• Home
  • /PORTRAITS
  • /Zouhair fabrique lui même son parapente dans son village (Maroc)
Zouhair fabrique lui même son parapente dans son village (Maroc)

Zouhair fabrique lui même son parapente dans son village (Maroc)

Share Button

PUBLICITE

Zouhair fabrique sa première voile à partir de bric et de broc

Zõuhaïr Laaz, 20 ans, est en 3è année à la Faculté de géographie de Fès : “mes études me permettent aujourd’hui de comprendre de nombreuses choses sur la météo“. Sa ville natale, Boulemane (près de Fez), est située dans une région montagneuse où il aime pratiquer la pêche et grimper jusqu’en haut des sommets du massif de Titchouk : “comme je n’aime  pas descendre à pied, c’est pour cela que j’ai toujours rêvé de voler”.

Faute de moyens et très confiant, Zõuhaïr a décidé de fabriquer sa propre voile. Découvrez toutes les étapes de la fabrication de son “parachute artisanal”, les premiers essais sur la montagne au dessus de son village jusqu’au premier vol en vrai parapente depuis le sommet de sa montagne.

Zõuhaïr, y-avait il déjà des gens qui volaient autour de toi ?

Non, personne ne vole à côté de chez moi. J’ai commencé tout seul. Depuis ma petite enfance, j’aime l’aventure et la découverte, surtout pour le vol. C’est là que je me sens bien. Je suis dans mon monde. J’ai fabriqué mon parachute parce que je n’avais pas les moyens et je ne savais pas que le parapente existait au Maroc.

Où as-tu pris les informations pour contruire ton parachute ?

Je ne me suis basé ni sur un modèle existant ni sur des vidéos expliquant la fabrication d’une voile ! C’est juste par l’observation approfondie de photos et en lisant des articles sur le profil des ailes. J’ai essayé de reproduire la même chose.

Quels sont les matériaux que tu as utilisés et combien de temps pour le finir ?

J’ai commencé pendant l’été 2016 et il m’a fallu 1 an pour le fabriquer avec les moyens du bord. J’ai pratiquement tout récupéré dans les poubelles jusqu’aux suspentes ! Je me suis procuré du tissu de voiture mais j’ai aussi utilisé des morceaux de bâche, de tente, de parapluie et des cordelettes pour les suspentes (que j’ai tressées) et des plus grosses pour la sellette. J’ai commencé à faire les premiers gonflages pendant l’été 2017 mais j’avais de gros problèmes de calage. Chaque soir, je corrigeais les défauts pour essayer au plus vite avec les nouveaux réglages.

Tu n’as jamais eu de frayeur pendant les essais ?

Je n’ai jamais eu peur car ma motivation était plus forte que ma peur et tout le travail investi sur deux années me donnait beaucoup d’énergie.

Aujourd’hui, tu voles avec un parapente. Comment te l’es-tu procuré ?

Comme j’avais des problème de réglages de mes suspentes, j’ai réussi à contacter un parachutiste français qui travaille à Beni Mellal (Monsieur Pierre). Il ne pouvait pas me donner les bonnes longueurs mais il a montré ma vidéo à des parapentistes.
Val Mil, un français a vu et apprécié ma vidéo. Il m’a contacté et m’a donné une voile gradient 24m² /PTV 70-90 avec une sellette à Aglou. Il m’a donné cette voile qui est un peu trop grande pour moi.

As-tu suivi une formation depuis ?

Dans ma ville, Boulemane, c’est moi qui ai découvert des sites car personne ne vole ici. Depuis, j’ai fait une formation à Sidi Ifni et je connais des pilotes marocains devenus célèbres comme Aziz Elmasaid. C’est Marie Laure qui m’a contacté sur Facebook et qui m’a orienté vers le club d’Aguergour. J’ai appris qu’il y avait deux grands moniteurs français (Bruno et David de l’école parapente Barbule en Sud Ardèche) qui assuraient une formation biplace à Sidi Ifni.

Que te manque t-il pour progresser ?

Ce qui me manque pour mieux voler chez moi, c’est d’être encadré par de grands pilotes de montagnes pour mieux connaître l’aérologie en montagne et un bon matériel adapté à ma taille (je pèse 55kg et la voile que j’ai a un PTV de 70/90 kg) et un secours. Je suis un étudiant et je n’ai aucun moyen pour l’instant.

Que souhaites-tu aujourd’hui ?

Mon souhait serait de profiter encore de l’aide de mes nouveaux amis parapentistes dès que les occasions se présentent pour pouvoir voler en sécurité sur notre grande montagne “Tichoukte”. J’ai la chance de connaitre les deux grands moniteurs et les amis de Marie comme Carole qui m’ont tous promis de voler ensemble en automne.

Page Facebook de Zõuhaïr Laaz

Le premier vol de Zouhair en parapente

Premier vol en “vrai parapente” depuis le sommet de sa montagne, le Titchoukt

Cliquez sur une photo pour voir le diaporama

horizontal break

Interview de Zouhair par Bruno Couteaux

Bruno Couteaux de l’école parapente Barbule en Sud Ardèche se rend très souvent au Maroc depuis 1995 : “Zouhaïr nous a rejoint sur une formation que j’encadrais pour la FRMALS, plutot orienté biplace mais dans laquelle quelques pilotes débutant et progression étaient là. Zouhaïr a pu faire son premier vol guidé à Legzira. Il a maintenant une bonne gestuelle après avoir fait énormément de gonflage. Depuis il vole seul dans son coin, je reçois des images régulièrement“.

ROCK THE OUTDOOR, la culture parapente

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*