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Les conseils de Francis : comment rester en forme pour voler?

Les conseils de Francis : comment rester en forme pour voler?

Francis Dumon est toubib avec une spécialisation axée sur l’ostéopathie. Il a 57 ans et a décidé de « vivre un peu plus » en ne travaillant que les après-midi, lui laissant ainsi plus de temps pour voler. Il a 2 enfants dont un garçon qui fait partie de ceux qu’ils prénomment les « extra-terrestres »*.

Nous avons demandé à ce parapentiste, médecin et ostéopathe de nous faire quelques recommandations pour savoir comment rester en forme pour voler. Voici ses quelques conseils prodigués à sa sauce…

* A Chamonix, nous avons Felix Rodriguez, un mec hyper sympa mais c’est un extra terrestre par rapport à nous » Francis Dumon.

Etre en forme pour voler!

Un petit check sur l’essentiel de la condition physique et psy pour voler

Si on considère le parapentiste comme un aéronef, il faut :

– un bon train d’atterrissage

Un bon train d’atterrissage, donc des pieds et des chevilles stables. Des genoux aussi à peu près stables, bien que beaucoup d’entre nous aient des genoux pas toujours en bon état suite aux activités de montagne comme le ski et aux différents traumas que nous leur avons infligés. Mais bon, il ne vaut mieux pas qu’ils nous lâchent au déco ou à l’atterro. Pour le reste des membres inférieurs? Tant qu’on est pas dans le plâtre ou avec des broches partout… La colonne est importante car elle nous soutient et surtout elle abrite notre moelle épinière, donc notre motricité et notre sensibilité, alors à ménager! Il est bien évident que l’on ne va pas voler avec une sciatique en crise ou une hernie discale en phase aiguë! En dehors de grosses pathologies, voler avec un bon airbag, une bonne sellette et surtout une bonne gestuelle… no soucy!

– un bon moteur

Un bon moteur : le cœur et les poumons. Il vaut mieux avoir une pression artérielle correcte car avec le stress, surtout au début… Un pilote qui a 160 mm Hg au repos grimpera à plus de 200 à l’effort ou au stress, donc risque pour la tuyauterie, en clair, risque vasculaire! Par contre, si il a un traitement équilibré, ça peut le faire mais une épreuve d’effort chez le cardio ne serait pas plus mal! Idem pour la fréquence cardiaque et pour les pathologies cardio-pulmonaires, mais on ne va pas faire un cours de médecine, ce serait barbant!

– une bonne visibilité

Une bonne vue : nous volons en VFR donc il vaut mieux voir! Une vue correcte, avec ou sans correction, est essentielle surtout pour les cables qui, selon la luminosité, l’environnement,  ne sont pas toujours bien nets et j’ai déjà vu des sketches avec ces saletés!

– des instruments fiables

Le mental : être bien dans sa tête semble logique bien que le parapente soit un super traitement anti-stress voire anti-dépresseur (mieux que le chocolat!). Mais là, la frontière est mince parfois; à chacun  de savoir s’il peut voler ou non. Même si on a les boules : mieux vaut un vol de moins qu’un de trop, mais c’est vrai que parfois dépasser ses limites est tellement gratifiant.

Pour finir, un mot sur la vigilance. Attention aux différents traitements qu’on peut être amené à prendre? Certains mêmes banaux comme des trucs pour le rhume peuvent ensuquer ou diminuer notre réflectivité donc…becare!

Quelques petits tuyaux sur la préparation…

…du matos humain

Le train roulant

Pour avoir une bonne proprioceptivité, donc une bonne adaptation au terrain spontanée pour ne pas se tordre les chevilles ou autre :
– marcher en terrain accidenté,
– faire des sports requérant de l’équilibre : surf , wind surf , paddle, skate board (ou piquer le skate du gamin ) ou plus simplement essayer de rester en équilibre sur une jambe, les yeux fermés : on sent tout de suite le travail d’équilibration. Autrefois, les petites filles jouaient à la marelle dans les cours de récré, c’est un super truc pour les chevilles mais tu imagines des parapentistes jouer à la marelle sur un déco 😉

Le moteur

D’abord comme une voiture, laisser chauffer le moteur, donc ne pas oublier de s’échauffer un peu ou de partir doucement. Sinon pour faire simple, tous les sports d’endurance sont bons pour le moteur :
– la marche (mieux en terrain vallonné ou accidenté et plus efficace avec les bâtons)
– le vélo, le ski de fond ou de rando, la natation… Je laisse un peu de coté la course à pied qui, bien que valable, risque, à outrance, d’endommager les genoux (je vais un peu à l’encontre des ultratrails et autres ironmans),
– l’escalade. La grimpe est un bon entraînement physique. Mental aussi dès que cela devient plus engagé.
A noter que tout sport ou séjour en altitude favorise les globules (rouges comme le vin …..hips).

Dans tous les cas, prenez le temps! Si le coeur tape trop vite, ralentissez et pensez à bien respirer : 2 à 3 expirations pour une inspiration pour vider l’espace mort dans les poumons (quantité d’air non renouvelée) afin d’optimiser votre capacité respiratoire.
Pensez à boire aussi! De l’eau. Un petit truc en rando : thé léger + miel +1/4 de cuiller à café de bicarbonate de sodium par litre ( vendu dans en épicerie) pour neutraliser un peu l’acide lactique (donc moins de courbatures).

Le mental

Etre bien dans sa tête. Apprendre à respirer, savoir se relâcher si besoin, s’aider des techniques de sophrologie (yoga, méditation, autohypnose). Mais là, ce qui est valable pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre.
Le simple fait de prendre le temps d’admirer la nature sur un sommet, un déco, c’est déjà un super travail de relaxation!

…du matos pas humain

Privilégiez du matériel light, même si vous ne faites pas de vol rando. Car la voile amortira mieux et, en plus, c’est plus cool au portage. Par contre, gardez un airbag au moins. De plus, le matériel léger actuel vieillit bien, donc pourquoi s’en priver?

Pour le reste? Que dire? Le parapente, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas mais la gestuelle peut perdre en précision si on ne pratique pas. Alors, pratiquez et gonflez dès que le vent vous le permet : de bonnes sessions de gonflage permettent de bien connaitre son aile, ses réactions, sa vitesse de montée, sa temporisation, de travailler son positionnement… Avant de kiter en barre foot sur la dune, il faut déjà savoir comment mettre ses bras et son corps! Donc GONFLEZ, vous verrez que ce n est pas GONFLANT 😉

Voila, un topo pas trop lénifiant  mais on ne peut pas tout aborder. Essayez de voler le plus longtemps possible : un bon parapentiste est un… vieux parapentiste : allez Papy , tu peux décoller… et n’oublie pas ton sonotone!

Francis Dumon

Francis pratique le parapente depuis 1989 : « J’ai commencé avec des voiles qui volaient… un peu et j’ai pu voir en direct l’évolution du parapente avec des époques où ça partait dans tous les sens jusqu’à maintenant où nous bénéficions de matos performant et sécurit globalement ».

Sa pratique est très variée du speed riding aux vols randos en passant par les petits cross et les vols en biplace : « je fais aussi un peu de freestyle mais bien loin des acrobates actuels qui m’épatent. A Chamonix, nous avons Felix Rodriguez, un mec hyper sympa mais c’est un extra terrestre par rapport à nous ».
Francis aime aussi découvrir d’autres lieux vus d’en haut : « dès que possible, je vole, la voile est toujours dans le coffre »
Francis pratique aussi la randonnée, le VTT et la moto en été. L’hiver, ses activités s’orientent vers le ski, le monoski et le ski de rando

Photos : Francis Dumon
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One thought on “Les conseils de Francis : comment rester en forme pour voler?

  1. Hello,

    Merci pour ces recommandations. Mais quand on a le mal de l’air, y’aurait pas un truc? C’est vraiment handicapant. Devoir interrompre un vol parce qu’on commence à se sentir vraiment mal, c’est hyper frustrant. J’ai tenté le sucre, les bonnes respirations, la détente en l’air pour évacuer le stress, mais… pas de miracle.


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