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Pour Carole Leconte, le SIV est un tremplin vers le plaisir et la liberté

Pour Carole Leconte, le SIV est un tremplin vers le plaisir et la liberté

Une « jeune » pilote acro a attiré mon attention lors de la rédaction de la news sur le Championnat de France de voltige : Carole Leconte. Lors de nos échanges, très cordiaux, son tempérament de feu a éveillé ma curiosité, surtout lorsque j’ai appris son âge (47 ans) ! Très vite, m’est venue l’envie de lever le voile sur son parcours et ses motivations. Comment fait-elle pour combiner une vie professionnelle intense (chirurgie dentaire à Paris) tout en vivant à fond ses passions : musique, dessin et depuis 6 ans, le parapente ? 

Après, comme elle dit, « 20 ans d’abstinence« , l’appel des grands espaces l’a ramenée, il y a 6 ans, à ses origines : la montagne. Et c’est pendant ses activités de plein air qu’elle a découvert le parapente. Trois ans après, elle décide de se lancer dans une série de SIV pour « plus de maîtrise et de sécurité ». Rapidement, ses exercices la libèrent et lui offrent une nouvelle carte qui colle à son tempérament : développer le « self-control » en parapente, ce qui va lui permettre de « s’éclater sous des ailes de plus en plus ludiques ». Si Carole aime tous les types de pratique, c’est surtout l’acro qu’elle préfère : « c’est le kiffe d’adrénaline qui te met bien… une drogue… une sensation unique ».

Lorsqu’elle n’est pas occupée par son job à Paris, elle est suspendue quelque part dans le ciel, le plus souvent en Savoie. La leçon que nous pouvons dégager du portrait : le SIV, le portail pour « repousser ses limites dans le plaisir et sans bobo ».

Depuis sa métamorphose, Carole Leconte ne pense qu’à déployer ses ailes !

Voici une première illustration pour vous donner un premier trait de la personnalité de Carole Leconte : « C’est chaud dans la voiture pour les vacances ! Comme je n’arrive pas à être raisonnable, ni à choisir, j’ai une aile par type d’activité. J’ai une NEO S-Ride 13, une DUDEK run&fly 16 avec une sellette NERVURES Expé3, une OZONE Swift4 en 24 avec une SUPAIR Strike, un biplace ADVANCE Bi-béta 28 et ma chouchoute l’Emilie 20 de AirG avec une sellette SUPAIR Acrobase… »

N’avez-vous pas envie d’être passager(ère) dans sa voiture ? Ou en tandem pour vivre quelques sensations fortes ? Clic de la ventrale et go pour un run avec Carole !

« J’ai un bug dans ma tête qui refuse un peu d’avoir déjà autant de printemps derrière »

– Tu as bientôt 47 ans et tu pratiques le parapente depuis 6 ans. « Subir » est un mot qui n’existe pas dans ton dico. On trouve plutôt des mots comme « maîtrise, plaisir, liberté ». Dans cet interview, je souhaite mettre en lumière ce qui a permis de t’extraire du peur-gatoire pour t’éclater au para-dize. 

47 ans, ouchhh ça pique… j’ai l’impression d’avoir fini la fac l’année dernière ! Née au pied des Pyrénées, j’ai bougé à Paris à 25 ans, après la fac dentaire, pour faire du dessin ; je ne pensais pas être dentiste !

J’ai commencé ma vie parisienne en faisant du dessin, des logos, quelques sites web,… un peu dentiste en libéral puis à l’hôpital en même temps. Finalement, on peut concilier plein de choses tant qu’elles sont enrichissantes !

– Aujourd’hui, tu as une vie professionnelle intense (responsable d’un cabinet de Parodontologie et Implantologie à Paris) à laquelle tu combines une vie artistique très active. 

Oui, j’ai fini par vraiment adorer la chirurgie : réparer des patients est une vraie chance.

Et, la musique… ahhh… c’est bon ! J’ai commencé le saxo à 16 ans et la guitare à 18 ans… Je jouais avec des groupes de potes en commençant dans des garages, puis dans les cafés. Après, j’ai fait du jazz et quelques beaux concerts à Toulouse. Arrivée à Paris, retour au rock avec de super musiciens… des styles variés mais toujours un mélange de free jazz dans du rock ! On a fait quelques albums, pas mal de concerts… on passait 2 soirs par semaine et les week-ends à jouer, composer, répéter.

– Je propose d’en reparler à la fin et de revenir sur ta découverte du parapente…

Fidèle à ses passions, Carole Leconte, sous le nom de Kloo, dessine avec une bombe, un crayon ou une tablette graphique.

« Besoin de grand air après 20 ans d’abstinence. J’ai commencé à me réveiller côté nature et sport !

Je regardais des papillons de tissu pousser des cris de joie et de peur »

– Carole, comment es-tu arrivée au parapente ?

Après 20 ans de vie rock and roll (hors salle de chir), le besoin de grand air, de reprendre vraiment le ski, de bouger, l’envie de grands espaces s’est imposé, est devenu une évidence.

Le lien avec la montagne ne m’a jamais lâchée, même si mes désirs de dessin, musique, puis de chirurgie m’avaient éloignée et plongée le nez dans le guidon. En allant donner des conférences à Annecy, Vevey puis Lausanne, le mélange « lac/montagne » a fait mouche !

C’est une semaine de vacances au ski qui m’a fait franchir le pas pour le parapente. Sur mes skis, je regardais des papillons de tissu pousser des cris de joie et de peur. Voulant les rejoindre, j’ai décidé de faire un baptême parapente… Je ne voulais pas voler à 2 mais, poussée par les amis, nous avons fait un trip baptême à 4. Les conditions de fin mars au ski démentes, ce fut un vol inoubliable !

– Ce désir de voler, l’avais-tu déjà en toi ?

Je crois que j’avais ça enfoui au fond de moi depuis si longtemps en pensant que ce n’était pas pour moi, que c’était inaccessible ! Personne autour de moi n’en faisait alors ça n’aide pas à commencer tôt ! En rêver longtemps est un moteur merveilleux qui donne encore plus de goût, de joie, de plaisir !

« Mes premiers vols en mode stage itinérant pioupiou-friendly. C’était fou ! »

– Cette passion intense du parapente est apparue dès le début ?

Habitant à Paris et étant à fond entre le cabinet et la musique, j’ai attendu septembre 2014 pour les premiers gonflages, puis quelques vols au treuil… Les 2 premières années, je faisais une semaine de stage de temps en temps en école et quelques sorties soaring en bord de mer en bonus…

Ma passion du parapente est réellement apparue lorsque je suis partie en Afrique du Sud (en février 2015) pour profiter de la belle saison et faire mes premiers vols en mode stage itinérant pioupiou-friendly. C’était fou ! L’Afrique du Sud a vraiment été une claque pour moi !

Et fin 2015, après 6 mois de grands vols, je me souviens de mon premier Maïdo à la Réunion… Et puisque je parle des vols mémorables, plus tard, celui du 26 juin 2019 avec un 5280m au dessus du Mont-Blanc….

Vidéo du séjour de Carole Leconte à la Réunion sur un morceau de musique de son groupe DelMaR

« Rapidement, le parapente a rimé avec Annecy »

– Ta « résidence secondaire » est en Savoie. Pourquoi là-bas ?

Au départ, i‘ai passé quelques week-ends en Haute Savoie pour mieux connaître et chercher « un spot à oreiller de week-end » et, finalement, c’est la Savoie et le lac du Bourget qui m’ont séduite. Il n’y a pas la grandeur du Parmelan ou des Dents de Lafont mais le Granier en fond, le côté plus roots et moins touristique du lac, Verel, Aiguebellette… tout ça s’est imposé comme une évidence. J’ai l’impression d’avoir toujours eu la Savoie en moi, c’était comme un rêve à réaliser, un besoin profond.

Les aller-retours toutes les semaines à Paris sont peut-être fatiguants mais c’est le meilleur compromis que j’ai trouvé entre mes passions !

« C’est l’envie de ne pas subir le parapente qui m’a fait commencer les SIV »

–  Tu as intégré rapidement dans ta progression des stages SIV. Quelles en étaient tes raisons et quels effets ont-ils induits sur ta pratique ensuite ?

Les SIV, une longue histoire !

J’ai commencé très lentement le parapente et avec un apprentissage qui n’autonomisait pas et qui affichait des peurs à chaque étape. Autant dire qu’en volant trop peu et très guidée, j’ai eu envie de mieux comprendre le pilotage ! Donc, c’est vraiment l’envie de ne pas subir le parapente qui m’a fait commencer les SIV. Je ne pensais jamais être capable de beaux cross ou de voltige. Je ne sais même pas si j’osais en rêver même sans le dire ! Mon but était uniquement « plus de maîtrise et de sécurité ».

Le premier SIV avec l’école K2 Parapente (Max et Tof) a été une vraie révélation. Le mélange de leur pédagogie progressive et de ma motivation m’ont permis une transformation assez rapide sous ma Golden 4 qui est passée du tangage aux hélis en 6 mois ! Du coup, j’ai enchainé pas mal de stages en multipliant les pédagogies et les approches. J’ai eu la chance de recevoir les conseils de Maxime Chiron, Jim Nougarolles, Fabien Bianco, Bertrand Doligez, Pierre-Paul Ménégoz… et, en cross, ceux de Seiko et Charles, mais aussi ceux de Lulu (Pascal Eymard), et Gégé (Gérald Delorme)… mes chouchous !

Grâce aux SIV, je peux m’éclater sous des ailes de plus en plus ludiques !

> Découvrez les avis de Maxence Jorcin, Fabien Blanco, Bertrand Doligez, Pierre-Paul Menegoz à la fin de l’article

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« Me sentir toujours mieux en l’air »

– Qu’est-ce la pratique du parapente t’apporte ?

Le parapente est pour moi le moyen de redécouvrir notre planète, nos montagnes, nos rochers, nos arbres, le vent, les glaciers,… mais aussi le moyen de se redécouvrir, de créer des liens avec des potes où il y a un dénominateur commun puissant et généreux.

– Des rêves, tu en as certainement ?

Je rêve de faire un grand trajet en vol bivouac à 2 en amoureuse et en mini groupe d’amis… Je rêve de progresser fort en acro… de découvrir encore et encore des spots, de me sentir toujours mieux en l’air et d’avoir un champ de vision toujours plus large, un temps toujours plus ralenti pour mieux vivre le moment.

Je rêve de vivre tout ça avec des proches avec qui le partage est encore meilleur, de continuer à avoir toujours une destination qui fait rêver, une figure à découvrir, une belle surprise à laquelle je ne m’attendais vraiment pas.

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Carole Leconte aime tous les types de pratique car chacune lui « apporte des choses qui n’ont rien à voir ! Le biplace, c’est la magie du partage ou le moyen d’expliquer en bipéda des sensations ou timings à des potes. Le cross en groupe emmène à voir autour de nous la magie dont nous n’avons pas assez conscience. Et l’acro, c’est le kiffe d’adrénaline qui te met bien… une drogue….une sensation unique. »

« J’adore faire les choses sérieusement mais sans me prendre au sérieux »

– Quelle est ta recette pour avoir autant de motivations et d’énergie ?

L’envie, le plaisir, le désir, être ultra sérieuse et garder de la déconne juste comme il faut, concilier prudence et jeu, et surtout… surtout ne pas être sage tout le temps ! J’ai appris qu’on vivait plus vieux si on buvait 1 ou 2 verres de temps en temps et si on était heureux… alors vive l’apéro, vive les potes, les amis et les trips. Ah, j’oubliais, toujours avoir un projet d’avance et ne jamais oublier que tout est magique et peut s’arrêter demain, alors interdit de se gâcher, ne serait-ce qu’une heure !

J’adore faire les choses sérieusement mais sans me prendre au sérieux ! Je déteste ceux qui se donnent des allures et qui oublient d’être eux-mêmes ! La vie est trop courte et la posture n’a rien à voir avec le talent ou les qualités !

– Je suppose que des mots comme engagement, risque et responsabilité te parlent ?

J’opère beaucoup, 10 à 15 chirurgies par semaine et je sais ce qu’est l’engagement, le risque, la responsabilité. Quand tu voles, en bi ou en acro, c’est la même chose, tu engages… et c’est essentiel d’avoir la conscience des risques et des enjeux.

Je refuse d’être verrouillée dans le stress… ça n’a rien de bon, ça enlève du plaisir… Ce que j’aime, c’est tout à fait l’inverse !

Illustration de Carole Leconte : portrait d’un pote

« En musique, il faut des bases solides et du feeling… un parallèle troublant ! »

– Quelques mots sur tes trips musique ?

Je disais que j’ai eu la chance à Paris d’intégrer des groupes style rock / free jazz ! J’ai joué de la violoncelle avec les Tulla Larsen, du saxo et un peu de clavier dans Delmar. Avec Delphine et Margot, on a aussi bien joué à à la MJC de Créteil que dans des petites salles de Belleville et même en première partie de Marianne Faithfull à l’Olympia !

Ensuite, il y a eu Haïr et la Fête de l’Huma en gros souvenirs aussi. Mais, clairement, depuis le parapente et la Savoie, c’est de côté.. toujours présent dans mon coeur, mais c’est en suspend, en attendant l’occasion d’un projet cool et des répètes qui vont avec ! D’ici là, je compose un peu !

– Les pilotes acro sont un peu comme des artistes qui font des gammes pendant leur training. Quelles sont les similitudes entre un musicien et un voltigeur ?

Oui, jouer de la musique est assez proche de « l’acro-pole » : il faut des bases solides et du feeling. Une fois que c’est assez solide, on peut tout défaire, refaire, recomposer, improviser ! De l’extérieur, ça parait plus ou moins compréhensible, mais ce sont ceux qui pratiquent qui captent le mieux… Le parallèle est vraiment troublant !

– Merci Carole et bravo pour toute l’énergie positive que tu dégages !

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Retours de coachs qui ont dirigé Carole Leconte

Christophe et Max, instructeurs SIV à K2 Parapente
« Carole est venue chez nous suite aux conseils d’un ami commun. Au début, comme elle le dit, c’était plus dans un souci de sécurité. Mais très vite, elle a mordu à l’activité et a voulu aller voir plus loin. Elle ne fait jamais les choses à moitié. C’est au fur  et à mesure des stages qu’elle nous a dévoilé son tempérament et son énergie débordante !!!
Niveau parapente, elle est très demandeuse, forcément. Elle veut tout apprendre et vite ! Parfois un peu trop vite ! C’est là que nous essayons de canaliser et de lui donner les bonnes pistes… Mais cette énergie est entrainante et elle n’hésite pas à se remettre en question et à écouter les conseils.
Mais c’est d’un point de vue personnel que nous avons appris à la connaitre de mieux en mieux au fur et à mesure des années et des stages. C’est un personnage très enrichissant car tous les sujets sont ouverts à la discussion. Elle a vécu des moments difficiles personnellement. Elle a su les vivre au mieux, les partager, en discuter et avancer. Elle a un avis renseigné et réfléchi sur tout. On peut parler de tout, du covid, du changement climatique, de la vie personnelle ou de chirurgie dentaire, dans une seule montée en camion ! Mais sous ses airs de tempérament de feu, c’est quelqu’un de très posé. Elle aime la vie et rigoler !
Malgré ses 47 printemps, je pense qu’elle a pris le temps pour trouver sa voie (et elle me dira si je me trompe) mais je pense qu’elle a vraiment trouvé son équilibre cette dernière année. Ça se sent.
Si vous la rencontrez, n’hésitez pas à aller boire un verre avec elle ou à partager un petit vol. Son énergie est communicative.
Si j’avais un petit mot à lui dire : reste comme tu es. Continue de progresser en parapente, mais pas trop vite, et pour le reste vas-y à fond ! »

Fabien Blanco, instructeur SIV à Flyeo : « Une gosse à qui il faut mettre des limites de temps en temps ! Une énergie que j’aime, une communication simple et honnête, une personne hyperactive qui trouve de la plénitude et du calme intérieur dans les airs. J’apprécie le charisme de cette grande Bombe ! »

Bertrand Doligez, instructeur SIV à Cime et Ciel : « Une fille d’une exceptionnelle énergie. Une pilote curieuse de tout. Une grosse capacité de progression grâce à un gros mental. Dans un groupe, elle sait donner le change et mettre une ambiance sympa. »

Pierre-Paul Ménégoz, instructeur et auteur de manuels parapente : « Carole, un tempérament fort, une expression lumineuse de la vie qu’elle croque à pleine dent« .

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Propos recueillis par René HASLE

Article à découvrir : Une dentiste qui ne manque pas d’airs

Photos : Carole Leconte – GlobalD est une société française spécialisée dans la conception, la fabrication et la commercialisation d’implants dentaires

ROCK THE OUTDOOR, la culture parapente

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