avec son père en biplace. Tout ça a suffi à créer un rêve d’oiseau chez moi!

Ce rêve, je l’ai réalisé quelques années plus tard (en 2010) à Saint André les Alpes avec David Vayrette de l’équipe Aérogliss. Lors de mes premiers vols école, lorsque je voyais le visage des gens qui reposaient les pieds au sol, je me disais qu’on pouvait, en quelque sorte, changer la vie d’une personne en lui faisant faire un vol en parapente. Après une dizaine de vols, je me suis équipé devenant rapidement amoureux du parapente avec des rêves plein la tête.

Quelles sont tes pratiques du parapente aujourd’hui?

Cela fait 6 ans que je vole et la passion est grandissante… J’ai un souci car toutes les facettes du parapente me plaisent : vols sur site, cross, voltige, biplace, paralpinisme! Je vole 150/200 heures par an sachant que je ne cours pas forcément après un max d’heures de vol étant donné que le vol rando et le paralpinisme ne permettent pas de faire de vols de durée.

Le site, à côté de chez moi, Courbon est un site très sympa duquel il n’est pas simple de s’extraire donc il est très intéressant pour progresser en cross. Sinon je vole à Saint André les Alpes pour tenter des cross plus sérieux. J’adore découvrir de nouveaux sites. Depuis l’année dernière, je commence à réussir de jolis petits cross qui me poussent à rêver à de longues balades et aux vols bivouac à travers les Alpes.

Stage initiation à Saint André Les Alpes

Tes préférences sont donc plutôt le vol rando et le paralpinisme

Oui, le paralpinisme est une de mes nouvelles grandes passions! Je faisais de la montagne bien avant de voler et, comme tout randonneur, montagnard ou alpiniste, arrivé au sommet d’une montagne, je me suis souvent dit : si je pouvais descendre comme un oiseau..
Je rêvais de voler du Pelvoux, du dôme, bien avant même de savoir voler en parapente. C’est pourquoi, lorsque j’ai commencé à pratiquer le parapente, je suis rapidement monter seul pour réaliser un de mes rêves : décoller du Pelvoux.
Au bout d’un an et demi de pratique, je suis parti en voyage canyoning à la Réunion. Je suis monté au Piton des Neiges avec ma voile. C’était un de mes premiers vols montagne particulier qui restera gravé à jamais dans ma mémoire.

Biplace à l’Andran

Que recherches-tu dans le paralpinisme?

Avant de voler, je rêvais de voler du Pelvoux, du Dôme des Ecrins, du Mont Blanc et de plein d’autres montagnes. J’ai déjà décollé de certaines, d’autres non.. Le but n’est pas de m’économiser, au contraire, j’aime grimper en montagne car je suis un addict de l’effort physique. J’aime aussi arriver au sommet, déplier mon chiffon en pensant que je vais m’envoler au dessus de ces montagnes. Tous ces vols sont magiques et me procurent des émotions très fortes.  Au Dôme, au Viso et au Pelvoux, j’avoue avoir versé quelques larmes de joie.
Aussi parce que descendre en parapente permet de moins se fatiguer (quand tu descends en 15 minutes au lieu de 6h), de prendre moins de risques en haute montagne car ils sont nombreux en descente à pied (crevasse, ponts de neiges séracs…). Enfin, avec le parapente, tu peux faire des enchaînements qui sont impensables en descendant à pied!

Vol du Dôme des Eccrins

Les moments partagés avec François Ragolski : paralpinisme et voltige depuis peu

Nous aimons partager la montagne ensemble en escalade ou en ski alpinisme. François, comme moi, est amoureux de ses racines. Il prend un réel plaisir à skier une belle montagne à coté de la maison ou à dévaler un chemin en vtt sans se trouver au bout du monde!

Il m’a embrigadé l’année dernière aux Iles Canaries sur l’île d’El Hierro, en me disant qu’à présent, il fallait que j’apprenne à faire du parapente plus sérieusement : 15 jours plus tard, j’avais progressé de 3 ans!

Tu es très proche de François Ragolski. Peux-tu nous parler de cette rencontre?

Je suis Dignois. J’ai fait beaucoup de compétition en vtt et vélo de route et je sais que nous sommes vite esseulés dans des petites villes comme la nôtre et c’est pour cela que j’ai rapidement été admiratif de ce jeune Dignois arrivé rapidement au top de l’élite mondiale de la voltige, seul comme un grand! D’autant plus que je pensais pouvoir lui apporter des conseils et de l’aide sur la préparation physique et l’entrainement  pour ses expéditions.

J’ai donc rencontré François à Digne. Je l’avais déjà croisé à Chabanon à la station de ski où il bosse l’hiver. Une fois entré dans le monde du parapente, ça ne pouvait être autrement que de nous rencontrer et de nous entendre super bien!

François est donc devenu un ami et un compagnon de projets paralpinisme entre autre. Il a été aussi le premier à accepter de faire mon passager biplace. Quel bonheur de partager des vols en biplace et de faire découvrir le vol libre à des personnes!

Nous avons fait beaucoup de vols montagne sur des sommets simples autour de la maison (Tête de l’Estrop , Cousson , Pic de Couard…), puis un premier vrai vol haute montagne depuis le sommet du Dôme des Ecrins que nous avons enchaîné avec un autre sommet dans le Vercors. Puis plus récemment la Dibona, le Viso et le Brec du Chambeyron. Je rêve d’aller décoller d’une grande montagne au Pakistan…

Que t’apporte l’amitié avec François?

L’amitié avec François m’apporte beaucoup : la rencontre d’une belle personne que j’apprécie beaucoup pour sa gentillesse, sa simplicité, sa décontraction, son professionnalisme, ses pitreries. En plus d’être mon ami, c’est aussi mon coach parapente, il me donne de précieux conseils et me freine quand il le faut. Il est très protecteur de ses amis, ce n’est pas le genre à te dire « vas-y, vas-y c’est bon ».

 

Laurent  vole en cross avec une Ozone Swift 4, une Ozone Octane FLX 22 pour l’acro, une Nervures LOL 20 pour la montagne et une SUP’AIR Sora pour le biplace.

Raconte-nous ton séjour sur l’île El Hierro avec François

François voit que je suis ultra motivé et aussi perfectionniste d’où l’invitation pour les Canaries car il dit qu’en France c’est compliqué d’apprendre à voler : il y a la dune pour être bon aux jeux au sol mais sinon cela se passe ailleurs sur des sites avec gros rendements.

On dit que les sites d’El Hierro ont du potentiel pour l’acro

Oui, c’est vrai. El Hierro est un spot qui va vraiment exploser pour les pilotes acro. Quand on est arrivé, on a volé direct, et en 2 heures de vol, j’ai dû faire 80 wings over. Sur nos sites, quand tu en envoies 5 gros, tu es posé.

A El Hierro, j’ai vraiment été impressionné par François mais aussi par Tim Alongi, Théo de Blic et Horacio Llorens. J’ai vu ce que c’était l’art du parapente! En 15 jours là bas, j’ai volé en volume l’équivalent de plusieurs mois que chez moi (peut être années)! Et surtout dans une aérologie puissante qui apprend beaucoup de choses : repose au déco dans du vent fort, placement pour monter sur un relief avec nuages orographique au sommet et du vent très fort en haut avec lequel, si tu te places mal, ça peut te coûter cher.

Qu’as-tu appris là-bas avec eux?

Là-bas, j’ai appris à faire le vrai wing, le 360 asym, puis le décro et à voler pendant des heures dans une aérologie forte. A mon retour, je n’avais pas le sentiment d’avoir « muté » mais quand des potes moniteurs ou autres me voyaient voler, ils me disaient que je ne volais plus pareil. Je m’en suis rendu compte peu après en réussissant de jolis petits cross.

Quels sont tes projets?

Le mont Viso était un rêve un peu improbable, et puis, en haute montagne, je me sens bien plus en sécurité en descendant en volant qu’à pied, puis ça pique moins les jambes. L’année dernière, j’ai rencontré Max Fiorani, un jeune guide talentueux qui aime le aussi paralpinisme : 2016 sera l’année d’une tentative au Cervin. Puis, pour moi, le rêve de l’Aiguille Verte du Mont Blanc et du sommet des Grandes Jorasses.

Et forcément à présent dans un coin de ma tête, le rêve de décoller d’une très grande montagne est très présent…

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