Ascension du Mont Blanc en biplace parapente par les faces nord

Ascension du Mont Blanc en biplace parapente par les faces nord

Le lendemain du jour où 150 parapentistes ont posé au Mont Blanc, les candidats à la séance de rattrapage ont eu double punition : d’abord la police les attendait avec une interdiction de posé au sommet et ensuite la bise était annoncée forcissante toute la journée.

Karl Roussel, pilote professionnel de l’école Envol de Provence n’oubliera jamais ce vol qu’il attendait depuis 15 ans. Il l’a partagé avec une passagère qui, épuisée à cause de la difficulté et de la durée du vol (4h avant d’arriver au sommet), a fini par perdre son courage : « je ne connais néanmoins pas grand monde qui aurait pu supporter ce vol en passager. Heureusement, la récompense fut très belle « .

Le récit de Karl

Avec Olivier Laugero, pilote de Chamonix, nous avons d’abord essayé de forcer en passant quand même par les faces sud. Comme prévu, c’était trop turbulent. Olivier nous a laissé en l’air et nous avons cheminé pendant environ deux heures face au vent pour tenter l’ascension par les faces nord. Il a fallu beaucoup d’attente aux alentours des 2500 mètres quand un gros thermique sur l’Aiguille du Fou nous a propulsé (Lauriane ma passagère et moi) à 5075 m. Ensuite, il suffisait de se laisser porter en direction du sommet et de terminer pour 200 ou 300 mètres de soaring, bizarrement plutôt tranquille au sommet de cette montagne magnifique.

Je ne connais néanmoins pas grand monde qui aurait pu supporter ce vol en passagère. Lauriane a pleuré en l’air, transie par la peur, fatiguée par les 4 heures de vol précédant le sommet et elle a finalement pleuré encore, mais de joie, au sommet.

Bien évidement, cette expérience est impossible à raconter tant l’émotion était forte. Il semble qu’un pilote de la X-Alp avait déjà réussi un gros plafond en passant par les faces nord. À ma connaissance, le sommet n’avait pas été fait. Nous étions quand même une vingtaine de pilotes au sommet et nous sommes partis assez rapidement car la météo était vraiment annoncée mauvaise. Nous craignions un renforcement du vent qui nous aurait empêché d’avancer.

Questions à propos de ce vol sportif en biplace

Qu’est-ce qui t’a amené à poursuivre ce vol alors que Lauriane commençait à fatiguer. Quel est ton lien avec la passagère pour lui faire subir cette épreuve ? Quel est son niveau de confiance avec toi ?

Lauriane est ma conjointe. Nous nous sommes entraînés pour cette ascension avec des vols de plus en plus hauts et de plus en plus longs. Elle a craqué sous le vent, dans les faces sud, à cause des turbulences. Nous étions assez hauts et pendant que je faisais demi-tour, elle a repris confiance, ce qui nous a permis de continuer l’ascension.

Y-a-t’il une route recommandée pour accéder au Mont Blanc. Apparemment, ce n’est pas celle que tu proposes ?

Il n’y a pas vraiment de route pour accéder au sommet, mais le passage par les faces sud nous semblait le seul moyen d’accéder au sommet, parce qu’elles sont ensoleillées et parce que, du côté nord, cela monte plutôt mal. Les conditions du jour avec la bise ouvraient de nouveaux horizons. Néanmoins, alors que ce jour là la sécurité était acceptable, je ne conseille pas de tenter le sommet par les faces nord, car, avec le même genre de météo, cela peut être beaucoup moins tranquille, voire dangereux au contact des Aiguilles par exemple, où nous étions parfois à moins de deux mètres des parois.

ROCK THE OUTDOOR, la culture parapente

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