Test MCC Stelvia réalisé par notre testeur Nicolas Garcin (EN B+)

Test MCC Stelvia réalisé par notre testeur Nicolas Garcin (EN B+)

Conception simple mais efficace. Aile joueuse. Polyvalence multi-sites.

Le constructeur helvétique MCC AVIATION, un des pionniers des fabricants de parapente, peu distribué malheureusement sur notre territoire, s’est « associé » il y a maintenant quelques années avec la marque SKY Paragliders. La collaboration des 2 marques rend la R&D plus facile, centralise un outil de production qui mêle 2 savoir-faire exclusifs et des ateliers de SAV performants.

Les deux marques proposent cependant des modèles « uniques », aux innovations et finitions tout à fait exceptionnelles qui n’ont rien à envier aux marques les plus en vogue. La clientèle friande de produits « hors du commun » y verra la un bon argument au « craquage » à l’achat !

Vous devez parfois vous poser des questions sur l’objectivité des tests réalisés par les médias… En effet, les testeurs sont souvent très ravis par les voiles qu’ils testent. Apprenez à les lire et à dégager les spécificités de la voile testée. Aujourd’hui, il n’existe plus de mauvaises voiles !

Sur le site du fabricant, la nouvelle aile sport MCC Stelvia est résumée par ces  3 mots : Performance. Plaisir. Précision. Elle a été développée, selon MCC, « pour les pilotes de cross recherchant un feeling et une précision unique de pilotage » et  est annoncée comme « une voile de sport offrant de la stabilité et un toucher de voile unique ».

Découvrons à travers l’essai de Nicolas si ces caractéristiques sont bien réelles et si ses spécificités correspondent au type de voiles que vous recherchez… Les tests servent à vous guider, à réduire le choix des voiles EN B+ que vous devez essayer par vous-même… Votre voile doit être celle qui vous correspond, celle qui vous apportera un max de plaisirs.

Sellette ADVANCE Lightness3
Taille pour le test MCC Stelvia : L (PTV 90-115)
PTV de 103 Kg (milieu de fourchette)
Nicolas Garcin – Ecole Full Blue Sky – Laragne

La MCC STELVIA, modèle B+ de MCC comporte toutes les caractéristiques d’une conception moderne, stylée, et d’un confort de pilotage exceptionnel. Elle sort de ce fait des « sentiers battus », et des standards de pilotage classiques. Nicolas Garcin, notre testeur a trouvé là « une aile qui ne demande qu’à voler haut et loin avec pas mal d’atout dans son sac« .

horizontal break

Test MCC Stelvia par Nicolas Garcin

Description

Le look MCC ne change pas et vieillit peu. La voile MCC Stelvia est proposée en trois couleurs, fardées des grandes virgules blanche et noire recouvrant l’intrados et l’extrados. Côté matériaux, pas d’inquiétude : Skytex 32 Universal pour les parties exposées (intrados et extrtados) et Hard pour les nervures et diagonales. Shark Nose, pas de joncs croisés, les joncs de bord d’attaque sont d’une seule partie en extrados et intrados. Les nervures en bord d’attaque sont renforcées par un mylar et un galon robuste. Les joncs sont relativement décalés sur la nervure.

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Suspentage

Les suspentes hautes sont en Vectraline de Cousin, Liros, et Liros PPSL Gainées pour le bas. Un plus pour les décollages pas très « propres ». Par choix de construction, et depuis très longtemps, MCC utilise le Dyneema. Même si il est beaucoup moins facile à mettre en œuvre pour les unités de fabrication, c’est un matériau plus durable. C’est un choix de leur part, et certains y verront un frein dans le SAV… hors usine. Le Dyneema doit être mis en œuvre suivant des critères précis de coupe et d’étirement. Idem pour les contrôles du calage…

Le suspentage est fluide et l’architecture intérieure a permis un suspentage éparse avec une nervure sur 3, voire 4, suspentées en bord d’attaque. Les élévateurs (5 : 2A, 1B,1C,1D ), branches en 15 mm, sont bien conçus et bien finis. Ils sont repérés en « couture-couleur » et les drisses de freins sont supportées par poulie style Reyli sur des sanglettes assez lognues et confortables. A un petit détail près : la branche D étant très longue, et sans report couture, on fera attention aux « vrillages » éventuels et aux tours de freins intempestifs. L’aile étant normalement destinée à des pilotes qui savent faire une prévol correcte, je n’y apporterai pas plus d’importance…

Freinage

La poignée de frein est innovante car elle comporte un retour de sangle qui peut se prendre entre deux doigts, une fois qu’elle est prise en dragonne… ça c’est le top et sympa d’y avoir pensé. Les poulies d’accélérateur sont gainées néoprène et le speed-system est très bien pensé avec un bel « accastillage ». Côté bord de fuite, on regrettera les coutures apparentes des mini ribs sur l’extrados, alors que d’autres constructeurs commencent à les mettre en interne… Question de choix de construction.

Les pattes de freinage sont reprises à travers le passage d’anneau plastique. Encore une fois, ce type d’ailes étant destinées à des pilotes soigneux et qui savent faire, ces détails remarquables sont somme toute peu importants.

Et tout cela emballé pour un poids de 4.1 à 4.55 Kgs, dans la très bonne moyenne des B+ actuelles.

Décollage

5.7 d’allongement et aucun problème. Pas de « savonnage » par vent nul, fort ou léger travers. La tendance au shooting est présente si… une certaine mise en œuvre « brutale » est utilisée… L’aile monte propre et doucement, laissant la place à une tempo généreuse à faire avec souplesse. Attention, elle réagit comme ses grandes sœurs parfois plus allongées, avec des commandes qui ne durcissent pas forcément en fonction d’un grand débattement. Il faut en tenir compte,lors des tempos, au risque de la faire passer derrière et de la décrocher. Donc, mollo et souplesse. La prise en charge est progressive et excellente et on se sent tout de suite « porté » y compris par vent nul. Ayant pas mal travaillé au sol, c’est un vrai jouet.

Par vent fort, elle ne monte pas d’une traite et n’arrache pas. Un plus pour les sites à soaring. Il est étonnant de constater au fil des années l’évolution notable de tous les constructeurs vers une « polyvalence » d’utilisation de toutes ces B+. De tels atouts comme un décollage aisé dans toutes les conditions rendent l’achat rentable pour beaucoup de formes de vols…

Test MCC Stelvia : en vol

Je vole sous la L (PTV 90-115) avec sellette ADVANCE Lightness3, soit un PTV de 103 Kg. Milieu de fourchette. Les plus curieux pourront donc déduire mon poids pilote… moi j’ai abandonné, pour cause de dépression.

Vitesses

Plaisanterie à part, ayant volé en vol du soir avec 35-40 km/h… Pas de problème de vitesse, ça file. Le besoin de vitesse peut être compensé par l’utilisation de l’accélérateur qui se veut souple et efficace. On regrettera une petite poignée d’appui-direction sur le dernier élévateur. Accéléré à fond, elle semble solide. On obtient entre 10 et 12 Km/h de mieux accéléré à fond. Les mesures relevées sont de 39 freins lâchés, à 51 à fond. Le constructeur donnant 38-54… à voir. Quoi qu’il en soit, on ressent un certain « mordant » et une aile qui pénétre.

Actions sellette, virages

Les actions sellettes sont très efficaces. Pas de drift, elle glisse là où on lui demande d’aller. Le virage est là immédiatement, et la glissade aussi, ce qui la rend très rentable en thermique, avec un virage incliné performant : un plus dans le petit temps. Attention au contre-roulis, elle peut « flapper » d’une oreille par moment dans les sorties de thermique et seulement dans cette situation. Rien de méchant, et il faut le faire exprès.

Solidité, transmisson des infos

Elle est solide, sans être « lourde » et elle transmet dans le bon sens du terme, et de manière préventive. Attention aux forts débattements, la commande n’est pas plus dure qu’en haut et elle décroche rapidement… comme la majorité des B+. J’y vois cependant un excellent tremplin super cool, pour s’entraîner à passer à la catégorie supérieure sur une C ou D, pourquoi pas… Mais avant d’en avoir fait le tour, il vous faudra quelques beaucoup d’heures de vol !

Vol thermique et dynamique

Pour avoir volé quelques heures en thermique avec l’engin, que du bon ! Pour info, en tout cas chez nous (Laragne / Hautes Alpes), nous avons eu une saison « aérologiquement » difficile, avec parfois des conditions très fortes comme je n’en avais plus connus depuis très longtemps… J’ai donc pu tester. L’aile mord la bulle et on sait tout de suite où se placer pour être au cœur de la situation. Le virage est rapide à mettre en œuvre et elle a un excellent rapport « inclinaison/taux de chute ». Le taux de montée est loin d’être ridicule, ce qui en fait une aile assez rentable en thermique et optimale pour attaquer des transitions rapidement. Les bouts d’ailes flottent un peu parfois avec un mouvement d’avant-arrière, filtrant la turbulence, ce qui rend cela somme toute presque rassurante.

L’action lacet-sellette est très efficace. Un vrai jouet qui ne prend pas la tête.

Les contre-sellettes sont super efficaces, et au final, je l’ai trouvée assez stable dans la turbulence. J’ai pu finir ma banane tranquille (voir passage ci-contre), ce qui n’est pas toujours le cas… En fait, il faut être présent sans trop l’interférer et cette MCC STELVIA vous emmènera où bon vous semblera.

Le test de la banane

C’est une fois arrivé aux barbules et à haute altitude que je lance mon test : lâcher des commandes totalement.

En général, je mange une banane. Pourquoi la banane ? Cela m’oblige à me concentrer sur l’épluchage, m’occupe les deux mains et prend une partie de mon cerveau sur cette présente tâche. De plus, l’impact écologique en cas de lâcher soudain de banane pour rattrapage imminent des commandes est meilleur que le lâcher soudain d’un papier de biscuit, de barre de céréales ou de boite de sardines. C’est biodégradable, et puis j’aime bien les bananes. Bref : j’adore faire ce test de « je te laisse faire toute seule », et parfois je me rends compte du réel parasite que nous représentons sous nos jouets… Ah… sur-pilotage quand tu nous tiens…

Sous la MCC STELVIA, pas de doute, c’est une bonne B+. Les mouvements dans une masse d’air turbulente s’intensifient mais elle se ramène vite à la raison d’un vol raisonnable sans grande amplitude.

Descentes rapides : oreilles / 360

Pour les oreilles, une ligne spéciale : peu d’efforts. Un taux de chute qui dégringole bien. Une sortie saine. RAS.

Mettre la MCC Stelvia en 360 est une formalité : sellette, commandes efficaces, bien dosées et on y est. Elle part parfois fort mais se réincline comme il faut avec une légère relâche de la commande. Attention aux sorties : dissipez bien en relachant doucement au risque de faire une vraie chandelle énergétique, et là… l’abattée est impressionnante si la tempo est mal gérée. Ce sont des manœuvres parfois extrêmes, mais lorsque l’on dose comme il faut, rien à remarquer.

Aile polyvalente

La « polyvalence » d’utilisation est à l’ordre du jour. Ce genre d’aile « apprend » à des pilotes en progression ou permet de bien s’amuser et de rester rentable pour des pilotes qui veulent redescendre d’un cran…

Atterrissage

Normalement destinée à des pilotes qui savent faire… donc quoi dire ? Du contact dans les terrains thermiques en finale. Attention au flare avec les arrondis brutaux… et comme toutes les ailes, attention au claquement au sol en bord d’attaque…Ne laissez jamais votre bord d’attaque, aile gonflée, taper le sol…

L’arrondi est très efficace malgré un effort aux commandes encore faible en bas de débattement. Attention aux phases finales trop longues, c’est une aile perf capable d’allonger grandement sa trajectoire en cas de bulle thermique…

Conclusion du test MCC Stelvia

J’aime et j’adore. Conception simple mais efficace. Aile joueuse. Polyvalence multi-sites. Excellente aile de début de cross, et plus encore. Fine et sensible. Elle ressemble sur beaucoup de points de pilotages à ses grandes sœurs C ou D mais avec l’avantage de la sérénité de pilotage d’une réelle B.
Elle apprendra beaucoup à un pilote en progression, comme elle donnera beaucoup à des pilotes désirant descendre d’une classe ou deux.

Une aile qui sort du commun, à essayer absolument.

Nicolas Garcin – Ecole Full Blue Sky – Laragne

Les Plus

– Décollage
– Maniabilité
– Vitesse
– Intuitivité

Les Moins

– Coutures externes miniribs
– Conception d’élévateurs : prudence au décollage
– Efforts aux commandes uniformes selon les vitesses

Spécifications de la MCC Stelvia

STELVIA S M L
Poids total en vol homologué (kg) 70 – 90 80 – 100 90 – 115
Poids total en vol optimal (kg) 73 – 85 84 – 97 96 – 110
Poids du parapente (kg) 4.10 4.30 4.55
Surface à plat (m²) 23.36 25.00 26.67
Surface projetée (m²) 20.52 21.96 23.43
Envergure à plat (m) 11.54 11.94 12.33
Envergure projetée (m) 9.45 9.77 10.09
Allongement à plat 5.70 5.70 5.70
Allongement projeté 4.35 4.35 4.35
Nombre de cellules 61 61 61
Vitesse min.-trim.-max (km/h) 25-38-54 25-38-54 25-38-54
Homologation EN B B B

MATERIAUX

Extrados et intrados Porcher Sport – Skytex 32 Universal
Profils et diagonales Porcher Sport – Skytex 32 Hard
Renforts du bord d’attaque Porcher Sport – SR- Scrim X15 & Joncs
Elévateurs Mouka – Polyester pré-étiré 13 mm
Maillons rapides Péguet – Delta Inox 3,5 mm
Suspentes hautes A, B, C & D Liros DC – Dyneema & Cousin Vectraline – Vectran
Suspentes stab. & freins Edelrid 7850 & Liros PPSL – Dyneema
Suspentes basses Liros PPSL – Dyneema

ROCK THE OUTDOOR, la culture parapente

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