Premières impresssions de Jonathan sur la voile PHI Allegro (EN C)

Premières impresssions de Jonathan sur la voile PHI Allegro (EN C)

Une EN C précise, intuitive & accessible

Jonathan Malvoisin est un pilote qui vole entre 60 et plus de 100 heures par an dans les Alpes du Nord. Comme il aime essayer de nouvelles machines, il s’est mis dans la peau d’un testeur en publiant ses premières impressions sur la voile PHI Allegro.

Après les premiers essais, comme il s’est immédiatement « senti à l’aise, en sécurité et efficace » sous cette nouvelle voile, il en a fait l’acquisition.

Découvrez ici, ses premières impressions qui, depuis, n’ont pas changées.

Le test PHI Allegro par Jonathan

Voile test : PHI Allegro 22 m² (PTV 90 -110 kg) chargée à 104 kg
Sellette : Wani Light
Sites de test : Mont Lachat, le Grand Bornand
Durée totale : environ 10 heures

Conception, aspect et finitions de la voile PHI Allegro

La PHI Allegro est la première voile EN C de PHI, la marque du fameux Hannes Papesh. C’est une aile qui se veut accessible avec un allongement réduit de 6. Les joncs sont relativement courts, ce qui permet un pliage compact. Le cône de suspentage est surprenant pour le niveau de performance de l’aile. En effet, la partie basse des suspentes est gainée, ce qui facilite le démêlage et la manipulation des suspentes.

Comportement au sol de l’aile PHI Allegro

Je n’ai malheureusement pas pu gonfler suffisamment longtemps dans des conditions correctes pour affiner mon opinion mais mon sentiment est partagé… Pour moi, le comportement de l’aile au gonflage est son seul point faible.

La première impression me rappelle le comportement de la Tenor light avec un bord d’attaque fragile qui se pince dès que l’on sollicite un tantinet trop les avants. Ainsi, si le pilote tracte un peu trop les avants, l’extrados et l’intrados se rapprochent, fermant partiellement les caissons, ce qui perturbe la montée de l’aile.

Une fois le coup de main pris, et l’extrême douceur sur les avants assimilée, la voile monte de façon linéaire sans accélérations surprises. La montée de la voile peut ainsi se faire en douceur et la temporisation également. Même dans du vent plus soutenu, l’aile ne m’a pas donné la sensation de vouloir me dépasser.

L’allongement contenu de 6 rend la voile assez homogène bien qu’une gestion du roulis peut s’avérer nécessaire (rien d’insurmontable pour un pilote souhaitant voler sous une EN C). En dos voile, la conception semi-light de la voile (tissu Porcher Skytex 32) combinée à la fragilité relative du bord d’attaque lors de la sollicitation des A, m’a rendu la tâche délicate. En effet, il m’a été difficile de sentir la montée de l’aile et son positionnement.

En résumé, je n’ai pas été particulièrement séduit par cette première prise en main de la PHI Allegro et sa gestion au sol. Il me faudrait la tester d’avantage en condition variées pour affiner mon opinion.
Les premières impressions étaient donc mitigées. Pour autant, ce n’est pas la première fois qu’une aile de chez PHI me fait cet effet et pourtant, j’ai volé sous une Tenor que j’adore sous tous les autres aspects !

A propos du « petit bémol » sur le gonflage de la Phi Allegro

Les tests ayant eu lieu en août, j’ai demandé à Jonathan s’il maintenait toujours le petit bémol sur le gonflage.

J’ai fait plusieurs sessions de gonflage en dos voile dans des conditions volontairement difficiles (vent nul, voire cul, terrain plat…) en me filmant pour tenter de comprendre d’où venait le problème, j’ai expérimenté plusieurs méthodes et modifier ma technique en fonction des observations que j’ai pu faire de mes vidéos et malgré tout cela je n’ai pas encore trouvé la formule permettant un gonflage dos voile simple et efficace 100% du temps.

La voile est agréable à gonfler dans un vent plus soutenu ou dans des conditions plus classiques de décollage (pente / alimentation etc…). Comme je suis assez pointilleux et exigeant en gonflage, je maintiens donc mon avis sur le gonflage de l’Allegro mais cela reste un petit bémol dans la mesure ou dans des plus conditions classiques la voile se comporte relativement bien et je n’ai jamais eu de soucis lors de mes décollages.

Test Phi Allegro : comportement en vol

La PHI Allegro est étonnamment amortie sur l’axe de tangage ; même lors de grosses sorties chandelles, la tempo se fait en douceur (ce qui m’a surpris car je n’avais pas trouvé cette caractéristique chez sa petite soeur : la Maestro). Cela offre un beau confort de pilotage, il ne sera pas nécessaire d’appréhender les abattées à chaque entrée et sortie de thermique

Sur l’axe du roulis, l’aile est joueuse et agile. Je ne la qualifierai pas d’instable car son comportement est facilement maîtrisable et un contact symétrique aux commandes suffit pour lisser efficacement le roulis. En fermetures asymétriques provoquées, l’aile réagit correctement et se réouvre immédiatement sans cravate ou autres complications.

J’ai également expérimenté une fermeture involontaire en sortie de thermique et la voile a réagi sainement en rouvrant instantanément sans changement de cap (un avertissement prévenant sans doute une erreur de placement).

Les oreilles sont faciles à faire et à maintenir grâce à l’élévateur A dédié. Elles sont stables et ne flappent pas, la réouverture s’opère à l’aide d’un léger pompage sur les freins.

Un des arguments de vente de la PHI Allegro est sa rapidité notamment accélérée. Le premier barreau de l’accélérateur ne semble pas donner plus de vitesse que sur une autre aile.
Cependant, celui-ci ne dégrade pas la solidité de l’aile qui reste très confortable et stable.

En revanche, lorsque l’on pousse l’accélérateur au maximum, l’accélération et la vitesse obtenues sont impressionnantes. Il y a une vraie sensation de rapidité et de glisse.

Encore une fois, le confort de la Phi Allegro, même au deuxième barreau, est surprenant ! J’ai donc pu jouer sereinement avec toute la plage de vitesse de la voile durant mes cross, un atout non négligeable pour chercher la performance.

Bien que les élévateurs ne comportent pas de poignées pour piloter aux arrières, le système de lien entre les B et les C offre un repose main confortable ; un contact rassurant et un pilotage efficace.

Je suis particulièrement exigeant en terme de maniabilité, c’est pour moi l’un des critères les plus importants dans le choix de mes ailes : je veux avoir un virage me permettant de mettre la voile rapidement et précisément où je veux.

Sur ce point, je n’ai pas été déçu une seule seconde. Même en milieu de fourchette de PTV, le virage est précis, intuitif et agréable. La commande est légère sur 2/3 du débattement puis fermie sur le 3ème tiers. La voile se met en virage efficacement dès l’action de la commande.

Le virage se fait à plat, même sur des rayons de virage courts à l’aide d’une petite touche de commande extérieure.
Lorsque l’on utilise plus franchement le débattement des commandes, il est facile de mettre la voile sur la tranche : celle-ci ne pique pas vers le sol, ce qui est parfait pour noyauter de puissants thermiques.

La cerise sur le gâteau a été découverte lors de mon deuxième et troisième vols en conditions thermiques : j’ai été conquis par une sensation d’appui sur les stabilos.
Comme si la voile offrait un soutien palpable sur la masse d’air, cela permet de corriger le virage à tout moment et transmet des infos sur mon placement dans l’ascendance, bluffant !

Je n’ai constaté aucune inertie ; la voile PHI Allegro mord dans les thermiques par le bord d’attaque donnant la sensation d’être aspiré vers l’ascendance. Ainsi, l’entrée en thermiques ne crée pas de ressources. Ceci permet de garder suffisamment de vitesse et d’énergie pour enrouler rapidement.

En plus d’avoir ce gros avantage de ne pas souffrir de l’inertie créée par le mouvement à cabrer, la sensation d’aspiration qui nous tire gentiment vers le centre de l’ascendance donne d’excellentes informations sur la masse d’air.

Comme vous l’aurez déjà compris, les informations données par la voile sont excellentes. L’Allegro transmet et traduit les mouvements de la masse d’air en sensations de pilotage intuitives.

Côté performances, la PHI Allegro offre un très beau plané, rendant les transitions faciles et rapides. Celui-ci permet de moyenner dans les thermiques, parfois bouillonnants, ou de cheminer efficacement.

La combinaison du plané, la sécurité passive, la maniabilité, le confort accéléré et la transmission d’infos sur la masse d’air sont autant de qualités qui se rapprochent de l’équilibre parfait pour exploiter au mieux ce que l’aérologie a à nous offrir.

En résumé

C’est un coup de coeur ! Malgré le petit bémol que je mets sur le gonflage (voir ci-dessous), la PHI Allegro fait un carton plein dans mes critères de sélection.
Je me suis immédiatement senti à l’aise, en sécurité et efficace sous cette nouvelle voile qui va très certainement m’accompagner dans de belles aventures !

Jonathan Malvoisin

En savoir plus sur la PHI Allegro

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