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Soaring parapente, conseils pour voler en bord de mer

Soaring parapente, conseils pour voler en bord de mer

Photo ci-dessus : René HASLE – Bretagne Sud – juin 2017 – photo Marc Benoît (kiter grenoblois de passage)

Le soaring parapente en bord de mer est un vol en dynamique comme le vol de pente en montagne. Lorsqu’un vent se trouve face à un relief, il remonte le long de celui-ci. En passant avec votre voile devant la face exposée au vent, si le vent est suffisamment fort et régulier, il vous portera le long de ce relief si vous savez rester dans la zone ascendante.

A la différence de la montagne, le soaring parapente en bord de mer a une composante faible dénivelé qui oblige à voler près du relief. Dès qu’on s’éloigne du relief, l’ascendance diminue rapidement, c’est pourquoi pour y rester, il faut accomplir de nombreux virages. Et si vous êtes vraiment près du relief, soyez très précis dans vos virages!

Cet article composé de 10 pages a pour objet d’apporter de nombreux conseils et recommandations aux pilotes qui envisagent de voler en bord de mer en toute sécurité.

Cliquez ici pour connaître le temps passé pour réaliser ce dossier

Commentaires sur la légende
– Recherche : 1 h (recherche documentaire, vérification des sources…)
– Rédaction : 7 h (rédaction, réécriture, synthèse, relecture…)
– Rédaction tiers : 2h (rédaction réalisée par d’autres personnesl)
– Relations avec tiers : 1 h (échanges avec des personnes pour construire l’article (conseils, vérifications d’infos…)
– Composition : 10 h (illustrations, mise en page, redimensionnement des photos…)

SOMMAIRE

Chey Anich aime taquiner les limites du possible

Les caractéristiques des sites de bord de mer

  • Le rendement d’un site
  • La variation de rendement sur un même site
  • Ascendance en fonction de la vitesse du vent
  • Zones ascendante et turbulente en fonction de la configuration d’un site
  • Attention au vent trop de travers

Quand décide-t’on de voler en soaring en bord de mer ?

  • Les recommandations

Vous êtes sur le point de voler en soaring parapente

  • Le décollage
  • Configuration idéale du relief pour décoller ou atterrir
  • Le vol
  • L’atterrissage

Aérologies particulières en bord de mer

Les dangers du vol en soaring parapente

  • Les turbulences sur un relief
  • Ce qu’il faut faire en cas d’amerrissage

Conseils de pilotes expérimentés

  • recommandations, matos, respects des sites…

Observez la nature pour apprécier la vitesse du vent

Liens intéressants

  • Pour en savoir plus sur le vol en bord de mer
  • Pour améliorer sa maîtrise du gonflage

NB : Ce dossier, réalisé par moi-même (René HASLE) a été relu et complété par des moniteurs et des pilotes expérimentés. Je les remercie pour leur collaboration (Manu Denecker de l’école Changer d’Air Parapente, Jérôme Canaud de l’école Courant D’R, Loïc Ollivier de l’école Vol libre du Menez Hom, Charlie de l’école Wagga’s School ainsi que des pilotes comme Eric Langele, Laurent Soleil et Guillaume).

Ces personnes ont une très grande expérience en vol en bord de mer. Si vous souhaitez améliorer votre pilotage au sol ou pour voler en bord de mer, je vous les recommande.

Jean Baptiste à Saint Pabu – Côtes d’Armor – Bretagne (vidéo sélectionnée pour son angle de prise de vue intéressant et peu habituel)

Avant de commencer par la théorie, voici les perfs d’un pilote très joueur, Chey Anich, flirtant les périphéries des ascendances… A ne pas faire si vous ne souhaitez pas finir dans l’eau.

Chey Anich aime taquiner les limites du possible

En soaring parapente, la plupart des pilotes chemine le long de la crête, faisant des allers et retours d’un point à l’autre. Une expression caractérise ce type de vol : le vol essuie-glace.

Chai Anich est un pilote anglais connu pour son tempérament joueur et pour “danser dans le vent fort“. Et le vol essuie-glace doit être bien monotone pour ce pilote qui aime l’action et les défis. C’est pourquoi quand il vole sur la côte et que le vent est fort, il s’amuse à pousser son aile au plus loin au dessus de la mer pour revenir au plus bas au pied de la falaise et se refaire en grattant le relief…

Bravo pour cette précision dans l’estimation de la hauteur pour avoir suffisamment de gaz pour revenir tout juste en bas du relief et de réussir à se refaire en bas du relief !

Définition du mot soaring (Wikipedia)

Soaring est un anglicisme utilisé en surf des airs. Il signifie littéralement monter, c’est-à-dire prendre les courants ascendants, provoqués par les courants montant le long des parois des collines ou montagnes ou par un vent météorologique* venant se heurter à un obstacle naturel du relief (falaise, montagne, dunes, colline…). Le pilote reste donc juste devant le relief (la colline) sans s’en éloigner, en virant sans cesse à gauche et à droite. Il ne s’éloigne donc pas trop de son point d’envol, car les courants porteurs diminuent dès qu’il s’éloigne du relief.

* En vol en bord de mer, on rencontrera  soit un vent météo, soit la brise de mer ou une combinaison des deux. La brise de mer se déclenche en journée lorsque la masse d’air est plus ou moins instable. Le continent est chauffé par le soleil et les ascendances produites au dessus du sol (thermiques) appellent l’air frais et humide de la mer créant un flux de la mer vers la terre.

Une zone côtière en  Bretagne Sud volable seulement à marée basse – René HASLE

Les caractéristiques des sites de bord de mer

Le vol en soaring parapente en bord de mer n’est pas si simple qu’il n’y paraît. En effet, pour rester en l’air, donc dans la zone ascendante, il faut voler en acceptant de rester à proximité du relief, et plus ou moins près en fonction du « rendement du site » mais aussi des conditions aérologiques.

Nous tenterons à travers cet article de vous apporter quelques éclaircissements issus de l’expérience de plusieurs pilotes ayant l’habitude de voler en bord de mer. Les illustrations n’ont aucun caractère scientifique. Ce sont sont des interprétations subjectives. Elles ne correspondent en aucun cas à des mesures aérologiques précises

Le rendement d’un site

Le rendement d’un site (hauteur de l’ascendance) dépendra principalement de 2 facteurs : la pente (plus ou moins raide) et le dénivelé. Mais d’autres facteurs ont aussi leurs importances : morphologie du site (longue paroi régulière ou irrégulière, site en forme de dôme, relief derrière le site…). Naturellement, le vent doit être perpendiculaire au relief, un vent travers ne peut ne pas générer d’ascendance dynamique.

Les schémas ci-dessous illustrent les influences de la pente et du dénivelé sur le vent qui rencontre un relief : une falaise avec un bon dénivelé offrira de meilleures ascendances qu’une petite pente douce (voir illustrations ci-dessous)

Le rendement d’un site en fonction du dénivelé et de la pente

Un site falaise avec 60m de dénivelé sera plus simple qu’une dune de 15m. Pour apprendre, il faudra privilégier des sites à fort dénivelé (+ de 30m) et déco pentu de préférence.

Plus la pente est faible, plus il faut du vent fort pour qu’il y ait une composante verticale et donc utiliser une aile rapide avec une belle finesse (voile de perf, compet). Si la plage le permet on peut aussi se préparer en bas et remonter la pente les pieds au sol jusqu’à ce que la voile soit dans l’ascendance – Jérôme Canaud

La variation de rendement sur un même site

Ascendance en fonction de la vitesse du vent

Le rendement d’un site dépend de la force et de l’orientation du vent

Nous avons vu précédemment que dénivelé et pente sont les premiers critères qui caractérisent le rendement d’un site, encore faut-il que celui-ci reçoive un vent suffisamment fort et bien orienté pour qu’il soit porteur.

En principe, plus il sera fort, plus la zone ascendante sera importante*. Mais là encore, les facteurs dénivelé et pente joueront un rôle prédominant. Il faudra 20/30 km/h sur une petite dune de 5 m alors que 15/20 km/h seront suffisants sur une falaise avec un dénivelé de plus de 30 m.

*Mon expérience me dit que chaque site à une vitesse et une orientation de vent optimum, on ne peut pas dire que plus le vent est fort, plus l’ascendance est forte. Il y a une vitesse au dessus de laquelle l’ascendance est « écrasée » – Manu Denecker

Plus le vent sera faible (illustration de gauche), plus vous devrez vous approcher du relief pour espérer tenir en l’air. Si vous vous éloignez trop du relief, l’ascendance sera moins porteuse.

Zones ascendantes et turbulentes en fonction de la configuration d’un site

Voici 2 schémas pour représenter la zone ascendante sur 2 types de relief (falaise et dune).

La zone en rouge correspond au secteur à éviter pour le décollage et l’atterrissage.

Relief falaise : le rendement est meilleur grâce à la paroi plus verticale. Attention, la zone turbulente est très proche de la cassure.

Relief type dune :  le rendement est moins bon et il faut un vent plus fort pour tenir. La zone turbulente se trouve derrière, sous le vent de la dune.

Attention au vent trop de travers

Un vent trop de travers aura tendance à déraper le long du relief et produira une moins bonne résultante ascendante et qui peut de plus s’avérer dangereuse (vitesse importante en vent de cul avec vol proche du relief, turbulences…).

Le vent de travers génère une perte de rendement très rapide, 15 degrés de travers peuvent diminuer de 50% la valeur de l’ascendance (Manu Denecker).

Un vent trop de travers provoque des turbulences derrière les proéminences du relief

Il ne suffit pas de coller au relief pour tenir, certains sites présentent un fort gradient de pente et parfois des turbulences dûes aux avants-reliefs.

Par vent faible, le soaring n’est pas de tout repos

Par vent faible, vous volez à faible altitude et très près du relief. Vous devez renforcer votre attention pour vous déplacer toujours au vent du relief. Si vous devez toujours anticiper votre trajectoire de vol, votre vigilance doit être encore plus grande lorsque les conditions sont faibles. Portez toujours votre regard sur la trajectoire que vous devez suivre en prenant des points de repère loin devant vous.

Vol à Kervigen (Finistère) – René HASLE – février 2017

Quand décide-t’on de voler en soaring en bord de mer ?

Pour voler en soaring parapente, il est indispensable de maîtriser le maniement de son aile par vent soutenu. En dessous de 15km/h de vent, on ne tient pas, au dessus de 25 c’est un sport de haut niveau (Manu Denecker)

On décide de voler en bord de mer seulement si toutes les conditions de sécurité suivantes sont réunies.

Le vol en soaring parapente est un vol de proximité en « appui » sur le relief. C’est pourquoi il est important de visualiser au préalable toutes les trajectoires de vol possibles que vous serez amené à faire le long du relief. En soaring, comme lors de tous les vols, ne pas oublier la notion de cône d’évolution : rester en local d’un attero sain, attention aux plages de galets, parfois ils sont gros Ne jamais voler sans atterrissage de secours au pied du site, il servira si le vent faibli et aussi s’il se renforce (Manu Denecker).

Garder présent à l’esprit que l’on vole près du relief et dans du vent fort, ce type de vol est toujours engagé.

Repérer les zones présentant des dangers

Trajectoires à respecter au dessus du relief

Lorsque vous volez à faible altitude au dessus du relief, il faut toujours rester au vent du relief pour éviter les turbulences générées par les pointes et les retraits du relief (en rouge, ce qu’il ne faut pas faire).

Les recommandations

  • observer les autres quand on ne connait pas un spot, regarder comment ils décollent, comment ils reposent,
  • identifier la vitesse et l’orientation du vent (quand il n’y a pas de manche à air, jeter des brins d’herbe au dessus de vous pour observer l’orientation ),
  • observer le découpage du relief ( horizontal et vertical) pour répérer les zones turbulentes potentielles.  Il ne suffit pas de coller au relief pour tenir, certains sites présentent un fort gradient de pente et parfois des turbulences dûes aux avants-reliefs.
  • repérer toutes les possibilités d’atterrissage en haut et en bas sur la plage en tenant compte de la finesse, de la vitesse et de l’orientation du vent (le vent n’est jamais pile en face du relief).
  • connaître les prévisions et surveiller l’évolution de l’aérologie.
    L’aérologie de bord de mer peut être capricieuse, turbulente, thermique…
    L’observation et la compréhension de la masse d’air sont essentiels (Manu Denecker).

    On ne décolle pas sans connaître les prévisions météo et sans avoir fait au préalable une analyse pour apprécier l’évolution de la vitesse du vent (nuages, moutons sur la mer signalant une brise qui s’accélère …). Pour juger la vitesse du vent (sans instruments) et la portance de votre aile, le meilleur moyen pour apprécier est d’effectuer un gonflage au sommet du relief mais attention placez-vous dans une zone exposée au vent (pas sous le vent) et en prenant soin de ne pas vous faire surprendre par un décollage non souhaité (prendre une marge qui vous permettra d’affaler votre voile au cas où).

  • connaître les horaires de marée, indispensables sur certains sites (zone d’atterrissage recouvertes par la mer)
  • attention en cas d’ouverture de secours si le vent est fort !on peut se poser la question sur la  nécessité d’un secours sur des dunes de 15m…;

Aérologies particulières en bord de mer

Les thermiques de bord de mer et les vol de confluence

La plupat du temps, vous vous trouverez dans une aérologie classique avec un vent laminaire pour une brise ou un vent plus ou moins rafaleux si celui-ci est météo. Mais on peut rencontrer d’autres types d’aérologies.

Sur les plages de baie, on peut profiter de petits thermiques qui se déclenchent à marée basse. Parfois des pilotes arrivent à les enrouler après avoir pris suffisamment de hauteur. Les plus chanceux arrivent à s’extraire pour poursuivre leur vol sur le continent.

Autre phénomène, la confluence. C’est un vent de terre qui rencontre le vent provenant de la mer. Ces confluences peuvent être très malsaines comme elles peuvent être magiques.

Voir des articles sur des exemples d’aérologies particulières en bord de mer

Voler sur un site adapté à son niveau

Un vol sur une dune sera moins engageant qu’un vol avec départ d’une falaise à paroi verticale. Si on peut se permettre de rater son gonflage sur une pente douce, l’erreur sera moins pardonnable sur un déco falaise. C’est pourquoi il faut avoir une très bonne maîtrise au gonflage et au maniement de l’aile dans le vent fort et être capable d’interrompre à tout moment sa préparation au vol. En falaise, on décide de se lancer si et seulement si le vent est régulier et suffisamment porteur bien avant d’être au bord de la cassure du relief.

Gonflage de test de la masse d'air

Avant de décoller, prenez le temps de gonfler votre aile au moins pendant plusieurs minutes pour apprécier la qualité de la masse d’air (faible ou fort, régulier ou irrégulier, forcissant ou faiblissant, face ou travers…). De plus, cette étape préliminaire du vol vous permettra de faire basculer votre mental en douceur de l’état de terrien à celui d’aérien. Une grande partie du stress du pré-décollage pourra être évacué ainsi…

Bretagne Sud – juillet 2016 – photo René HASLE

Vous êtes sur le point de voler en soaring parapente

Le décollage

Un décollage sur un site falaise peut être dangereux (risque de rouleaux). Il faut rechercher une zone où la cassure est la moins abrupte. En général, pour ce genre de site, on ne décolle que sur des sites déjà connus avec zone d’envol connu. Et, comme dit précédemment, on décide de s’élancer pour quitter la crête si la vitesse du vent nous porte avant même de se retrouver à la cassure de la crête.

Un vol sur une dune nécessite d’avoir un vent plus fort pour tenir en l’air. Le risque est d’être tiré au moment de la première étape du gonflage (effet spi). Assurez-vous d’être capable de gonfler dans un vent fort et préparez-vous mentalement aux divers scénari si vous ratez votre gonflage (ne pas résister à la voile, gonflage cobra, repérer les obstacles, gestuelle pour affaler la voile…).

Configuration idéale du relief pour décoller ou atterrir

Pour trouver un décollage sans turbulences, il faut rechercher la zone sans cassure qui présente une pente la plus parallèle possible aux filets d’air. Ici les filets d’air longent le relief sans créer de rouleaux.

Le vol

Beaucoup de pilotes habitués au vol de montagne s’éloignent du relief en partant droit devant, s’ajustant dans leur sellette avant de commencer à virer pour longer le relief. Erreur, en soaring parapente bord de mer, il faut tout de suite engager un virage doux pour rester dans la zone porteuse. Et c’est seulement après les 3 conditions citées ci-après qu’il est possible de s’ajuster dans la sellette : garder le cap le long du relief, stabiliser l’aile et prendre un peu d’altitude au dessus du relief.

Pour voler et rester dans la zone ascendante, la technique de vol est de faire des 8 en tournant toujours face au vent. Au début, par prudence, vous aurez tendance à ne pas vouloir virer près du relief au risque de perdre malheureusement l’ascendance dynamique.

Avec de l’expérience, vos virages seront plus serrés et plus proches du relief pour profiter de la meilleure zone ascendante. Il faut toujours faire des virages face au vent pour commencer, puis après avec de l’expérience, de la hauteur et un éloignement suffisant permettront d’envisager des 360°.

En soaring parapente, il faut aussi savoir gérer son cap, sa trajectoire, observer en permanence l’environnement proche et lointain, notamment les autres pilotes en l’air en respectant les règles de priorité. Le danger de la collision est très présent sur les sites fréquentés où il y a peu d’étagement en hauteur et de possibilité de s’écarter du relief (peur de perdre l’ascendance) et surtout quand le vent faiblit.

Comment voler dans le vent fort sur les dunes ?

En attendant que la brise s’installe, profitez de cet instant pour améliorer votre pilotage au sol…

L’atterrissage

En haut ou en bas ? Les dénivelés en bord de mer ne sont jamais très importants, alors ne prenez pas de risques en cherchant à tout prix à poser en haut !

Si vous n’êtes pas sûr de poser correctement en haut, choisissez sans hésiter l’atterrissage sur la plage. Si vous maîtrisez l’atterrissage au sommet, prenez garde de ne pas entrer dans une zone susceptible d’avoir des rouleaux, d’autant plus si le vent est fort (voir illustrations plus haut).

Attention, si le vent s’est renforcé pendant votre vol et si vous pensez rencontrer quelques difficultés pour poser (ne pas arriver à descendre, risque de reculer, affaler la voile rapidement sans se faire traîner…), n’hésitez pas une seconde à prendre la direction de la plage, le vent y sera beaucoup moins fort.

Découvrir le dossier complet sur l’amerrissage : « Debriefing / Amerrissage en parapente : je l’ai testé pour vous ! »

Le posé au sommet, c'est surtout quand on a l'idée de redécoller !

En haut ou en bas ? Si le vent est trop fort, il y a peu de chances que vous décidiez de redécoller ! Alors, sans hésiter, direction la plage. Ah, la voiture au parking ? Le parapente, un sport ? Alors une bonne occasion de faire un peu d’exercice ! Jamais un vrai parapote vous reprochera votre choix d’avoir atterri en bas, bien au contraire ! On est plus admiratif d’un pilote qui a pris une sage décision personnelle plutôt qu’un pilote « mouton » qui imite les autres et se gauffre !

Toujours avoir une possibilité d’atterrissage en bas. Ici, il y a une une plage pour atterrir au cas où.

Les dangers du vol en soaring parapente

  • Ne volez pas trop près de la falaise car une bourrasque de vent peut vous projeter sur elle.
  • Surveillez la force du vent pour éviter de passer derrière la crête et de vous retrouver dans les rouleaux (accélérateur obligatoire)
  • Attention à la promiscuité (risque de collision parce que  tout le monde veut rester dans l’ascendance- règles de priorité à respecter avec pilote avec relief à droite prioritaire…)
  • Attention à ne pas s’exposer aux turbulences de relief qui peuvent fermer l’aile (encore plus dangereux à faible altitude)
  • Attention aux changements de conditions aérologiques rapides (brise qui s’accélère, entrée d’un vent météo…). Il faut savoir anticiper et réagir de façon pertinente
  • Attention, on peut voir des moutons même quand le vent n’est pas fort, ils peuvent être déclenchés par des courants marins contraires.
  • Parfois, la position du soleil permet ou pas de bien voir la surface de l’eau et d’avoir des infos sur la force et direction du vent (à la Réunion par exemple, en fin d’après-midi, le vent peut être fort sur la mer et les moutons n’étant pas éclairés, on ne les distingue pas)

Les turbulences sur un relief

Les pièges aérologiques sont d’autant plus dangereux que le vent est fort (Manu Denecker).

Sécurité active

De très nombreux accidents (pour ne pas dire l’immense majorité) sont dûs au pilotage sans prise en compte des autres parapentistes aux alentours. Sur les dunes, il n’est pas rare de voir voler ensemble des pilotes avec des niveaux très différents sous des voiles aux performances / vitesses elles aussi très différentes.
Quel que soit son niveau, pour voler en sécurité, il est primordial de savoir anticiper les réactions (souvent inattendues) de tous les pilotes environnants. Que ce soit devant, derrière, sur les côtés, en dessus et en dessous, chacun doit constamment essayer de prévoir ce que vont faire les autres et envisager différentes portes de sortie d’urgence à tout moment du vol.
Quand les conditions sont faibles, il faut aussi savoir renoncer à la portance du relief et tant pis si le décalage forcé nous oblige alors à aller poser sur la plage, il vaut bien mieux devoir remonter une dune avec sa voile en bouchon que terminer son vol dans l’hélicoptère des secours. Parfois, ne pas voler est la décision la plus censée.
Guillaume

Sécurité passive

Le port du casque est très souvent « oublié » par des pilotes convaincus d’être en sécurité sur le sable. Pourtant, de par la proximité avec le relief et les vitesses atteintes juste à côté du sol, c’est un des endroits où cet équipement est le plus important (y compris au gonflage).
De même, on voit beaucoup de pilotes voler en sellette string sans aucune sécurité. Hélas, taper fortement la dune n’est ni rare, ni anodin… même pour des expérimentés. L’année dernière, mon aile est partie en vrille à plat à 10/15 mètres au dessus de la dune (basse vitesse, chargée en sable d’un côté, virage serré et hop… au tas), bilan deux vertèbres fracturées. Sans l’airbag de la sellette, il est évident que le verdict aurait été bien plus grave. Je ne dis pas que les tops pilotes doivent le faire (ils sont grands et responsables), mais au moins les débutants, oui.
Guillaume

Ce qu’il faut faire en cas d’amerrissage

Si vous allez atterrir dans l’eau, il faut penser à enlever ses gants (plus facile pour se déconnecter dans l’eau) et à se détacher le plus rapidement possible car une fois dans l’eau votre position dans l’eau sera très inconfortable à cause de la sellette qui aura tendance à flotter. On recommande aux pilotes de soaring d’avoir un couteau pour couper les suspentes.

Pour éviter que la voile ne se remplisse d’eau, il ne faut surtout pas laisser l’aile partir derrière vous. L’aile doit passer devant vous avec le bord d’attaque qui frappe la surface de l’eau (donc ne pas la freiner). De cette façon, l’aile flottera et se remplira beaucoup moins vite. La priorité, c’est votre sécurité, donc d’assurer votre retour à la berge. C’est seulement dans un second temps que vous vous occuperez de votre matériel.

Attention, en cas d’amerrissage à vouloir poser très prés du bord, s’il y a des vagues c’est là où le ressac est important, parfois, quitte à être mouillé, 20 m derrière c’est plus confort – Jérome Canaud

Découvrez le dossier complet sur l’amerrissage

« Debriefing / Amerrissage en parapente : je l’ai testé pour vous ! »

VIDEO : Simulation d’amerrissage en piscine

Bretagne Sud – Juin 2017 – René HASLE – Photo : Marc Benoît

Conseils de pilotes expérimentés en soaring parapente de bord de mer

Les Conseils de Loïc Ollivier

Ecole vol libre Menez Hom – Finistère

Respect des sites

On trouve de nombreuses petites ou grandes falaises, des dunes, de Dunkerque à Biarritz. Il y a des sites officiels, des sites perso, des sites tolérés, des sites interdits, des sites réglementés. La pointe bretonne fourmille de ces endroits. Attention à ne pas déranger le faucon pèlerin, et pire, le SNLE et le NH90 dans la réserve appelée P112 …

Quid du posé sur la plage lorsque l’estivant rougeoie ? Quid du survol des maisons ? Quid du piétinement de cette herbe folle que les botanistes disent rares, de l’oyat qui retient le sable ? Ne vous étonnez pas des réactions des pilotes locaux qui ont négocié un petit espace qui leur sert de déco et qui vous voient dans le champ du voisin qui menace de couper les suspentes… Si vous trouvez un rocher qui semble volable, garez-vous sans déranger, soyez discret, réfléchissez, et évitez de tomber à l’eau.

VIDEO : la maîtrise du gonflage au sol

Geti ne vole que sur des petits sites côtiers mais quelle maîtrise !

Avec une telle maîtrise au sol, Géti possède tous les pré-requis pour décoller dans le vent fort…

Les Conseils d’Eric Langele

Pilote du Finistère – Bretagne

A propos du matos

Pour le confort, faire le choix d’une aile rapide en taille normale, privilégier un ptv en haut de fourchette et une aile facile à affaler aux arrière ou autre. ou l’utilisation de mini dans du plus fort.
Sur les vols, sur des plages avec du sable, pensez à vider régulièrement les caissons sous peine de gros changements de calage du profil pouvant entraîner de grosses différences surtout en basses vitesses. Certains créent des ouvertures en bord de fuite.

VIDEO : vol près du relief

Vol très près du relief – 15/20 km/h – Bretagne Sud

Les Conseils de Manu Denecker

Ecole Changer d’Air Parapente

Garder à l’esprit que voler doit rester un plaisir avant tout

Abordez le vol en bord de mer en passant du temps à s’entraîner au gonflage pour que le décollage soit un moment de plaisir où vous serez immédiatement disponible à gérer votre trajectoire.

Gardez à l’esprit que voler dans du vent soutenu et proche du relief est toujours « engagé »

Classez vos priorités dans le bon ordre, par exemple :
– voler en sécurité passe avant de voler longtemps,
– atterrir proprement passe avant de poser en haut,
– garder de la marge par rapport au relief passe avant de tenir dans le ciel,
– d’une manière générale, ne pas oublier de prendre plaisir à pratiquer, parfois la performance ou la pratique à tout prix réduisent sensiblement notre plaisir et/ou notre sécurité.

Formez-vous et entraînez-vous !

Les Conseils de Laurent Soleil

Pilote du club Les Pitroux – Poitou

Marées et vent fort

1- Faire attention aux heures de marées et aux coefficients sur certains sites :
pour le choix des spots, (exemple nous en ex Poitou Charentes sur des digues de l’Ile de Ré)
 – pour les possibilités de posés qui peuvent se réduire​
 – pour la question vitesse de vent car ça joue aussi sur les brises et les bulles thermiques qui se déclenchent.
Perso, je me suis mis sur le smartphone une appli des marées qui s’appelle tout simplement « Marée ».
2- par vent météo fort, quand on sort une mini aile (*) il ne faut pas s’imaginer que ce soit aussi laminaire que ça, souvent ce sont des conditions de traîne plus ou moins active avec des sautes de vent qui peuvent être problématiques, saute de vent en intensité mais aussi en direction. C’est du vécu un gros nuage actif sur zone peut radicalement changer la direction et la vitesse du vent et rendre momentanément involable le site. De plus, même avec un écoulement régulier et donc sans activité particulière d’un nuage, plus il est rapide​, cet écoulement,​ plus il génère de turbulences​ et du​ gradient. Ce sont les lois physiques. Donc, en mini aile plus encore qu’en aile normale, ne pas négliger cela.

(*) et on sait que beaucoup de pilotes voulant régulièrement voler en bord de mer ont divers surfaces. Là aussi c’est du vécu, en Whizz, l’autre jour, entre Lacanau et Carcans où j’étais vraiment en limite des vitesses possibles en parapente de 20m², ça secouait pas mal et il vaut mieux être guéri autrement on ne se fait pas forcément plaisir.

VIDEO : distance en bord de mer

Ci-dessus, photo de Laurent Soleil extraite de l’article « Vol performance sur cordon dunaire, 173 km » – voir l’article

Soaring à Aglou Beach en avril (Sud du Maroc) – René HASLE

Observez la nature pour apprécier la vitesse du vent

Termes nœuds Km/h Sur la mer Sur terre
Très légère brise force 0 1 à 3 1 à 5 Quelques rides ressemblant à des écailles de poisson, mais sans aucune écume Les feuilles des arbres ne témoignent aucun mouvement.
Légère brise force 1 4 à 6 6 à 11 Vaguelettes ne déferlant pas Les girouettes ne s’orientent pas.
Petite brise force 2 7 à 10 12 à 19 Très petites vagues. Les crêtes commencent à déferler. Écume d’aspect vitreux. Parfois quelques moutons épars Les feuilles s’agitent, les girouettes s’orientent.
Jolie brise force 3 11 à 16 20 à 28 Petites vagues, de nombreux moutons Les feuilles sont sans cesse en mouvement.
Bonne brise force 4 17 à 21 29 à 38 Vagues modérées, moutons, éventuellement embruns Les petites branches plient.
Vent frais force 5 22 à 27 39 à 49 Crêtes d’écume blanches, lames, embruns La cime de tous les arbres est agitée
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Charlie (Wagga’s school – Dune du Pyla)

René, l’article que tu as écris est très complet. Franchement , je ne vois pas grand chose à rajouter, tout y est, la sécurité, l’analyse et surtout la notion de jeux et de plaisir.

Si vous souhaitez améliorer vos techniques de pilotage au sol

Waggas School est spécialisée dans l’enseignement du pilotage au sol et la gestion de l’aile dans le vent avec débriefing vidéo personnalisé après chaque séance.

Stage perf (Initiation au gonflage face à l’aile, perfectionnement de la gestuelle du gonflage face à l’aile, contrôle de l’aile dans le vent, contrôle des trajectoires dans le vent et positions de corps.

Stage pilotage (Initiation au bord de fenêtre (gonflage asymétrique, perfectionnement de la gestuelle des bords de fenêtre, contrôle de toutes les phases asymétriques de l’aile, contrôle des trajectoires en bord de fenêtre (dynamiques) et positions de corps (Matériel non fourni)

En savoir plus

VIDEO : La dune du Pyla

Les pieds dans le sable à la Dune du Pyla avec Didier

Cette vidéo de Didier, intitulée “Sand Feeling”, a été sélectionnée parce qu’elle résume plutôt bien tous les plaisirs recherchés par les pilotes qui brûlent d’envie de se rendre là-bas pour la première fois ou pour y retourner encore et encore…

VIDEO : soaring cool dans le Finistère

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Pour en savoir plus sur le vol en bord de mer

Pour améliorer sa maîtrise du gonflage

ROCK THE OUTDOOR, la culture parapente

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