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En speedriding, Quentin rate l’atterro et c’est le sketche dans une combe

En speedriding, Quentin rate l’atterro et c’est le sketche dans une combe

Se déshabituer des techniques parapente pour pratiquer le speedriding !

Quentin,32 ans, pratique le parapente depuis 5 ans et s’oriente depuis 2 ans sur le freestyle/acro. Skieur, c’est sa 2è saison en speed riding. Il a commencé avec une ITV BipBip 14 puis a changé pour une GIN Nano 11 cet hiver.

Quentin a proposé sa vidéo d’incident pour la partager avec la communauté et pour recevoir une analyse et des conseils de pro. Il reconnait que le fait de ne pas avoir repéré l’atterrissage avant son run est une erreur évidente. En speedriding, tout va trop vite pour improviser en cours de vol. Un premier run doit se faire haut avec de la marge quitte à ne pas beaucoup toucher. Ensuite, une fois les lignes repérées, on peut engager plus fort et jouer avec le relief. Il a beaucoup de chance car un impact avec 11 m² peut faire beaucoup plus mal.

Découvrez l’analyse et les conseils de Mika Régnier.

C’est parce que les techniques de vol sont différentes qu’il est fortement recommandé de suivre une formation spécifique pour le speedriding.

Le témoignage de Quentin

Quentin s’oriente depuis 2 ans sur le freestyle/acro : « j’ai appris à faire decro, sat, heli, décro dynamique avec des conseils en stages SIV (3). Il a un bon volume horaire chaque année (environ 150 h) et fait beaucoup de sessions à faire du gonflage, jeu au sol… ».

Pour ce run,  j’ai trouvé des infos sur Abovethepines pour le tracé. Le seul doute était la localisation de l’attero où on m’a dit qu’il était près du parking que je n’ai pas su identifier exactement. Mon état mental étai correct, pas mort de faim ni trop stressé.

Lors de mon vol, je me concentre à respecter le tracé et pour éviter la combe qui se situe sur la droite. Tout se passe bien. Je visualise la zone où je veux poser et je me dis que j’irai là où je marcherai le moins pour rejoindre les remontées. Un peu étonné de l’allongement de la finale (juste avant l’incident), je voulais finir mon vol en glissant voile au dessus de la tête. A aucun moment, je m’attendais à rencontrer cette combe.

Les erreurs que je retiens est de ne pas avoir repéré l’atterrissage avant le vol, et d’avoir était trop gourmand et feignant à éviter de trop marcher et de pousser trop loin… Finalement pas de casse matériel ni physique, juste 2 douleurs : une à côté du sternum et une autre au tibia jambe droite qui partiront dans la semaine. Un peu choqué quand même, j’ai un coup au moral le lendemain. J’ai refait le run 2 jours après en posant au bon endroit. Je pars demain à Val d Isère avec 7 potes pour refaire du speed : je reconnaîtrais les atterros et suivrais leurs conseils.

Quentin

Ps : le mini vario Fairhaven que j’ai acheté à la boutique est top 😉

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Analyses et conseils

Premières observations à partir de la vidéo

Il semble que Quentin utilise plutôt une technique de vol en parapente à ski que de speed riding, volant sans doute souvent avec du frein. Un professionnel (parapente) m’a précisé qu’il n’a pas de bonne construction d’approche : au lieu de porter son attention sur l’atterro qu’il montre avec une flêche, il porte son attention (visuelle) sur la fin de la pente (qui est en pente). Donc, indirectement, il va atteindre son objectif !

Sur la dernière ligne droite, il vole avec du frein donc avec le max de finesse avec sa voile de speed. En se remettant bras hauts, il aurait nettement dégradé son plané pour poser avant peut être ?
En passant la combe (« merde »), il semble vouloir revenir en faisant un demi tour (réflexe parapente). Devant lui, de l’autre côté de la combe, il y a de quoi atterrir mais un demi tour avec une voile de speed dégrade fortement le taux de chute.

Les remarques de Mika Régnier

La première erreur que je constate est que le site, l’atterrissage en tout cas, n’a pas été repéré avant le run. Il y a deux manières de repérer : la première, si c’est possible, se rendre sur l’endroit à pied ou à ski afin de se rendre compte de la place, du vent, du relief, de la qualité de la neige… La deuxième, uniquement si la première n’est pas réalisable, consiste à prendre de la hauteur pour tout visualiser, mais avec cette technique, on ne voit ni le relief, ni le sens du vent.

En speed riding on freine avec les skis et non avec la voile

Si on se retrouve dans ce genre de situation, le mieux est de poser les skis le plus rapidement possible en travers de la pente. En speed riding, on freine avec les skis et non avec la voile car, en freinant, on reprend de la portance et le re-décollage peut être imminent ! Une fois les skis au sol, on peut plus facilement s’arrêter si on est surpris.

La deuxième erreur : le pilote arrive sur le lieu d’atterrissage dans le sens de la pente. Il pose ses skis tardivement, se fait surprendre par la combe alors qu’il a encore de la vitesse. Il freine et redécolle sans avoir suffisamment de puissance pour sauter la combe et se retrouve enfermé.

En speedriding, tout va très vite !

Une fois dans la combe… il n’y a plus grand chose à faire, tout va tellement vite… La meilleure option aurait été sans doute de se mettre volontairement dans un arbre « douillet » mais, encore une fois, tout va très vite en speed riding ! Heureux pour le pilote qu’il s’en sorte indemne !
C’est dans ce genre de situation que l’on est content de ne pas avoir trop petit en surface, car tout va encore plus vite avec de petites ailes!

En speed riding, il faut toujours se laisser de grande marges !

Mika Régnier – ITV Parapentes

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ROCK THE OUTDOOR, la culture parapente

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