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Attention aux passagers qui cherchent à s’agripper au décollage !

Attention aux passagers qui cherchent à s’agripper au décollage !

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Yann Martail a vécu une mauvaise expérience avec une passagère qui pratique l’escalade et qui a cherché à s’agripper au moment du décollage, sa main tirant malencontreusement la poignée du secours. Bravo Yann pour cette bonne gestion rapide de l’incident !

Prenez le temps de lire le débriefing de Yann ainsi que les conseils de Jérôme Canaud.

Le debriefing de Yann

La passagère, naturellement, avait été briefée avant (hors vidéo) : tenir la caméra à deux mains, regard fixé sur un point lointain et bien résister vers l’avant… Mais je me suis fait piéger par son attitude décontractée avant la mise en mouvement, puis par sa motricité finalement assez peu organisée.

Au niveau technique (facteur aggravant), j’ai légèrement sous-estimé la puissance des rafales, ce qui aurait pu me conduire à légèrement détrimer pour aider la voile à monter et donc racourcir le temps de gonflage-stabilisation. La passagère aurait eu moins de temps à patienter sans comprendre ce qui se passe.

Se renseigner sur les activités sportives des passagers

Les conditionnements moteurs liés à une pratique sportive intense (ici la passagère pratique l’escalade), jouent un grand rôle dans les réactions en cas de stress. J’en tenais compte déjà jusqu’à présent pour les footballeurs, les rugbymen et les coureurs par exemple, à qui je demande de ne pas donner trop d’énergie dans leur course… Maintenant, j’aurai aussi un schéma spécifique pour les grimpeurs !

Pour ce qui est de donner les sangles de la sellette à tenir, je pense que cela doit être adapté à chacun, car certains n’auront aucun tonus au niveau des jambes et s’assieront si on leur fournit quelque chose à tenir (mais pour le cas présent, cela n’aurait pas joué car le tonus est excellent et le conditionnement favorable à une motricité des 4 membres).

Faire tenir la perche de la caméra au passager ?

La caméra ne fournit pas d’appui… Elle occupe les mains… et c’était justement l’effet recherché. Evidement, çà aussi je l’adapte à chacun, certains ne me semblant pas avoir les ressources (tonus, dissociation) pour tenir un objet au décollage (enfants, personnes agées, passagers très stressés, handicap mental léger etc…).

Voilà quelques éléments de réflexion. Cela mériterait une étude psychomotrice en soi !

Yann Martail

horizontal break

Analyse et conseils de Jérôme Canaud

Merci Yann pour publier cette vidéo, il n’y a rien de facile de s’exposer et de montrer quand il y a un incident. En tout cas, cela permet de comprendre et d’éviter des situations semblables.
En tout cas, bravo , Yann reste très calme quand il comprend que son parachute s’ouvre et ces gestes sont justes.
Le facteur aérologie (brise montante installée) et pente forte ont grandement favorisé l’arrivée au sol sous le secours (faible taux de chute) et posé très tôt dans la pente. Tant mieux.

En ayant regardé plusieurs fois, lu ton débriefing et écouter ton commentaire dans l’action, je me permets d’apporter quelques remarques en lien avec mon expérience personnelle.
Il m’est arrivé ce type d’incident : décollage twisté en BI (le passager tourne du mauvais coté) et vol en marche arrière avec repose derrière le décollage sans bobo.

1) Le contexte dont il faut se méfier en BI sur un décollage :
– passager léger,
– au décollage,
– pas d’assistance,
– décollage avec de la pente.

2) Le briefing passager avant de décoller
Un briefing oral, avec de l’expérience est très juste, les mots choisis, succinct, clair… DONC le passager ne peut être que d’accord et avoir une compréhension que INTELLECTUELLE de ce briefing et le pilote est rassuré que le passager a bien compris. L’erreur est de penser qu’il va passer de la compréhension intellectuelle à la pratique !
Le passager peut aussi dire OUI mais il a la tête ailleurs. Lui faire reverbaliser ce qu’il a compris est souvent intéressant car on s’aperçoit alors qu’il n’a rien retenu des points essentiels.

Pour permettre ce passage, il faut passer par une simulation pratique pour faire vivre au passager ce qu’il va RESSENTIR et devoir faire (action).
Concrètement,
– si je suis dans le contexte du point “1)”, je tiens le passager par les maillons en étant derrière lui et je le fais avancer en simulant moi une résistance correspondant au gonflage de la voile (d’abord derrière puis vers le haut).
Sur les images, on voit qu’à aucun moment la passagère ne résiste
– je lui dis aussi de ne pas faire confiance à ses sensations mais de faire ce que je lui dis rien d’autre.
– mon briefing est quasiment inexistant maintenant, j’ai remarqué que ça ne servait pas à grand chose. Un long briefing (attente) a plutôt tendance à stresser qu’à rassurer. Il faut mettre les personnes dans l’action pour qu’il ne stresse pas. Mon briefing ressemble à ” à 3 tu marches, résiste et reste debout, regarde loin, ensuite je te dirai de courir” et cela sur un décollage peu pentu et peu venté ! Sur un décollage venté et pentu plutôt “à 3 résiste en te déséquilibrant en avant quitte à reculer, regarde loin, reste debout”.
Donc tout le boulot se repose sur la gestuelle du pilote .

3) Adaptations
Je n’hésite pas non plus avec les enfants, les passagers légers, lourds à demander une assistance extérieure pour le confort, à gonfler dos voile plutôt que face voile,…
Oui faire tenir la caméra ou les bretelles peut être une astuce.

ROCK THE OUTDOOR, la culture parapente

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