Test de la voile ADVANCE Iota 2 par Nicolas Garcin (EN B+)

Test de la voile ADVANCE Iota 2 par Nicolas Garcin (EN B+)

NOUVEAU ! Test complet de l'aile à découvrir en vidéo

Montage vidéo de 20 minutes avec commentaires de Nicolas Garcin (présentation de l’aile, gonflage, décollage, comportement, commandes, virages, 360, oreilles, atterrissage…).

A découvrir à la fin de l’article

La voile ADVANCE Iota 2 présentée en avant première auprès de la presse on-line

Grande nouveauté cette année chez Advance ! En effet, la célèbre firme Suisse a décidé de dévoiler son produit phare pour la nouvelle saison en avant-première à 4 pilotes testeurs de presse on-line (dont j’ai eu la chance de faire partie – voir article ici) alors que la commercialisation de l’ADVANCE Iota 2 ne débutera qu’en Janvier. Jusqu’alors, la marque nous dévoilait ses produits sans rien laisser filtrer à part du suspens.
Les nouveaux modèles Advance sont toujours attendus avec la même impatience que la sortie d’un nouvel iphone… toutes proportions gardées bien sûr. Et pour cause, il est rare que l’on soit déçu. Des années de préparation et de mise au point pour créer des modèles durables au niveau des matériaux et de la performance.
Donc, après cette invitation au siège à Thune pour la présentation, nous avons pu repartir chacun de nous avec une voile ADVANCE Iota 2 pour un test complet*. Et une grande première aussi pour ROCK THE OUTDOOR qui propose cette fois l’ensemble du test en vidéo !

* reste certes à la tester encore en conditions thermiques pendant la saison prochaine

Nicolas Garcin – Ecole Full Blue Sky

ADVANCE Iota 2, taille 25 m²
PTV lors de l’essai : 97 kg (PTV max 100 kg).

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La Iota 2, une aile avec un nouveau feeling qui inspire confiance. Son intuitivité, sa réactivité et ses performances vont engendrer des équipages gagnants. Bref, une aile qui s’annonce légendaire !

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Avant la vidéo test, quelques notes posées sur le papier…

Coup d’oeil sur la voile ADVANCE Iota 2

De premier abord, pas de changement de look. La firme Suisse reste par choix sur son look identitaire et ses célèbres winglets de bout d’aile. Seules les combinaisons de couleur diffèrent des autres modèles. La coupe du shark-nose est calculée suivant la trame du tissu, assurant une élasticité au vieillissement sans déformation. L’architecture intérieure est très fournie, les joncs de bord d’attaque sont croisés, et on notera des joncs de maintien également au niveau de ancrages C. Par rapport à la Iota 1, de visu, rien de remarquable. En revanche, ce nouveau profil, développé spécialement pour la Iota 2 tire les enseignements du développement de la Sigma 10, mais avec un cahier des charges propres à la catégorie EN B. Le produit est idéalement placé au milieu de l’Epsilon 8 et de la Sigma 10.

Côté suspentage. Il est dégainé du haut en bas de l’aile et lyros et Edelrid (A8000, magix pro ) en sont ses principaux composants. On ne reviendra pas sur la nécessité de prendre soin de ce genre de suspentage, notamment sur les décollages encombrés ou caillouteux. La voile ADVANCE Iota 2 est suspentée en trois lignes avec une suspente identifiée pour les oreilles. Quant aux tissus, Advance signe encore de son mode « hybride », avec une aile accusant un poids de 4.7 kg, pour la 25. La structure interne complexe est fabriquée en Skytex 40, l’intrados et l’extrados en 32, et le bord d’attaque en 38. Elle à 59 cellules et un allongement de 5.6.

Les élévateurs en 4 branches (2 A, B, C) possèdent toujours le SPI (Indicateur de pourcentage d’accélération) et, nouveauté, le C-Handle permet d’avoir une action sur les B maintenant parfaitement le profil en turbulence sans perte de performances. Poulies Ronstan et Harken permettent une accélération non fatigante. La marque est revenue sur une poulie pour les poignées de commandes. On aurait également préféré un nouveau look et une nouvelle recherche ergonomique pour les célèbres poignées de commande Advance, mais bon… pratique et fonctionnelle au final, et toujours reliée par aimants à l’élévateur C. On notera également les protections de poulies en néoprène qui finissent très bien l’ensemble.

Photo : Advance

Décollage

La voile ADVANCE Iota 2 gonfle même par vent nul. L’impression de vitesse est déjà là. Lui exprimer de la douceur.

Le premier vol en Suisse a été un très bon test : gonflage vent léger arrière, à pied dans une neige fraîche légèrement damée. La tension est vite là et arrive d’un coup, entraînant l’équipage à une temporisation induite et une prise en charge lente mais progressive, ressentie et efficace. L’impression de vitesse est vite là. Au dépliage, elle ne nécessite vraiment aucun point particulier. Même par vent nul, avec deux cellules centrales en position, ça gonfle ! Seul point faible : la vivacité. Elle accepte les corrections dissymétriques dans la plus grande des finesses, sinon vous vous ferez vite « embarquer » ou le demi-vrillage n’est pas loin, ce qui est somme toute normal pour une aile de cette catégorie (voir observation ci-dessous*). Pour les moins expérimentés en décollage venté, un peu d’expérience au sol et vous aurez vite compris la douceur à lui exprimer ! Idem pour ceux qui sortent d’une aile « pataude »… Une fois habitué avec les bons réflexes, sans contre-temps, et finement, le décollage sera assuré à coup sûr dans toutes les conditions.

* Au risque de me répéter, je ne considère là aucune difficulté pour un bon pilote intermédiaire. Les B+ actuelles se rapprochent, de par leur morphologie et leurs performances, de leurs grandes sœurs taillées pour la course, donc les protocoles de décollage suivent, même si ils sont largement plus abordables, et c’est le but ! Vous trouverez bientôt un article traitant de ce sujet : « Savez-vous vraiment bien décoller avant de choisir une aile EN B+ ou plus ? »

En vol avec la voile ADVANCE Iota 2

L’ADVANCE Iota 2, une aile ferme, rapide qui met en confiance. Les virages sont sains et le débattement à la commande est faible et progressif. Elle inspire confiance dès les premiers ressentis.

La saison hivernale qui se voudrait plutôt calme, j’ai eu la chance de rencontrer à peu près tous types de conditions à l’exception de grosses conditions thermiques bien sûr. Décollage sans vent, dans le vent, petits thermiques, vol en thermodynamique, je suis parfois allé voler sous le vent pour tester la bête… En haut de fourchette de poids pour la 25 (97 kg pour un de PTV max de 100 kg). Je n’ai rencontré aucun problème de vitesse.

Une fois en l’air, l’adaptation est quasi-immédiate. On sent une aile ferme, rapide qui met en confiance. Pas de « code » particulier. Les virages sont sains, fermes, le débattement à la commande est progressif et assez faible. Les basse vitesses sont inutiles pour la voler. On peut rester dans un débattement haut, avec une certaine vitesse, son taux de chute et sa rentabilité sont meilleurs. En descendant les mains, la vitesse diminue franchement et l‘effort aux commandes reste quasiment le même. L’alerte pré-bascule de décrochage ne sera donnée qu’avec cette impression de vitesse nulle, les mains entre les maillons et les hanches…Ceci dit, inutile de descendre les mains jusque-là pour piloter, on aura tout ce qu’on lui demande bien avant !

Côté accélération, c’est soft, cool, on se retrouve à fond de barreau sans fatigue et elle envoie ! A l’œil, la trajectoire ne change quasiment pas en air calme. Le barreau est ludique et peut être utilisé sans modération. A noter un léger roulis inverse sans action sur la sellette. Bien chargée, elle accuse des mouvements de roulis en cas de contre-temps ou de sur-pilotage mais qui s’arrêtent assez vite en reprenant le bon tempo. En tangage, de bonnes abattées en laissant faire, mais rien d’extraordinaire. Je rappelle que c’est une aile destinée toutefois à des pilotes assez expérimentés, donc…

Chose époustouflante, en pilotant la voile ADVANCE Iota 2, et depuis toutes ces années, je constate que l’estampille ADVANCE est bien là. Figurez-vous que je me suis souvenu de mon premier vol avec la première Sigma à Aspres. Cette petite révolution dans le virage, avec un parapente qui tournait vite et bras haut, et vivace (bon, arrête de rabâcher Papi…). Bref, l’identité de la marque est toujours là, et pour autant cette Iota 2 assure sa propre personnalité par la confiance qu’elle inspire aux premiers ressentis.

Accélérateur facile à tirer même à la main !

Descente rapide

Pour les oreilles, une ligne spéciale, dosable en fonction de ce que vous voudrez. Dans certaines conditions, elles flappent et c’est souvent un peu désagréable à « l’oreille ». Avec les B3, c’est un peu plus efficace et moins bruyant. Les B sont parfaits. En 360, elle s’incline progressivement mais rapidement. Elle est intuitive et comprend tout le dosage que vous y mettrez, à l’inverse d’autres ailes B+ parfois surprenantes, trop vives ou qui surprennent par leur aspect « surréactif » lors des premiers vols.

Je n’ai rien noté de particulier avec oreilles+3.6. Elle accepte relativement bien toutes les formes de descentes rapides. Accélérateur, élévateurs lâchés, j’ai testé la frontale qui est quasi-impossible à réaliser… La tension sur les A est énorme et le bord d’attaque reste très solide.

Accélérée, les C-handle sont souples et un dispositif reliant B et C permet également d’abaisser les B, aidant à conserver de bonnes performances, y compris accéléré à fond.

En sortie de 3.6 engagé, la chandelle est impressionnante mais très gérable avec une bonne tempo… De quoi s’amuser.

Vol thermique et dynamique avec la voile ADVANCE Iota 2

L’aile réagit quasi instantanément, c’est un vrai plaisir. Un nouveau feeling et de bonnes performances.

Comme explicité plus haut : pas de gros thermiques ni de grosse turbulences : fin novembre oblige. En revanche, j’ai pu rester des dizaines de minutes dans de très petites conditions. Elle accroche. Elle tourne, reste dedans, c’est intuitif. On ne s’en lasse pas. J’ai toutefois un pressentiment sur l’importance du bon choix de taille, car un peu chargé, j’accuse parfois un roulis important quand je remonte la main intérieure un peu rapidement, d’où l’abattée suivante pas très rentable.  Malgré cela, et par rapport à d’autres ailes, je sens encore un nouveau feeling et de bonnes performances. Je suis monté aux barbules dans une bonne journée thermo-dynamique et je me suis régalé. Rien qu’en pivotant les mains autour des sanglettes de freins, l’aile réagit quasi instantanément, c’est un vrai plaisir. Et pour le vent rencontré ce jour-là, même sans grosse aérologie, mon expérience et mon ressenti me laisse à penser d’une aile tout de même solide en turbulences. L’action à la sellette est tout de suite efficace et la rentabilité est d’entrée présente. Un argument de plus pour monter vite et se rendre ailleurs plus rapidement…

Atterrissage

Aile rapide, il faut rester en contact pour adopter un comportement plus réactif en cas de turbulences.

Que dire pour des pilotes à qui est destinée l’aile ? Sant vent, elle allonge. La précision n’est pas son point fort, à moins de jouer avec le flare qu’elle génère. On peut jouer avec sur toutes les approches. Attention si vous accélérez à fond jusqu’à de faibles altitudes avec du vent, ça ressource fort quand on lâche le barreau. La ressource est tout simplement énorme en cas d’arrondi trop tôt, donc prudence. En cas de turbulence, je conseille quand même un peu de tenue en finale. C’est une aile rapide, donc être en contact fera adopter un comportement plus réactif en cas de turbulences.

Attention aux claquements du bord d’attaque au sol : INTERDIT au risque d’endommager votre beau jouet !

Tant qu’on y est, un petit point de détail concernant toutes ces ailes modernes : la pression interne est énorme en bord d’attaque. Tous les constructeurs déconseillent fortement l’exposition du bord d’attaque à haute vitesse sur le sol (demi-tour violent de l’aile en cas de mauvais contrôle). Prenez vos précautions pour que cela ne vous arrive pas, au risque d’endommager partiellement ou totalement l’architecture interne. Donc attention avec vos nouveaux jouets quand vous travaillez au sol !

Conclusion

Son intuitivité, sa réactivité, ses performances, sa mise en confiance vont engendrer des équipages gagnants. Un pilotage exigeant mais pas stressant.

Un petit « gun » très sympa qui risque de faire parler de lui. Je conseille la voile ADVANCE Iota 2 en 3ème aile, voire deuxième pour des pilotes qui ont un peu de feeling. Son intuitivité, sa réactivité, ses performances, sa mise en confiance vont engendrer des équipages gagnants pour ce printemps en tout cas. Même si tout cela reste à confirmer dans de pures conditions thermiques, pour les vols de distance, mon expérience et mon ressenti me forcent à penser qu’il y a quelque chose de nouveau dans ce genre d’ailes. Je pense qu’elle nécessitera un pilotage exigeant (comme toutes les ailes de ce segment), mais pas stressant. La plage de vitesse est très grande. Lorsqu’il sera vérifié qu’elle est exploitable sereinement partout, ce qui me le laisse à penser, avec ses premières impressions, le mouton à cinq pattes ne sera certainement plus très loin ! Advance signera alors certainement là, un contrat de plus sur un nouveau modèle légendaire…

Rendez-vous ce printemps… En tout cas, et, pour sûr, elle devra pencher dans la balance pour les pilotes qui ciblent ce segment. La voile ADVANCE Iota 2 sera disponible en livraison dès le mois de janvier 2018.

Les plus

  • Performances
  • Maniabilité
  • Vitesse
  • Inituitivité
  • Rentabilité en virage

Les moins

  • Stabilité oreilles
  • Décollage par vent fort minutieux
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Vidéo d’essais de la voile ADVANCE Iota 2 avec commentaires du testeur

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