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“La Poignée des Alpes” pour pilotage aux arrières conçue par Paul

“La Poignée des Alpes” pour pilotage aux arrières conçue par Paul

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Vous connaissez certainement les avantages procurés grâce au pilotage aux arrières, notamment celui de laisser glisser l’aile sans la brider. En effet, le contact sur les commandes, indispensable pour réduire le risque de fermeture, pénalise entre 3 et 5 km/h de vitesse de vol. Dans toutes les phases de vol où il n’est pas utile d’utiliser les freins, l’utilisation de poignées arrières vont très bien. Comme le précise Paul, l’usage des lignes arrières permet de ressentir l’incidence de l’aile, d’agir sans déformer le profil de la voile et ainsi ne pas dégrader ses performances. Le pilotage aux arrières ne s’envisage qu’à un stade déjà avancé dans la progression du pilote, celui qui cherche à améliorer ses performances dans le vol du distance (niveau perfectionnement cross).

L’idée de départ du concepteur Paul était d’avoir des poignées faciles à monter et n’entraînant  aucune modification ou détérioration des élévateurs existants : “J’ai conçu un prototype en CAO, à partir d’un dessin assez simple, doté d’une ligne fuyante pour ne pas gêner dans l’élévateur, et composé de deux parties reliées par deux vis qui viennent prendre en étau un élévateur quelconque”.

Certains pilotes les trouvent plus confortables et/ou pratiques que les solutions installées d’origine (réglables en hauteur). Si, vous aussi, vous prévoyez de vous en équiper, sachez que c’est un élément supplémentaire à contrôler lors de la prévol (risque de suspentes emmêlées dans la poignée).

Paul a confié la commercialisation de ses poignées à ROCK THE OUTDOOR

L’intérêt d’utiliser les lignes arrières pour contrôler la voile

Très tôt, après avoir expérimenté les wing-over et la montée en thermiques, je me suis intéressé au vol de distance. Durant un stage « cross », notre moniteur a commencé à nous parler de cheminement le long du relief et de l’intérêt d’utiliser les lignes arrières pour contrôler la voile. Il nous expliqua que le contact avec les freins coûte entre 3 et 5 km/h de vitesse de vol et que l’usage des lignes arrières permet de ressentir l’incidence de l’aile, d’agir sans déformer le profil de la voile et ainsi ne pas dégrader ses performances.

De nouvelles sensations liées à la vitesse et à la glisse

Aussitôt, je m’appliquai et expérimentai cette technique, qui, comme on me l’avait décrite, consiste à saisir les lignes au-dessus des maillons, ou encore passer un doigt au travers des suspentes… Je trouvai vite cette pratique un peu rudimentaire, mais à cette époque, je volais sous une Golden 3 Gradient, une B en trois lignes et demi, laquelle ne semblait pas trop apprécier qu’on lui tire sur les suspentes…

Peu importe, la saison suivante, je m’équipai d’une belle Aspen 4 EN C avec trois vraies lignes, achetée dans l’intention de faire du cross. Je découvris de nouvelles sensations liées à la vitesse et à la glisse de cette belle voile, et je m’amusais à créer du tangage au moyen des lignes arrières et explorais le potentiel de cette technique.

Fabriquer mes propres poignées, premiers essais concluants

Je progressais et rapidement je ressentis le besoin évident d’installer une poignée. Comme j’ai l’habitude de bricoler, je me mis en devoir de la fabriquer aussitôt. Le tout premier prototype que j’avais en tête était aussi rudimentaire que les méthodes sus-décrites… A la fin d’un repas, je m’y attelle, j’enroule une suspente autour d’un bouchon de liège, j’enrubanne le tout de shaterton et l’attache aux maillons arrières de ma voile. Les premiers essais sont concluants, je viens de créer la préhension la plus ergonomique -selon moi- et mes premiers bouchons vont me suivre durant plusieurs centaines de kilomètres.

Bonne information sur l’incidence me prévenant des fermetures

Fort d’une bonne préhension de mes arrières, je continue à progresser et conjugue ce pilotage avec le vol accéléré. Mon Aspen me transmet alors une très bonne information sur l’incidence de mon aile en vol bras hauts et surtout en vol accéléré, me permettant de prévenir de façon efficace les fermetures, je découvre le plaisir de voler vite dans des conditions parfois très turbulentes et en confiance.
La préhension sur un barreau horizontal me semble bien fonctionner, cependant mes petits bouchons ont une fâcheuse tendance à s’emmêler partout et ne sont pas faciles à attraper.

Ma poignée

Je décide alors de tourner une pièce en plastique qui viendrait ceinturer la sangle d’élévateur, de la fixer au moyen d’une petite vis qui traverse l’élévateur, de serrer le tout dans une position déjà définie par mes essais précédents, la poignée s’incorpore alors très bien à l’élévateur, ne se promène plus, et je peux piloter en laissant passer la sangle entre l’index et le majeur…

Avec mes poignées, on peut régler la hauteur à sa guise

Depuis lors, j’ai adapté ce système sur toutes les voiles que j’ai utilisées : L’Icepeak 6 Niviuk, la Triton 2 Nova, la LM5 Ozone… L’Enzo 2, elle, en avait déjà été équipée par Ozone…
J’ai observé les différents constructeurs petit à petit mettre en place des poignées fabriquées avec des sangles cousues sur les élévateurs de leurs ailes de série, et après avoir essayé l’une d’entre elles, j’ai trouvé cette solution relativement inconfortable, car souvent ces poignées ne sont pas à la bonne hauteur, et la traction exercée aura tendance à écraser l’auriculaire et mal répartir l’effort dans la main. La traction des arrières requiert en effet un effort important, c’est pourquoi je recommande d’avoir les bras presque tendus.

Pourquoi j’ai décidé de produire ces poignées

L’année dernière, je choisissais de consacrer trois semaines à ma nouvelle passion pour le vol bivouac, et à la recherche de financements, j’ai pensé produire des poignées telles que je les avais toujours fabriquées. J’ai donc conçu un prototype en CAO, à partir d’un dessin assez simple, doté d’une ligne fuyante pour ne pas gêner dans l’élévateur, et composé de deux parties reliées par deux vis qui viennent prendre en étau un élévateur quelconque.
L’idée étant que ces poignées devront être faciles à monter, et n’entraîner aucune modification ou détérioration des élévateurs existants. J’en ai imprimé deux paires que j’ai confiées à mon pilote-test Sylvain Nobile. Sa conclusion « C’est parfait, ne change rien !!! »
Plus tard, après en avoir vendu une dizaine de paires à des pilotes tous très satisfaits, j’ai voulu persévérer, augmenter la production et surtout la fiabiliser. J’ai fait appel à mon voisin, décolleteur équipé d’un tour à commande numérique, et il a réussi à produire la pièce dans un cycle entièrement automatisé et dans un plastique de très bonne qualité, du Delerin.

Le pilotage aux arrières est une expérience personnelle qui fait partie intégrante de la progression du pilote. Je ne suis pas compétent pour former les pilotes, votre technique de pilotage est excellente quand elle vous permet en même temps de prendre du plaisir et d’évoluer en sécurité. Je viens seulement proposer une solution à des pilotes qui s’intéressent à cette technique de pilotage et aux pilotes qui sont déjà expérimentés. Le débat est ouvert sur le groupe facebook
Je vous souhaite bon vol, et à très bientôt sur un déco !

Paul Bichat – poigneesdesalpes@gmail.com

Paul a confié la commercialisation de ses poignées à ROCK THE OUTDOOR

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Retour d’expériences de Sylvain Nobile

J’ai essayé les poignées et mes premières impressions sont excellentes ! Elles vont parfaitement sur mes élévateurs sangles assez fins. J’avais peur de ne pas les avoir fixées assez haut (12-13 cm sous les maillons des arrières) mais en fait en vol c’est impeccable. J’ai eu de suite envie de mettre mes mains dessus, même sans accélérer. En fait dans toutes les phases de vol durant lesquelles il n’est pas utile d’utiliser les freins, elles vont très bien car on s’appuie dessus au lieu de s’appuyer sur les freins, et du coup on laisse glisser l’aile sans la brider. On peut tout de même piloter un peu, même sur mon aile EN-B en 3 lignes dont l’efficacité du pilotage aux arrières est toute relative. Le pilotage sellette est à considérer en premier lieu, mais pour corriger certains mouvements en tangage ça marche bien. La prise en main est très bonne, bien mieux que les poignées intégrées d’origine à mes élévateurs.

Donc voilà, si ces poignées vous semblent un peu “gadget” ou d’une utilité superflue, et bien je vous invite à les essayer car même sur une voile 3 lignes elles sont très efficaces et agréables à utiliser.

ROCK THE OUTDOOR, la culture parapente