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Quand est-ce que ça vole ? Guide d’utilisation de Paraglidable.com

Quand est-ce que ça vole ? Guide d’utilisation de Paraglidable.com

Antoine Méler, 35 ans, habite à Chapareillan sur la frontière Savoie/Isère. Il pratique le parapente depuis 2011 ainsi que la chute libre et le bases jump. Il a fait une école d’ingénieur en informatique à Grenoble, puis une année de master et une thèse à l’INRIA à Montbonnot. Après sa thèse, il a travaillé en Savoie dans une petite boîte spécialisée dans la réalité virtuelle, Kolor-GoPro. Il y a travaillé  jusqu’à la fermeture du site savoyard qui a fermé pour raisons économiques. A la même période, il se blesse à la cheville sur un mauvais atterrissage. Cela lui a laissé du temps pour commencer un projet qu’il avait en tête depuis quelques années, celui d’une application météo capable de suggérer des potentialités de vol en comparant les prévisions météo avec toutes les expériences de vol déjà archivées.

Paraglidable.com est donc un site de prévisions météo de vol libre d’un nouveau genre capable de fournir un résumé hyper synthétique des probabilités de « volabilité » et de « cross ». Cette application utilise des algorithmes « d’intelligence artificielle » qui vont interpréter les prévisions météorologiques en provenance de multiples sources et les comparer à une base de données historiques de vols couvrant 10 années (~ 2 000 000 vols).

Présentation de l’application Paraglidable.com

NOUVEAU

Aujourd’hui, il est possible de connaître la probabilité de vol à partir d’un décollage

En cliquant sur un décollage, vous obtiendrez les probabilités de vols (en pourcentage).

Antoine a réalisé un nouveau réseau de neurones qui est beaucoup plus avancé que l’ancien et il contient quelques « neurones » qui sont associés à chaque décollage et qui apprennent les spécificités de chaque décollage.

Paraglidable.com utilise le « deep learning » (apprentissage en profondeur) pour analyser les prévisions des différents modèles météorologiques (environ 200 paramètres météorologiques chaque jour) en les croisant avec  les « ground truth data » (traces de vol) qui sont elles-même croisées avec des archives météorologiques.

Comme toute application d’intelligence artificielle, son réseau de neurones « apprend » et « développe » la corrélation entre les conditions météorologiques et les données des vols déclarés (nombre, distance, vario max, altitude max, etc.). On peut espérer qu’avec le temps, les résultats seront de plus en plus pertinents. Mais reste un problème : la fiabilité des prévisions météo…

Parglidable.com ne parle pas de vitesse/direction du vent, de couverture nuageuse, de pluie… mais uniquement des conséquences de ces paramètres sur le vol en parapente. Antoine est  en train de travailler à des explications plus précises et transparentes de la méthode employée (ce sont les liens marqués « (soon) ») dans le menu et de la précision obtenue. Il souhaite que le site soit aussi un exemple pédagogique pour comprendre la technologie utilisée qui est en train de s’imposer dans de nombreux domaines. Explications…

Les explications du concepteur Antoine

L’intelligence artificielle a révolutionné le domaine dans lequel je travaille, la vision par ordinateur. Grâce à elle, on peut transformer n’importe quelle base de données en une fonction mathématique capable de prédire les futures données et ça peut s’appliquer à tous les domaines.
Alors, les bases de vols librement accessibles telles que la CFD donnent des idées. D’ailleurs, il y aurait beaucoup d’autres applications possibles que celle que j’ai faite !
Pour faire Paraglidable.com, j’ai utilisé les vols déclarés dans ces bases ainsi que des données météorologiques historiques, notamment le model GFS calculé par la NOAA ainsi que des données de l’ECMWF.
A partir de ces données, j’ai utilisé des techniques d’IA (intelligence artificielle) pour construire ma fonction capable de prédire le nombre et les caractéristiques des vols qui auront lieu à partir des prévisions météo.

La difficulté, dimensionner correctement la « taille de sa fonction »

Toute la difficulté, quand on utilise cette technologie, c’est de dimensionner correctement la « taille de sa fonction » par rapport à la quantité de données dont on dispose. Par exemple, en théorie, si tous les vols étaient déclarés et qu’on disposait de 500 années d’historique, les possibilités seraient énormes.
Avec les mêmes prévisions météo, on pourrait construire une « très grosse fonction » (une fonction avec beaucoup de paramètres) qui serait capable de corriger les défauts du modèle météo et faire le passage du niveau météorologique au niveau aérologique très local dans le temps et l’espace. Il en résulterait, par exemple, des prévisions de la vitesse des thermiques et de la hauteur du plafond très précises pour chaque heure de la journée.
Mais, malheureusement, la quantité de données disponibles est plus limitée que cela, alors on ne peut pas utiliser une fonction trop « grosse » et les résultats sont très dépendants de la qualité des prévisions météo utilisées. Mais si le nombre d’utilisateurs devient assez important, je pourrai ajouter un système de feedback qui augmentera le nombre de données et améliorera les futures prévisions. Je pourrais aussi éventuellement considérer l’achat de données météo payantes.

Paraglidable.com est très différent des autres sites de prévisions météo

C’est un parti pris et je suis conscient que ça ne conviendra pas à tout le monde. On y parle pas de vitesse/direction du vent, de couverture nuageuse, de pluie… mais uniquement des conséquences de ces paramètres sur le vol en parapente.
Quand on va sur un site classique, on va typiquement visualiser ces paramètres un à un puis en tirer des conclusions soit même. Cela prend un certain temps…

Sur Paraglidable.com, ce sont ces conclusions qui sont directement affichées.

Paradoxalement, c’est difficile pour moi de savoir et d’afficher quels sont les paramètres météo qui ont mené à la conclusion donnée par le site car l’IA tient compte de l’ensemble des paramètres et ses conclusions sont toujours dûes à une combinaison de ceux-ci. C’est le principal inconvénient de l’approche et une des raisons pour laquelle le site ne donne pas d’explications ou très imprécises.
Au-delà du côté pratique et rapide d’avoir directement la réponse à la question « est-ce que je peux voler ? », en tenant compte de beaucoup plus de paramètres qu’on ne le fait quand on consulte un site de prévisions, Paraglidable.com est capable d’annoncer la présence de thermiques exploitables.

Comment interpréter l’interface de Paraglidable.com ?

L’interface du site Paraglidable.com peut encore évoluer mais, aujourd’hui, toutes les valeurs affichées sont directement dérivées d’une probabilité qu’un vol soit déclaré sachant les prévisions météo et en supposant que l’endroit possède une certaine population de parapentistes.
Ainsi, par exemple, « Can I do XC? » est la probabilité qu’un vol de plus de 60 points soit déclaré.

Les indicateurs rouges qui descendent parfois en dessous de la légende sont à voir comme des warnings.
Si « Wind » apparaît par exemple, cela signifie que la probabilité qu’un vol soit déclaré, sachant uniquement les paramètres météo liés au vent, est inférieure à 50%. Autrement dit, le vent empêchera probablement de voler.
De même, « Precipitations », « Morning », Evening » signifie qu’en ne considérant que ces paramètres (la pluie, les prévisions pour le matin, les prévision pour le soir), l’IA conclut qu’il ne devrait pas être possible de voler.
Bientôt un indicateur de hauteur de plafond sera ajouté.

Aucune règle n’est codée à la main et rien ne repose sur mon expertise, tout est inféré automatiquement d’après les données du passé.

L’API Key permet d’intégrer les prévisions calculées par Paraglidable.com gratuitement sur son site internet ou dans sa propre application mobile par exemple. C’est une façon d’obtenir les prévisions pour jusqu’à 10 spots par clé dans un format facilement interprétable (JSON ou XML). Cela s’adresse à des codeurs ou des bidouilleurs.

Exemple

Sur cet exemple, la « volabilité » est de 62%, ce qui signifie grossièrement que dans le passé, 62% des journées de ce type ont été volées.
Alors, il y aura probablement des petits créneaux volables pour celui qui le souhaite absolument, mais les warnings « Wind », « Evening », « Morning » et « Precipitations » invitent quand même à la prudence quant aux conditions météo, surtout au vent, sur l’ensemble de la journée.

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Portrait d’Antoine Méler

Antoine Méler vient de la région parisienne mais il est descendu à Grenoble pour faire ses études. Après sa thèse, il a travaillé en Savoie dans une petite boîte spécialisée dans la réalité virtuelle, Kolor, devenue Kolor-GoPro après le rachat par GoPro. Il a travaillé pour GoPro jusqu’à la fermeture du site savoyard, il y a quelques mois, pour raisons économiques.

Antoine a commencé le parapente pendant sa thèse, au printemps 2011, enchaînant 3 stages chez Prévol à Saint-Hilaire-du-Touvet. Il avait commencé la chute libre un peu avant et apprécié la partie « sous voile », ce qui lui a donné envie d’essayer le parapente.

Mon niveau n’est pas aussi élevé qu’il pourrait l’être pour quelqu’un qui vole depuis bientôt 8 ans. C’est parce que j’ai pratiqué le parapente comme un loisir plaisir, sans aucune intention de passer des brevets ou faire de la compétition. Je pense qu’on peut dire que je suis un parapentiste du dimanche. Je vole avec une voile B et je suis loin d’en avoir fait le tour. J’ai fait récemment 2 stages de deltaplane pour découvrir la discipline sans avoir l’intention de m’y mettre.

Qu’apprécies-tu le plus dans le parapente ?

Ce que j’aime par-dessus tout dans le parapente c’est l’extrême liberté qu’on a pour pratiquer en France. Tout le contraire de la chute libre ! C’est ça que je recherche avant tout et c’est pourquoi je vole beaucoup seul, en faisant une randonnée. Du coup, je suis un parfait inconnu dans le milieu et ça me va bien.

Quel est ton matériel et ton niveau ?

Ozone Swift 4 pour la voile et Supair Strike pour la sellette. Je ne saurais pas dire combien d’heures ou de vols j’ai fait mais j’ai dû faire en moyenne un vol par semaine ces dernières années. Et beaucoup plus que ça pendant mes premières années de pratique.

Quelles pratiques préfères-tu ?

Je préfère de loin le hike and fly car j’aime la rando et je suis équipé en matériel léger. J’aime particulièrement décoller de la Dent de Crolles, du sommet d’Allevard, du Grand Replomb ou de sommets dans les Bauges. J’essaye de partir en cross quand c’est possible, par contre je suis vraiment débutant en acro. J’aimerais voler dans les paysages extraordinaires de Chamonix et des Dolomites ainsi qu’essayer le vol de plaine au moins une fois. Mais je n’ai pas de grandes ambitions, simplement continuer à me faire plaisir avant tout !

Quels sont tes rêves ?

Aujourd’hui, mes rêves les plus fous sont plutôt du côté du base-jump que je pratique aussi. Mais j’ai quand même envie d’aller voler dans de nouveaux paysages.

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ROCK THE OUTDOOR, la culture parapente

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