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Parachute de secours parapente : ce qu’il faut savoir pour bien le lancer

Parachute de secours parapente : ce qu’il faut savoir pour bien le lancer

On peut présenter cet article, comme une fiche qui recueille les informations essentielles à connaître à propos de l‘ouverture du parachute de secours parapente, un équipement que beaucoup ont tendance à « oublier » une fois qu’il est rangé dans le tiroir … de la sellette. Sauf une fois par an quand ils décident de le replier (hormis le contrôle des aiguilles à chaque prévol ou déco raté).

Relisez le manuel d’utilisation de votre parachute de secours parapente, sortez la sellette du garage et suspendez-la, asseyez-vous confortablement et observez… Contrôler la longueur de la sangle de liaison. Essayez d’attrapper la poignée les yeux fermés. Travaillez la gestuelle recommandée pour votre sellette et répétez le mouvement (comme dans tous les sports afin que le geste devienne un automatisme). Et prenez la résolution de faire la poignée témoin dès que des occasions se présenteront en l’air.

AVANT PROPOS : acquérir le geste réflexe d’ouverture du secours

Nous savons tous qu’il est indispensable de faire l’exercice de la poignée témoin mais qui fait cet entrainement en vol régulièrement ?

Pour notre sécurité, nous nous efforçons d’améliorer nos connaisssances et compétences en aérologie, météo, manipulation au sol, pilotage…. Mais, qu’en est-il du « savoir-faire secours » ?

En avion, avant le décollage,  le personnel de bord présente les consignes de secours, une démonstration qui a pour effet d’accentuer le sentiment d’insécurité du vol en avion, alors que c’est le moyen de transport le plus sûr ! Le fait de « penser au secours » provoque-t’il le même effet dans notre inconscient ? Un bon nombre de pilotes se protège dans le « déni-secours », se persuadant que « le déploiement du secours, c’est plutôt aux autres que ça arrive« . Pourtant, ce n’est pas faute de connaître des exemples autour de nous.

Le parachute de secours parapente, un équipement secondaire ?

Non, c’est une affaire très sérieuse puisqu’il en va de notre vie. Les professionnels sont là pour nous conseiller (secours adapté, pliage, installation, gestuelle) et pour nous rappeller que l’exercice de la poignée témoin est capital. Quand vous faites du tennis, ne répétez-vous pas vos mouvements afin qu’ils soient parfaits et deviennent automatiques. La balle arrive très vite, un geste imprécis et elle part dans le filet…

Si nous avons le sentiment de bien maîtriser le seul geste technique de notre sport, ne serions-nous pas plus en confiance en vol ? Alors, intégrons le secours comme un élément primordial pour notre sécurité. Prenons de bonnes résolutions en participant à des sessions spécifiques en école ou en club (siv, pilotage, tyrolienne, journée pliage). Et commençons déjà en parcourant avec attention ces recommandations d’Hervé Gabet.

René

En guise d’introduction, une vidéo de Plaine Altitude sur divers scénarios d’ouverture du secours et de neutralisation de la voile.

40 ouvertures de parachute de secours parapente en milieu sécurisé

SOMMAIRE

A) Quand ouvrir son parachute de secours ?

B) L’extraction du parachute de secours

  1. Attrapper la poignée
  2. Dégrapher la poignée
  3. Ouvrir le container
  4. Extraire le parachute
  5. Lancer le parachute

C) Le parachute de secours, une fois ouvert

  1. Neutraliser la voile
  2. Atterrir le mieux possible

D) Comment neutraliser le parachute de secours au sol ?

Liens intéressants

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A- Quand ouvrir son parachute de secours parapente ?

La prise de décision doit être rapide et justifiée donc avec grande lucidité en fonction de tous les éléments extérieurs.

Voici les principales raisons qui vous amèneront à prendre cette décision :
– une collision ou un accrochage avec un autre parapente,
– une rupture de matériel (suspentes en général),
– un incident de vol irréversible (tours de twists, autorotation par exemple),
– une rotation près du sol difficile à résorber,
– ou… quand on ne comprend plus ce qu’il se passe, d’où cette expression « contractée » lancée par la FFVL : « plus d’un tour, secours » qu’on peut élargir « si c’est parti fort et que, au bout d’un tour, je ne sais toujours pas quoi faire et ne comprends pas bien ce qu’il se passe, je tire le secours » – dixit Hervé Gabet de Plaine Altitude.

Conseils FFVL : Quand faire secours et comment ?

Découvrez la vidéo traitant les sujets :
– Pour attraper le parchute de secours parapente, prenez des repères en longeant votre corps et la sellette
– Comment échapper aux effets de la force centrifuge ?

B- L’extraction du parachute de secours parapente

Chaque sellette étant différente, il est primordial de connaître parfaitement le fonctionnement de votre parchute de secours parapente.

Lisez le manuel de votre sellette, observez le sens d’extraction logique de la poignée et entrainez-vous chez vous ou au portique pour bien comprendre la gestuelle à adopter.

Laurent Van Hille de l’école Les Choucas a collecté l’ensemble des manuels ici

Les 3 types d’emplacements connus de la poche secours et la position habituelle de la poignée.

Illustration extraite du Manuel FFVL “Le parachute de secours en vol libre” réalisé par PP Menegoz

Etre sûr de l’extraction du parachute de secours parapente

Découvrez la vidéo traitant les sujets :
– Choisir un secours en adéquation avec sa sellette et son aile
– Etre sûr à 100% que son secours va fonctionner
– S’entraîner à l’extraction de votre secours sur tyrolienne !
– Faire réviser ou aérer son secours une fois par an

1- Attraper la poignée

Attraper (et non trouver) la poignée… le temps pour « trouver » la poignée est souvent trop long. En travaillant le geste technique pour qu’il devienne réflexe, vous gagnerez un temps précieux pour attraper votre poignée.

Comme faire secours se fait parfois dans des positions inconfortables, entraînez-vous à la « poignée témoin » (gestuelle vers la poignée) dès que des occasions en vol se présentent : lâchez votre commande et faîtes cheminer votre main en logeant le corps jusqu’à rejoindre la poignée et répétez ce geste pour l’inscrire dans votre mémoire. En longeant la main le long du corps, vous serez d’autre part moins sujet à la force d’accélération en cas de rotation accélérée.

2- Dégrafer la poignée

Toutes les sellettes ont une ergonomie différente et l’emplacement de la poignée varie selon le modèle (dorsal, sous-cutal ou ventral). Lisez votre manuel et observez avec attention votre système pour bien comprendre le fonctionnement, ce qui vous permettra de construire un geste précis pour un dégrafage optimal.

Attention aux velcros qui deviennent résistants si ils sont restés trop longtemps en place.

3- Ouverture du container

Le container est maintenu fermé par une ou deux aiguilles ou joncs. Pour l’ouvrir, il faut exercer une traction dans une direction bien précise. En général, c’est dans la même direction que celle pour dégrafer la poignée. C’est plutôt après avoir sorti le secours que la direction peut être différente.

4- Extraire le parachute

La gestuelle n’est pas la même en fonction de la sellette (poche sous-cutale, dorsale ou ventrale). Il convient de se référer à la notice de chaque sellette.

Pour les sellettes avec secours en sous-cutal (poche « tiroir » sous l’asssise), l’extraction à la poignée se fait plutôt vers le haut et vers l’extérieur (la poignée est fixée sur le POD pour qu’une traction vers le haut expulse le pod sur le côté).

Quand il est placé en dorsal (au dos de la sellette), le container s’ouvre en pétales. Pour cette configuration, c’est un mouvement avec plus d’ampleur qui est nécessaire (la distance poignée/pod est longue), il faut donc tirer plutôt vers l’avant et l’extérieur.

Pour la position en ventrale, la sortie du pod et le lancer peuvent se faire en 1 même geste . Dans le cas où les élévateurs du secours ventral sont fixés au niveau des maillons principaux, ce geste peut se faire soit à droite soit à gauche.

Il est important de maîtriser parfaitement ces 4 étapes et, comme chaque sellette est différente, d’adapter son geste en respectant les consignes indiquées par le constructeur.

5- Lancer le secours

Le plus important est que le parachute puisse s’éloigner du pilote et de la voile principale. Donc suivant les configurations (type d’incidents), le pilote lance le secours vers un espace libre.

En outre, dans une configuration de rotation, c’est à dire avec beaucoup de vitesse, lâcher le secours peut être suffisant, il ira dans la bonne direction. C’est lors d’un SIV que vous pourrez apprendre comment le jeter en fonction du type de rotation (spirale ou autorotation).

Remarque à propos du ventral

Attention à la non visibilité des sangles cuissardes lors de la prévol (fermées ou pas)

Fonctionnement du parachute avec K2 Parapente (école SIV)

Quelques recommandations

Prenez un parachute homologué adapté à votre poids
Les taux de chute et la stabilité des parachutes de secours ont énormément progressé. Ne soyez pas en haut de la fourchette de poids. Si, pour des raisons de budget, vous devez faire un choix, favorisez la surface plutôt que le poids.

Repliez votre parachute régulièrement
Repliez ou faites replier votre parachute régulièrement (au moins une fois par an).

L’objectif de replier son parachute est surtout pour que le pilote se l’approprie, n’ai pas peur de son secours. Plus tu le plies , plus tu sais le plier et tu peux le faire n’importe où rapidemment. Les problèmes d’ouverture secours viennent rarement du non pliage régulier, ils viennent du montage général dans la sellette. Un pilote autonome est un pilote qui peut plier son secours dans l’herbe et en 15 minutes (même sans élastique, avec lovage en 8 des suspentes du secours). – Jérôme Canaud

Très important : attention à la bonne longueur de suspentes hors du pod

Une trop grande longueur vous empêchera de sortir le secours de sa poche (cause longueur des bras insuffisant). La bonne longueur est celle qui permet de pouvoir sortir le secours et de le poser sur ses genoux sans que cela tire sur la libération du pod (exemple : en cas d’ouverture intempestive en sortie de déco en le posant sur les genoux pour éviter l’ouverture du pod).

Pour un dorsal ou sous-cutal, il faut environ 80 cm. Pour un ventral, on peut en laisser un peu moins. D’autre part, cette longueur sert aussi et surtout à avoir la possibilité de lancer le pod plus efficacement.

Entraînez-vous !
– Faites des essais sur portique pour maîtriser votre matériel.
– Vivez l’expérience en milieu sécurisé avec un encadrement au moins une fois pour démystifier le déploiement du secours. Que ce soit sur trajectoire stabilisée ou sur incident, l’expérience sera très enrichissante.
– Exécutez la poignée témoin en vol
– Particpez à des essais d’ouvertures de votre parachute de secous parapente sur tyrolienne

C- Le parachute de secours une fois ouvert

Comparatif de différents comportements et taux de chute d’un parachute de secours parapente en fonction de la charge alaire et de l’intervention du pilote

Neutraliser la voile

Aussitôt le secours déployé, il faut neutraliser la voile au plus vite pour éviter l’effet miroir – voir vidéo). Plus on agit vite et plus c’est facile !

Plusieurs méthodes existent. En voici 2 :
– Tirer symétriquement sur les élévateurs B, C, ou D selon la voile. Cette technique sera efficace si vous êtes précis, bien symétrique et que vous avez des gestes de bonne amplitude. Les D ne fonctionnent pas toujours et demandent beaucoup de contrôle (technique aisé pour ceux qui ont l’habitude comme les pilotes acros).
– Faire des tours de freins rapides (entre 7 et 10 tours) puis en ramener les mains à la poitrine. Cette technique proposée par des instructeurs SIV aux pilotes non avertis marche à tous les coups.

Atterrir le mieux possible

– Dans un champ
Debout, pieds joints, genoux serrés mais très légèrement fléchis, mains à la poitrine, coudes serrés et préparez-vous à atterrir comme si vous sautiez d’un mur de 2 mètres. Votre protection sous-cutale sera certainement utile.

– Dans les arbres
Position de sécurité, pieds joints, genoux serrés légèrement fléchis, les bras croisés avec les mains sous les aisselles (pour la protection des artères selon expérience des parachutistes militaires).

– Dans l’eau
En SIV, rien à faire, attendre le bateau de récupération. Si, à cause votre sellette, vous avez la tête sous l’eau, essayez de vous placer de côté pour respirer. En mer ou en rivière, il faut se sépaer de la sellette très rapidement (voir article ammerrissage).

D- Comment neutraliser le parachute de secours parapente au sol ?

Découvrez en images la méthode qui consiste à attraper le plus rapidement possible la ligne centrale (appelée pull down apex) qui rejoint l’apex (trou central de la coupole) et à la tirer franchement vers soi. Cette action sur l’apex creuse le centre de la voile et la dégonfle rapidement.

Cette technique est efficace mais tirer l’APEX est assez physique comparé à tirer une seule suspente, celle la plus près du sol. Dans les 2 cas, le pilote devra tirer d’abord sur les élévateurs pour atteindre les suspentes.

Sources

rédaction : libre adaptation inspirée d’une publication d’Hervé Gabet « Parachute de secours, mieux comprendre » – Conseil rédaction : Jérôme Canaud – Vidéos : Plaine Altitude

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“Le parachute de secours en vol libre”, la bible de P-P Menegoz

Mauvais montage

Vers une extraction du secours adaptée aux réflexes de tous

Le parachute de secours, c’est le dernier recours, la fin d’un enchaînement d’événements stressants. Lorsqu’on arrive à cette étape, les secondes comptent ! D’où l’importance que le lancer du secours soit le plus efficace possible. L’étude de Matt Wilkes révèle des faiblesses sur le matériel mais aussi sur l’aspect humain !

Découvrez la vidéo et la synthèse de son étude

Il s’acharne à défaire une cravate en restant en autorotation

En autorotation, le pilote ne fait absolument rien d’efficace pendant 3 minutes alors qu’il aurait dû ouvrir son secours depuis belle lurette. Heureusement pour lui qu’il avait du gaz pour se sortir de cette situation.

Découvrir l’article

ROCK THE OUTDOOR, la culture parapente

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